samedi 10 mai 2008

Les souvenirs [t'en as ?]


Une des affiches de mai 68 [A visiter !]


A les écouter, on croirait que 68 a été comme un dîner chez Laurette avec des jeunes gens qui s'amusent. Passés sous silence la grève générale pendant des semaines à travers tout le pays, ouvriers et étudiants solidaires. Oubliés les pavés dans la gueule et le sang qui en a résulté. Effacés les blessés et l'attitude honteuse des forces de l'Ordre. Le bras armé des réactionnaires a forme de police.

En vérité, ce n'est pas 68 que l'on fête mais ce qu'il en est advenu. Comment ont-été limé un à un les crocs de la révolution. Comment ils se sont trahis en échange d'une place à la table des puissants. Les sociaux-traîtres tiennent rubrique aujourd'hui, évoquent leur jeunesse et laissent dans l'ombre profonde le poids de leurs propres reniements.

Le monde ancien qui devait basculer tient toujours la matraque. Il campe sur ses deux jambes et nous regarde de sa gueule souriante. Chaque homme a un prix et il vient de passer quelques siècles à accumuler des richesses.

Et nous sommes là qui n'avons rien connu à les regarder faire. Sans même nous rendre compte que nous devrions avoir pourtant nos propres souvenirs, voire notre propre rage…

13 commentaires:

  1. Je ne fête pas mai 68! il faudrait arrêter avec ça.

    ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Eric : c'est bien ce que je dis ! Suffit cette joyeuse et lisse commémoration !
    :-)

    RépondreSupprimer
  3. Tenez, vous voyez, là, je suis entièrement d'accord, par exemple ! D'autant que s'il y a quelque chose qui est extrêmement éloigné de "l'esprit de mai", c'est bien les commémorations.

    Pour l'attitude "honteuse" des forces de police, je crois que vous vous trompez. Combien de pays auraient pu conaître plusieurs semaines de manifestations de masse, souvent violente sans que, à l'arrivée, on n'ait pas à déplorer le moindre mort ?

    Il faut au contraire rendre hommage à l'intelligence et au sang-froid du préfet Grimaud qui, à aucun moment, ne s'est laissé entraîner dans la spirale de la violence.

    RépondreSupprimer
  4. J'ajoute que ce même préfet Grimaud a dû s'opposer à un certain nombre de députés de la majorité de l'époque qui, morts de trouille, réclamaient une "plus grande fermeté" (on comprend ce que ça veut dire...). Grimaud na jamais cédé à cette tentation, fort du soutien de Georges Pompidou, l'un des rares membres du gourvenement à conserver, lui aussi, son sang-froid (quoiqu'on pense du personnage par ailleurs).

    RépondreSupprimer
  5. Didier Goux : ah mais jen e cherche pas forcèment à être en désaccord. Je raconte juste mes trucs de temps en temps !
    Concernant l'attitude de la police, je voulais surtout souligner qu'il s'agissait d'affrontements réels et non pas cette sorte d'angélisme sucré qu'on nous vend en commémorant. Peut-être qu'au final le bilan montre que le préfet a bien fait son boulot (encore que je ne sache pas qu'un Préfet soit supposé faire battre ses administrés à mort ! - Je veux dire que c'est bien le moins pour lui que d'éviter un bain de sang !), il n'empêche que ca n'était pas d'une terrible gentillesse, l'ambiance des rues…
    :-)

    RépondreSupprimer
  6. Bien sûr qu'il s'agissait d'affrontements réels, pardi ! Et ils étaient violents, de part et d'autre, indéniablement.

    Vous trouvez naturel que le préfet évite le bain de sang : soit. Mais, d'une part, il n'est pas certain que tout le monde, dans le personnel politique de l'époque, ait été si farouchement opposé que cela au "bain de sang", d'autre part entre vouloir éviter un bain de sang et faire en sorte de tenir ses troupes de première ligne pour les contraindre à éviter tout débordement "spontané" sont deux choses très différentes, la seconde beaucoup plus délicate que la première.

    Enfin, l'expression"battre à mort" n'est guère appropriée puisque, précisément, et c'est heureux, il n'y a pas eu de mort.

    Sur ce, j'ai école...

    À plus ! comme disent les cons...

    RépondreSupprimer
  7. Didier,

    C'est l'heure de l'apéro ?

    RépondreSupprimer
  8. Didier Goux : oui, battre à mort m'a échappé, c'est excessif pour ce cas.
    Vous avez école ? Un dimanche ?
    Vous repassez le catéchisme ou bien ?
    :-))

    Nicolas : oui, en fait il n'a pas école, il a alcool quoi ! :-))

    RépondreSupprimer
  9. Non point, mes maîtres, non point ! J'ai mes 25 feuillets à "tomber" d'ici ce soir, comme chaque jour en ce moment...

    Et, demain, même chose.

    RépondreSupprimer
  10. Moi je ne comprends pas le ras le bol de cette "commémoration", qui semble généralisé. Y avait-il d'autres moyens pour ne pas laisser la parole de notre président devenir voix unique au chapitre ? Lui seul, nous exhortant à "liquider" l'héritage de 68, et zou, on n'en parle plus ?! Je me plais à espérer que parmi les différents "hommages" rendus à 68 il y en ait quelques uns de pas trop réacs.

    RépondreSupprimer
  11. On en découvre des trucs, chez vous, dites donc ! Par exemple, je viens d'aller faire un saut chez la dame qui me précède en commentaire et je me suis aperçue qu'elle était une spécialiste des contrepèteries belges. J'ai noté celle-ci, au hasard, en passant :

    « Aujourd'hui, il fait BEAU et CHAUD. »

    Trop forte, la Marie-Georges...

    RépondreSupprimer
  12. Didier Goux : merci pour cet exergue flatteur. J'avais très peur que ce travail d'orfèvre passe inaperçu, vous venez d'ôter mes craintes.

    RépondreSupprimer
  13. À côté du regard du troll même clui de l'aigle pâlit.

    (Proverbe chinois du VIe siècle pendant J.C.)

    RépondreSupprimer