dimanche 23 novembre 2008

Convaincus [mais jamais ne se rend !]


[phto par Humanoïde]

L'Etat, c'est moi, c'est toi, c'est nous ; c'est tout le monde, en fait et c'est même ma belle sœur qui n'est jamais au courant de rien. Il y a pourtant un tas de lois qui lui seraient utiles, il n'est même pas nécessaire qu'elle les comprenne car, pour le prix de cinq cents euros la première consultation, un bon avocat lui arrangera ça.


Nous votons pour des représentants qui, en notre nom, décident du fonctionnement de notre pays et c'est, année après année, scrutin après scrutin, que nous sommes parvenus jusqu'ici. Que cela plaise ou non aux réactionnaires de tout poil, [quand il leur en reste] il s'agit de la volonté commune d'un peuple encore plus nombreux qu'eux et qui décide pour l'ensemble au travers de leurs votes.

Les filles de treize ans ne sont plus contraintes au mariage et elles ont accès à une contraception dont elles décident librement. On n'achève plus les assassins mais ils accèdent librement au suicide dans nos prisons indignes. C'est ce lent travail de la démocratie qui creuse dans la pierre des années, le sillon profond de notre identité nationale. [il devait être fort en français, le gars qui a inventé la métaphore !].

Sachant cela, je m'étonne de l'amateurisme de l'élection au sein du deuxième parti de France. L'information importante n'est pas tant, pour moi, l'épaisseur du poil pubien qui sépare les deux finalistes que la belle brochette de bévues salées que la proximité mathématique à l'issue du scrutin révèle au grand jour.

On avait eu le gars avec des bulletins plein les chaussettes, voici les résultats à géométrie variable. Un peu comme si certains choix avaient été soigneusement pliés en forme d'avion afin de pouvoir les faire mieux planer d'un camp vers l'autre.

[De gauche à gauche, ce sont de tous petits vols un peu bancals !].

Malgré toutes ces années d'affinage, notre volonté populaire en est encore là à ne pas demander qu'on légifère sur le fonctionnement des partis politiques. Si l'on se souvient que ce sont eux qui, majoritairement, vont occuper les bancs de notre Assemblée Nationale, nous pouvons légitimement nous effarer de cette absence totale de contrôle, de cette incroyable faille que nous laissons béante dans notre démocratie.

Du Parti Socialiste incapable d'assurer la tenue correcte exigée en ce genre d'occasion, d'organiser ce scrutin majeur de manière incontestable, à l'UMP dont nous connaissons les chefs sans savoir vraiment à quel moment a eu lieu l'élection, ni même s'il y en existe une par ailleurs, sans épargner un M. Bayrou, leader incontestable d'un Modem qui sans lui ne serait que vacuité [quand tu nous tiens], voilà aujourd'hui ceux qui nous représentent.

L'Etat ne devrait-il pas réguler la manière dont arrivent aux manettes ces dirigeants ? Assurer pour le moins qu'à chaque niveau où se joue le pouvoir que nous lui déléguons, il ne soit remis que de manière honnête et franche à des personnes qui nous auraient réellement convaincus ?

L'Etat, c'est moi, c'est toi, c'est nous. Et il va falloir que j'explique ça à ma belle-sœur !


[Bande son pour l'écriture de cet article : Girls in Hawaï].

3 commentaires:

  1. pauvre belle-soeur ! je lui souhaite bien du plaisir :)

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  2. Mais si ça se trouve, l'épaisseur du poil pubien a bien un rapport direct avec la compétence de chef d'État et nous, pauvres humains, ne le savons pas encore...
    Quant à la belle-sœur, suggère-lui de lire ton blog ;)

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  3. Elle est comment, la belle soeur ?

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