vendredi 12 octobre 2018

Le rêve américain [la bannière étiolée !]



L'élection de Donald Trump, c'est la réalité du monde qui surgit par surprise dans la narration médiatique. Je ne vais pas développer ici les raisons ni la manière dont ce monsieur est parvenu à poser ses grosses fesses dans le bureau ovale. [Enfin, sur la chaise qui est derrière ledit bureau bien que le personnage soit tout à fait capable de poser son adipeux postérieur sur l'espace de travail].

Je souhaite juste souligner qu'il a été élu parce qu'il a dit tout haut ce que l'Américain moyen voulait entendre car c'est sa perception du monde : loin des places financières, le mythe américain s'est évaporé, écrasé par les sabots du réel*. Il y apparait désormais clairement pour ce qu'il était : une légende, une utopie, un conte pour grands enfants bref une forme de propagande en faveur des plus riches.

Donald Trump est le grain de sable qui a arrêté le ronron des chaînes d'infos en continu sur le self-made-man parce que tu le vaux bien. La sauvagerie libérale a dévoilé sa face hideuse ; au fin fond des États-Unis, ça se passe exactement comme à Chartres ou à Lannion : la mondialisation a fait partir les usines et par manque de moyens de la clientèle restante, les magasins locaux ferment les uns après les autres.

Pendant que l'élite compte les dollars que rapporte l'exploitation d'une main d'œuvre lointaine et bon marché (et accumule les bénéfices défiscalisés), une partie de plus en plus importante de la population se prend dans les dents la fin de la société où il fait bon vivre*. La main du marché est partie se dorer la pilule aux Bahamas et elle a emmené avec elle l'ascenseur social.

Donald Trump a donné un bon coup derrière la nuque à la théorie de la liberté du marché et de la dérégulation, à ces sornettes à propos de l'équilibre naturel des choses du commerce. Il est le premier président des États-Unis à reconnaitre officiellement que l'État doit intervenir en tant que régulateur* des opérations au service de sa population.

Et pendant ce temps-là, de ce côté-ci de l'Atlantique, l'Europe signe les uns après les autres, les traités de libre échange et de concurrence saine et non faussée. C'est qu'à Bruxelles où elle réside, elle ne doit pas en voir beaucoup des Européens moyens*. Et pendant ce temps-là, les imbéciles regroupés sous l'étiquette enmarche s'activent à réduire l'État français qui jusqu'ici nous protégeait un temps soit peu de la concurrence de chacun contre chacun.

Emmanuel Macron* agit tout à fait comme s'il n'y avait pas de revirement du monde, comme si la crise de 2008 n'avait jamais eu lieu ni comme si les Anglais n'avaient jamais décidé de revenir à l'échelle nationale du #Brexit.

On peut hurler tout ce qu'on veut à propos des populismes, nous sommes passés si brusquement du statut de troupeau de moutons à celui d'une meute de hyènes libres que la plupart d'entre nous en sommes encore tout étourdis.



Nota benêt : un populiste ne t'écoute que pour se faire élire,
il n'a aucune solution satisfaisante.

[Source image : * ]

mardi 18 septembre 2018

Service bancaire [Service bancal]




Ma banque m'a prélevé quinze euros parce qu'elle n'a pas pu honorer un prélèvement. Et puis quinze autres euros qui est le prix pour m'écrire une lettre, imprimée sur papier afin de m'apporter la nouvelle. J'espère qu'elle ne va pas aussi m'écrire pour m'apprendre qu'elle m'a adressé un courrier, ce serait une vis sans fin.

Inutile de te dire que je suis un peu déçu. Quand ils ont décidé de faire payer la propriété d'un compte en banque*, je me suis réjoui : enfin, les clients allaient disposer d'un vrai service en échange du paiement d'une cotisation, mais non !

Je paie pour avoir un compte mais la banque n'a aucun service à me proposer en échange. Elle ne me traite pas du tout comme un client. Par exemple, elle sait parfaitement que chaque mois, de janvier à décembre, mon salaire est versé le 9. Si un prélèvement se présente le 8, elle pourrait aisément le mettre de côté pour 24 heures et y revenir lorsque mon compte aura été crédité.

Ou bien, puisque je suis le client qui verse régulièrement son obole afin de bénéficier des ses services, la banque pourrait m'envoyer un e-mail d'alerte auquel il me serait loisible de répondre : t'inquiète pas mémère, mon salaire arrive le 9 comme d'habitude. Bisous.

J'imagine que dans notre ère technophile, il serait même possible de l'automatiser. C'est pas comme si les banquiers n'avaient pas d'informatique à disposition.
Au lieu de cela, la banque encaisse des deux côtés : d'abord elle me monnaye le droit de disposer d'un compte, ensuite, elle s'engraisse en facturant l'absence de service qu'elle est censée rendre.

Payer un compte auprès d'une banque qui ne fournit aucun service en contrepartie, je me demande si nous ne sommes pas un peu cons.


[Ceci est une fiction, j'ai pas de compte dans une banque]


Nota benêt : j'appelle ma banque mémère, si je veux.

Source image : *

samedi 28 juillet 2018

Ce qui se dit [Hors champs]




Je trouve cette vidéo bouleversante. Il s'y raconte ce qui se dit dans la rue, sans le filtre du journaliste.

L’étudiante : C’est pas possible d’être devant le McDo pour filmer la violence quoi ! La violence c’est les CRS qui nous la…
Une femme hors-champs : ça montre des vitres cassées plutôt que des gens qui se font tabasser. Sérieux, c’est drôle !
L’étudiante : on s’est fait casser toute l’après-midi, on s’est fait casser toute l’après midi, vous voulez qu’on fasse quoi ? (elle pleure)
(brouhaha)
L’étudiante : c’est vous ! C’est vous qui allez montrer au public ce qui s’est passé aujourd’hui, montrez-leur qu’on s’est fait casser la gueule (…) qui sont en train de se faire embarquer par des policiers quoi. Juste parce qu’ils ont voulu manifester un premier mai. Un premier mai, quoi ! Ça sert à quoi ? On peut même plus manifester, c’est quoi ce pays ? Elle est où la démocratie ? Elle est où la liberté, l’égalité, la fraternité ?
Un homme, hors-champs : y’en a pas ! Y’en a pas !
L’étudiante : ben oui, y’a pas et du coup, c’est pour ça, on se fait gazer. C’est pour ça !
Un homme, hors-champ : moi, je suis avec vous, en tout cas, je suis pas…
L’étudiante : et après du coup, on filme un McDo qui a été cassé parce que, ouais, on en a marre de tout ça, on en a marre et après on se fait nasser et il y a des collègues à nous qui se font embarquer par le commissariat. Juste parce qu’ils ont voulu manifester, qui sont, ouais, un peu typés, qu’ils ne sont pas blancs avec des yeux bleu, quoi !
Une femme, en arrière plan : ce sont des étudiants pas des casseurs qui sont en train de se faire nasser là.
L’étudiante : des étudiants ! On a des partiels, on a des études à faire, (…) pour prouver que nous, on veut encore avoir l’égalité des chances, on veut encore pouvoir aller à la fac, payer normalement nos études, et pas à quinze mille balles notre année. Et là, bah voilà, on ne peut plus faire ça parce que du coup, on se fait frapper, on se fait frapper et on se fait gazer, il n’y a plus rien qui va dans ce pays. On se fait nasser, c’est n’importe quoi ce pays, c’est n’importe quoi ! C’est fatigant, tous les jours, de redire la même chose.
Un homme, en arrière plan : un petit peu d’honnêteté journalistique en filmant aussi ce qui se passe autour.
L’étudiante : vous filmez un McDo pour les violences parce qu’il y a un «black bloc» qui a fait ça quoi.
Une femme, en arrière plan : on travaille dans l’image aussi, on a quelques notions (…) la manipulation d’image on sait ce que c’est.
Brouhaha. 

La femme de l’arrière plan, hors-champs : on est dans le cinéma, on sait très bien comment on manipule les images, donc arrêtez !
L’étudiante, hors champs : on a tous vingt ans, vous voulez qu’on crève à vingt ans ? C’est quoi, ça ? C’est quoi la future jeunesse de la France ?
Une femme, hors champs : ben, y’en aura pas, on sera tous…
L’étudiante, hors champs : c’est des étudiants qui auront 23 ans qui vont devoir payer vingt milles balles, quarante mille balles, leur année en primaire pour pouvoir apprendre que un + un, ça fait deux…



[La vidéo est de SylvainErnault. J'ignore qui sont ces personnes filmées, n'hésitez pas à vous signaler en commentaire !]

—> D'autres plans tournés ce même jour

vendredi 20 juillet 2018

Donkey Kong Country [Le(s) bracelet(s)]


Je ne sais pas si c'est à cause de ma formation en cours mais en ce moment, je focalise beaucoup mon attention sur la manière dont sont fabriquées toutes les images qu'on nous montre. C'est à dire que quand tu commences à en tourner toi-même, tu analyses forcément la façon dont les autres s'y prennent.

Du coup je repère des erreurs que même nous, à notre petit niveau de débutants, on éviterait de commettre. Je parle ici de cette publicité pour la version de Donkey Kong Country sortie sur la Nintendo Switch. Si tu veux voir la vidéo originale, c'est ici —> <—

Tu n'es pas obligé d'aller voir, c'est une publicité mais c'est un bon test de la regarder avant de lire la suite de cet article. C'est pour évaluer ton attention aux images.

Alors ?

T'as vu ?

Non ?

Je t'ai fait un montage de tous les plans foireux dans la continuité du récit, il s'agit d'une histoire de bracelet(s) : un seul au poignet, puis trois sur le gros plan puis un seul, c'est la suite du plan antérieur, puis aucun sur le plan de demi ensemble, etc. J'ai ralenti la vitesse pour que tu aies le temps de bien voir !



(c'est la 1ère fois que colle une vidéo sur blogger, j'espère que ça fonctionne parce que sur la prévisualisation, pas du tout ! *emoji peur*)

Je ne sais pas s'ils ont oublié de payer le ou la scripte, je ne sais pas s'ils savent même ce que recouvre ce terme mais je trouve qu'à ce niveau de bévue, on atteint les limites du comique. Tu crois qu'ils l'ont fait exprès ?

Nota-benêt : le copyright de cette vidéo
appartient à son propriétaire, qu'il se dénonce !




       
                                                                                                                                                 
PS : j'en profite si tu passes par là et que tu es un professionnel de la profession : je cherche un stage de technicien audiovisuel (sans obligation de rémunération) du 24 septembre au 14 novembre prochains. J'aime le montage et la musique. Je suis à Perpignan mais si je peux m'organiser, je suis mobile.