Vous avez tous entendu parler de la dette et des taux d'intérêts qui augmentent ce qui rend la dette plus chère. Sur cette base, certains médias expliquent que la France n'a plus d'argent dans les caisses et qu'il faut donc arrêter de dépenser notamment et, comme par hasard, cesser d'aider les plus pauvres.
Puis-je me permettre de remettre un peu d'économie dans tout ce charabia ?
Les taux d'intérêt de la France n'augmentent pas parce qu'on aide ceux qui en ont besoin pour payer leur loyer. Verser des APL — c'est toujours moins cher que de sortir des SDF de la rue — ni parce qu'on file de l'argent à ceux qui n'ont plus rien pour qu'ils se soignent et s'achètent à manger.
Les aides sociales ne sont pas des coûts. C'est de l'argent que l'État injecte dans la société pour qu'elle continue de fonctionner. Si le pauvre a de la monnaie pour son sandwich, ça profite au boulanger du coin qui vend sa marchandise.
Les taux d'intérêt augmentent parce que ceux qui ont de l'argent à prêter ne croit pas au projet politique d'Emmanuel Macron. Le taux d'intérêt est, en quelque sorte, une prime de risque. Ceux qui ont de l'argent considèrent qu'en engageant leur fortune au service de ce pays, ils n'ont pas du tout la garantie de s'y retrouver à la fin.
Oui, ceux qui ont de l'argent ne nous laissent pas disposer de leur pognon pour les beaux yeux de Brigitte mais parce que ça leur rapporte à la fin. C'est un peu le principe d'un compte rémunéré : au lieu de laisser leur fric dormir à la banque, ils en confient l'usage à la république française à la condition qu'en échange, elle leur verse des intérêts.
Si ces taux d'intérêts augmentent, c'est parce que la France n'a plus de croissance et plus aucune perspective allant dans ce sens. La start-up nation si chère à notre Mozart de la finance n'a jamais existé et la ré-industrialisation n'a jamais été rien d'autre que du bruit avec la bouche.
Si la dette nous coute de plus en plus cher c'est parce que les marchés eux-mêmes en sont venus à la conclusion que pas mal d'entre nous avaient déjà atteinte dès 2017 : Emmanuel Macron n'est pas un président sérieux.
Ajoutons à cet état de fait, la stupidité habituelle de nos dirigeants : face à une dette dont le coût augmente, ils vont réduire les budgets sociaux et créer de l'austérité. Les agents économiques du pays auront encore moins d'argent à dépenser, la consommation va s'effondrer, on aura encore moins de croissance et les taux d'intérêt vont encore augmenter.
On se croirait dans un pays qui n'a jamais rien lu de Keynes*.