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mardi 17 juin 2025

Chronique parlée 1 : la horde de vieux

 

 

 [Ceci est le premier épisode d'un exercice d'écriture de chroniques radio. 
 Ce texte est conçu pour être prononcé à voix haute 
 et interprété derrière un micro] 

 

 

Tata Jacqueline me disait l'autre jour :
«Tu as vu l'état du pays ? Heureusement qu'on ne vote que pour des professionnels de la politique, sinon imagine ce que ce serait !».

Et elle a raison tata Jacqueline.

Par exemple, ces jours-ci, vous avez dû l'entendre sur à peu près tous les médias de droite — oui, ok sur tous les médias — : les comptes sociaux sont dans le rouge et c'est la grande catastrophe.

Ça fait 48 ans que tous les gouvernements autorisent les entreprises à ne pas financer la Sécurité Sociale et devinez un peu qui on accuse d'avoir creusé la dette ?

Ils en sont à dire que les gens font exprès de tomber malade pour ruiner le pays.


Les chômeurs coûtent trop chers, l'école coûte un bras, les allocations un pognon de dingue et maintenant, ce sont les malades qui font rien qu'à ne pas guérir pour creuser la dette.

Ce qui est étonnant c'est que les gars, et de plus en plus de femmes, sont élus pour s'occuper bien du pays mais que prendre soin des pauvres, des vieux et des malades, on croirait qu'ils trouvent ça excessif.

C'est pourtant le cœur de métier de la politique.

Député c'était un peu comme médecin ou infirmière, un choix de carrière pour s'occuper des autres. Je ne sais pas à quel moment ça a changé.

Est-ce que c'est excessivement de gauche de dire qu'être élu c'est s'assurer que les gens vivent bien ?

On en est à 14 millions de pauvres, il y a 4,5 millions de personnes qui mourraient de faim s'il n'y avait pas les associations et 330 000 SDF dont des femmes et des enfants, je n'ai pas l'impression que ça sente le bien-être et la félicité pour la population.

Le bilan de nos élus n'est pas très positif. Un peu comme les comptes du pays, c'est raccord.

Les milliardaires, ça va.

Le double-quinquennat d'Emmanuel Macron va rester comme une grande décennie pour les plus fortunés. Ils se sont faits des gonades en métal précieux comme on dit pour ne pas utiliser le mot couilles ou ovaires à la radio.

Si on avait élu, je ne sais pas moi, un mécanicien ou une infirmière à la tête du pays et qu'on se retrouve avec des comptes dans le rouge, on pourrait leur trouver des circonstances atténuantes mais là ?

Ce sont des professionnels de la profession. Ils sont même depute de père en fils. Pardon, député, j'ai oublié les accents.

«Emmanuel Macron, le génie de la finance» avait titré la presse en 2017. Qu'est ce qu'on avait ri.

Je suis allé vérifier, si vous avez internet, servez-vous en : ce qui coûte le plus cher pour les comptes sociaux du pays c'est le nombre de retraités.

Je vous laisse réfléchir.

Ils sortent d'où tous ces retraités ? C'est une génération spontanée ?

N'y avait-il moyen d'envisager que tous ces gens nés après guerre allaient un jour ou l'autre vouloir se mettre au repos ? Et profiter de leur pension ?

Le pays est dans un tel état financier qu'on dirait qu'une horde de vieux est soudain apparue au guichet de la banque pour réclamer sa retraite.

Et comme «gouverner c'est prévoir», on se demande avec tata Jacqueline si on n'aurait pas mieux fait d'élire un maçon à l'Élysée ou une mère de famille célibataire à la tête du pays.

C'est des gens qui font attention et qui s'y connaissent pour tenir un budget…

[Les temps sont durs, vous pouvez m'aider au quotidien  par ici ]

vendredi 11 octobre 2024

On est là ! [tétéhou!] - Chronique

 

 

[Photo des affiches électorales
d'Emmanuel Macron lacérées]

 

 

En ce moment et encore plus depuis la dernière fois qu'on a voté contre Emmanuel Macron, j'ai l'occasion de croiser des gens qui viennent me parler.
C'est ma nature, je ne sais pas pourquoi, j'attire la confidence.
J'ai arrêté de chercher à comprendre et j'en accepte le fait : régulièrement, je me retrouve à écouter les formidables aventures de parfaits inconnus.
La plupart du temps ça m'amuse (avec tendresse) parce que j'aime les gens.
C'est Dostoïevski, je crois qui soulignait que toute vie est un roman.

Sinon à quoi bon.

Je ne me suis jamais caché, tout au contraire, d'avoir été et de rester #GiletsJaunes.
(Il n'y a eu aucun fait qui démontre que les gilets jaunes se trompaient dans leur critique du président de la république.)
Ça participe, selon moi, à ce qu'en ce moment, et encore plus depuis la dernière fois qu'on a voté contre Emmanuel Macron, des personnes viennent me voir pour me dire que "ça va" péter.
Que les gens vont se révolter.
Cette fois, c'est sûr.
Ils vont trop loin.
La plupart du temps ça m'amuse mais j'ai quand même souvent l'envie de leur hurler dessus.

SI TU RESTE CHEZ TOI À REGARDER DANS TA TÉLÉ
POUR VÉRIFIER QU'Y'A DES GENS QUI MANIFESTENT
Y'A PERSONNE QUI MANIFESTE.

Mais je reste calme et je les écoute.

Au lieu d'être dans une démocratie réelle dans laquelle nous exerçons le pouvoir (qui est le nôtre), on le confie à des gars qui nous vendent qu'ils savent faire, vous allez voir ce que vous allez voir.
De la même manière, il semble que chacun attende que quelqu'un d'autre aille manifester en son nom.

Alors il sont où les #GiletsJaunes ? me demande-t-on.
Et quand je suis fatigué je réponds :
et toi, tu es où ?
on t'a pas vu beaucoup dans la rue ces temps-ci.
elle est où ta colère ?

 

_____________________

Nota benêt : C'est pas les chaînes d'info en continu
qui tuent la démocratie, c'est seulement
les gens qui restent plantés devant.


mercredi 24 janvier 2024

Les pauvres [ils savent !]

Bernard Arnault et Emmanuel Macron côte à côte dans un décor assez luxueux (c'est la Samaritaine)

 

Il y a 10 millions de pauvres qui ne mangent pas à leur faim, qui se privent de nourriture parce qu'ils n'ont simplement pas de quoi s'acheter un repas. On estime à 350.000 le nombre de personnes qui vivent dans la rue. Ce ne sont plus simplement quelques SDF ici ou là, ce sont maintenant des familles, le père, la mère et leurs enfants qui sont dehors en permanence.

350.000 c'est toute la population de la ville de Nice. Tu supprimes toutes les maisons, les logis, les apparts et zouh, tout le monde dans la rue. Pas comme on sort cinq minutes pour prendre l'air, ils vivent dehors. Ils font leurs besoins entre deux voitures ou derrière un bosquet du parc, près des balançoires.

Si j'ai ces informations, si toi, tu es au courant, est-ce que tu imagines que personne n'a prévenu l'Élysée et sa troupe de ministres  ? Est-il imaginable une seule seconde que personne n'ose le leur dire ?
- monsieur le Président…
- Quoi encore ?
- non, rien.


Ils savent.
 

Ils le savent que des citoyens de ce pays et des personnes qui aspirent à le devenir sont submergés sous la pauvreté. Ils le savent que la misère gagne du terrain et que même en travaillant, tu ne gagnes plus assez pour nourrir dignement tes enfants.

Ils savent qu'en augmentant de 10% la taxe sur l'énergie, ils vont augmenter le nombre d'échoués de la vie. Ils sont parfaitement informés de la situation.

Et ils viennent à la télévision ou à la radio, annoncer qu'ils vont te retirer ceci ou cela pour améliorer la situation. Mais mon vieux, après 35 ans à faire reculer nos droits sociaux, est-ce que nous allons mieux ? Collectivement, je veux dire ? En analysant à partir de la situation présente, est-ce qu'on a bien fait d'accepter de perdre nos acquis pour le bien du pays ? Est-ce que ça valait le coup ?

Autant personne ne souhaitait réélire François Hollande impuissant face à la courbe du chômage, autant Emmanuel Macron a réussi à vous faire passer l'idée que le chômage c'est à cause des chômeurs, la pauvreté à cause des pauvres et les milliardaires, parce qu'ils le valent bien.

Nous ne sommes plus en face d'un président qui simplement échoue à tenir ses promesses. Nous sommes avec Emmanuel Macron, en présence d'un président qui n'a jamais eu l'intention d'améliorer la situation du pays. Uniquement celle de ses plus riches amis.
- monsieur le président ?
- Oui, cher ami, qu'y-a-t-il ?
- C'est cette histoire d'impôt, là…

Tout est fait sous les yeux d'Emmanuel Macronet sa troupe de ministres. C'est délibérément que les gens souffrent. Ils savent


Crédit photo : Christophe ARCHAMBAULT / AFP

mercredi 25 mars 2020

Les idiots et les médiocres




La meilleure analyse de ce qu'est enmarche et qui nous éclate aujourd'hui à la gueule est celle qui consiste à comprendre qu'en lançant un mouvement ni-de-gauche-ni-de-droite (et réciproquement), on s'est retrouvé avec des gens au pouvoir qui n'avaient aucune compréhension politique* du monde et, pour ceux qui étaient encartés dans l'un ou l'autre des partis pré-existants, aucune chance de faire la moindre carrière.

Nous avons ainsi promu des idiots et des médiocres.

Moi personnellement, non. Mais vous qui avez voté pour eux, vous êtes responsables d'avoir sélectionné et associé des imbéciles avec des incompétents pour leur filer la direction du pays. 

À commencer par Emmanuel M*cron lui-même qui est une sorte de singe savant. Excellent pour répéter comme un âne, les leçons reçues de ses maîtres puissants, Jacques Attali, Alain Minc, Jean-Pierre Jouyet mais bien incapable de ce que l'on considère comme de l'intelligence c'est à dire la capacité à s'adapter en permanence à la réalité.

Ainsi, pendant que la population meurt en masse, pendant que les cadavres s'empilent à la sortie des hôpitaux dépourvus des moyens nécessaires à la lutte épidémique, nous regardons un président qui travaille à sauver la finance et le monde des affaires.

Vous pensez que j'exagère ? Prenons les dernières décisions du gouvernement à l'heure où le bilan fait état de plus de 1.100 morts officiels* du coronavirus dans notre pays : Olivier Véran, nouvellement ministre de la santé (nommé après qu'Agnès Buzyn ait trouvé plus important d'aller tenter sa chance à la mairie de Paris !) annonce un plan de 260 millions d'euros* en faveur de l'hôpital public tandis que dans le même temps, c'est 4 milliards d'euros*, soit plus de 15 fois plus, qui sont soudainement débloqués au profit des start-up.

Le président a beau jeu de rendre visite aux soignants pour faire de belles images que tu regardes angoissé·e dans ton journal télévisé, les journalistes ont beau jeu de cirer les pompes du pouvoir* pour lui servir ainsi sa communication politique un peu plus brillante, on le voit bien, tout est mensonge dans le macronisme.

Quand nous en aurons fini de cette crise sanitaire, j'espère que votre colère sera aussi forte que la mienne et que vous n'accepterez pas de reprendre notre vie d'avant. Comme si de rien n'était. Comme si nos aînés sacrifiés étaient morts* pour rien, isolés de leur proche et laissés seuls pour cause de contagion.

Ces gens, tous ces gens, ta mamie, ton père, les infirmiers et les médecins ne meurent pas du virus, ils meurent par le manque de moyens donnés aux hôpitaux. Ils meurent parce qu'on a laissé aux milliardaires le loisir de ruisseler plutôt que de payer l'impôt. Et s'ils meurent, qu'ils soient morts pour révéler la véritable nature du macronisme : une oligarchie au service du pognon et contre la population.

Image : «Le jeu des selfies avec M*cron» - Europe1, 11 août 2017 ©Philippe Lopez/AFP

jeudi 21 mars 2019

Victoire en maillot jaune [Il les tape !]




Je peux déjà te l'annoncer : les gilets jaunes ont gagné.

Quoiqu'il arrive maintenant, Emmanuel Macron en a terminé de son quinquennat ; il est séché pour les quinze prochaines années. La question sociale est revenue au centre des débats et le point de bascule a été dépassé. Tout le projet «Premiers de Cordée» que le président nous avait tartiné à longueur de discours git là, cul par dessus tête. Dehors les start-up, les petits costards et le bling-bling de la technologie nouvelle. On a sous les yeux, le premier président qui s'est fait disrupter par son peuple. Le mec est plus sec qu'un tas de pierres, il va finir en poussière.

Il avait vendu du renouveau et les gens l'ont pris au mot, ils ont décidé de changer la donne. Ce qui n'était au départ qu'un éclat de colère contre le prix du carburant s'est transformé en un terreau où a aussitôt germé la fraternité. Ce qui n'était plus arrivé depuis longtemps et qu'on avait oublié est revenu sur les ronds-point : on s'est remis à se parler. Les uns ont cessé de s'opposer aux autres et ils se sont écoutés. Ils ont entendu d'autres gens plus ou moins comme eux, avec plus ou moins les mêmes problèmes de fin de mois, ils se sont adoptés en tant que copains de galère.

En quatre mois à peine, Emmanuel Macron est passé du gendre idéal pour famille honorable du Touquet à ce cyborg glacial qui interdit aux pauvres* d'aller crier leur colère et d'exprimer leur exaspération. Parce qu'à force de te faire retourner la tête, tu finis par croire n'importe quoi : les gilets jaunes ne sont pas une foule haineuse antisémite homophobe et raciste.

Pour la sédition, ça se discute.

La sédition est définie par Wikipedia « comme un acte incitant par le verbe ou les écrits à une désaffection envers l'État ou l'autorité constituée ». À partir du moment où tu te mets à protester par des blocages contre l'autorité d'un président, tu es forcément séditieux. Mais depuis quand se soulever contre ce qu'on considère comme injuste est-il un crime ?

Je suis surpris qu'on n'ait pas encore présenté quelques #giletsjaunes comme pédophiles* pour finir de couler le bateau.

Il faut reconnaitre que pour un mouvement qui s'essouffle depuis 18 semaines, il tient encore bien la barre. Malgré tous les blessés, malgré tous ceux qui ont été envoyés derrière les barreaux, malgré tous ceux qui sont encore en attente de jugement, malgré plusieurs centaines d'arrestations, malgré les interdictions des préfets, malgré les yeux crevés, les mains arrachées, les pieds explosés, malgré les gaz lacrymogènes à l'agressivité accrue, malgré la peur qui noue les tripes et fait suer froid le long du dos, malgré l'oppression permanente et le harcèlement des forces de l'ordre, malgré la déception de n'être pas encore plus nombreux, les gilets jaunes sont toujours là.

Semaine après semaine*, ils défilent, ils chantent, ils bloquent, ils ouvrent les péages et surtout, semaine après semaine, ils se retrouvent. Les gilets jaunes ont cette force que n'aura jamais Emmanuel Macron et sa clique en marche : le lien humain. Ça ne se trouve pas à la bourse et ça n'est pas une variable d'ajustement. Ça ne figure pas dans les tableaux qui décortiquent le fonctionnement chiffrée de nos sociétés modernes, forcément modernes. Ça ne s'apprend pas dans les hautes écoles qui forment des Playmobils gestionnaires. Il n'y a pas d'appli pour ça.

Les gilets jaunes ne sont pas d'extrême droite mais il y en a. Les gilets jaunes ne sont pas racistes mais il y en a. Ils ne sont pas insoumis, pas communistes, pas anarchistes, pas libertaires, pas complotistes, pas manipulés, pas déconnectés, pas illuminés mais il y en a. C'est amusant cette manière de vouloir réduire tout un groupe d'individus à une seule petite case. Je me demande si ce n'est pas un peu bizarre.

Et, comme je l'ai déjà dit par ailleurs : même si ce n'est pas très gentil d'être antisémite, en quoi cela empêche-t-il de réclamer de meilleurs salaires pour tous ? Parce qu'à force de te faire retourner la tête, tu finis par croire n'importe quoi : les gilets jaunes, ce sont des gens comme toi et moi, qui réclament avant tout deux choses :

. Une meilleure répartition des richesses
. Le droit en tant que citoyen de pouvoir ouvrir un débat de société sur un sujet particulier.

Quand quelqu'un se présente à toi avec la demande de pouvoir participer plus à la vie politique du pays,
on est quand même assez loin de l'image du barbare sanguinaire détruisant toutes les vitrines sur son passage. Par contre, le tableau de la parfaite démocratie républicaine est sérieusement écorné lorsqu'un président, incapable depuis 18 semaines d'apporter une réponse* politique aux citoyens en colère, leur envoie la troupe pour les faire taire.

Interdire les manifestations, ça n'est pas maintenir l'ordre, c'est interdire les manifestations.

Je ne serai personnellement pas très fier en ce moment, si je m'étais engagé dans les forces de l'ordre pour protéger et servir la population, de me retrouver à gazer de la mamie tous les samedis pour défendre Emmanuel Macron et la finance. Frapper sur les petites gens pour sauvegarder l'oligarchie, si j'étais flic ou gendarme, je pense que ça commencerait à me chatouiller délicatement l'éthique.

Ne dites pas que j'exagère. Quel genre de pays sommes-nous pour nous faire tancer par le Conseil de l'Europe*, Amnesty International* et l'ONU* réunis ? La patrie des Droits de l'Homme ? Même Erdogan* s'en est ému, c'est pour te dire si nous nous sommes quand même bien éloignés des rives paisibles de la vie républicaine.

Les gilets jaunes ont gagné parce que la question sociale est revenue au centre de la table. Il ne peut plus être question ni de start-up nation ni de ces balivernes pour happy-few techno-crétins, adorateurs du brouzouf en grande quantité. Il ne peut plus être question de continuer à faire payer les uns pendant que les autres sont légalement exemptés. Les gilets jaunes ont démontré un sens certain de l'effort et ils réclament que cet effort soit partagé par tous. Équitablement.

Les gilets jaunes ont révélé aux yeux du monde entier, le véritable visage d'Emmanuel Macron*. Il n'est plus ce plus jeune président de France qui prône la bienveillance et le bonheur pour chacun. Les gilets jaunes ont gagné parce qu'ils ont obligé Emmanuel Macron à se démasquer. Il ne peut plus être question de douter qu'il est en mission au service des puissants. Il use du pouvoir qui lui a été incidemment confié pour renvoyer l'ascenseur à ceux-là qui permirent son ascension.

Il remercie du ruissellement.

Emmanuel Macron est le président des pires riches, ceux qui vont jusqu'à souhaiter l'élimination physique des pauvres inutiles. Au bord extrême de la lutte des classes, il y a le fascisme…


Nota Benêt : comme dit Juan Branco*, il n'y a pas
de corruption, ils sont la corruption.



Source* de l'image

samedi 14 octobre 2017

La classe politique [costume-cravate]



Je pense que notre analyse des politiques est tout simplement erronée. Nous leur prêtons sans cesse une volonté d'améliorer notre société comme s'ils étaient des saints ou des humanistes ou missionnés par je ne sais quel mystère pour nous sauver du désastre.

Parce que, tu as vu, il y a toujours un désastre à venir dont il s'agirait que nous soyons préservés ; une catastrophe toujours future qui justifie à elle seule que l’on agisse comme ils agissent.
 

Je pense qu'en réalité, on peut mieux comprendre la nature des politiques* en les regardant pour ce qu'ils sont : des adorateurs du pouvoir. Ce que veulent les politiques n'est pas de faire baisser le chômage ou de trouver un toit à chacun, de prendre soin de la veuve et de l'orphelin, ni de préserver nos valeurs, ni de répandre le bonheur sur la terre.

La seule réelle volonté des politiques est de conquérir le pouvoir et d'en récolter les fruits.

Même en cas de crise économique, ils le conservent et ne sont pas affectés réellement. Ils ne sont pas comme des généraux qui prendraient la tête de leurs troupes durant la bataille, ils sont comme des colonels qui restent à l'abri de leur QG pour mieux compter les morts.

Les politiques ne font pas face au danger, ils le contemplent du haut de leur tour d'ivoire. Citez moi un seul élu qui après avoir échoué dans sa mission se serait retrouvé à la rue ou dans un dispensaire à se gratter les poux ? Citez-moi un seul politique qui se soit retrouvé dans la difficulté pour ne pas avoir accompli la mission que nous lui avions fixée ?

À part François Mitterrand rattrapé par l'arbitre avant la fin du match, nos anciens présidents poursuivent leur existence dans le confortable standing que leur procure la République. Notre République.

Si j'en crois les commentaires sur la situation actuelle, notre pays serait au bord de la ruine. Et Giscard, Chirac, Sarkozy et Hollande qui ont amené ce résultat vivent dans le confort douillet que le pays leur offre. Que NOUS leurs payons. Et si nous voulions comparer le pays à une entreprise, ils sont comme des dirigeants qui après avoir failli couler la boîte* continuent d’en percevoir une grasse rémunération.

Ils ont consacré leur vie à la conquête du pouvoir, ils ont régné quelques années avec un résultat largement décevant et ils finissent leur existence avec la garantie du luxe permanent.

Ils ne sont pas en place publique à se flageller de leurs erreurs. Ils ne se terrent pas dans l'ombre, couverts de la honte de leurs échecs. Ils vont en ville se faire admirer, se prêtent aux selfies, serrent quelques mains et pérorent* encore d'avoir pu conquérir le pouvoir mieux que les autres. Ils vont dans les dîners et ils narrent leur merveilleuse aventure* personnelle. Ils sont auréolés d'une gloire qui masquent leurs échecs.

Nous avons laissé se créer et prospérer une «classe» politique qui n'a que faire des conséquences de ses propres agissements. Quand ils échouent, ils continuent, qui de briguer d'autres mandats, qui de profiter de leur réseau pour trouver refuge dans le privé. Comme s'ils vendaient leur naufrage* au plus offrant.

Et Emmanuel Macron qui échouera comme d'autres avant lui pour avoir tenté les mêmes stupides approches libérales* face à une crise de société, nous savons déjà qu'il ne paiera rien de sa faillite. Il retournera d'où il vient, de la finance internationale, de la banque d'affaire ou bien coulera des jours heureux à briller encore et encore de son merveilleux destin.

Il racontera longtemps, laissant dans le non-dit l'armée des miséreux qu'il aura créée, comment son parcours fut un complet succès. Emmanuel Macron n'a pas besoin de réussir son quinquennat, sa gloire est déjà là : l'accomplissement politique est tout entier contenu dans la conquête du pouvoir.

Source image*

 
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Nota benêt : faute d'embauche, je survis au RSA avec 435 euros par mois.
Si tu veux, je peux écrire dans les colonnes de ton journal, je suis disponible.
Si non, il y a en haut à droite [si tu es sur ordi !] un bouton de don pour m'offrir du beurre et des épinards.

jeudi 27 avril 2017

Anti-républicain [Dans quel genre ?]

Le Front National dans les élections me rappelle vachement l'histoire des mobylettes. On avait d'un côté des vélomoteurs dont la législation limitait la puissance à 49,9 cm3 et on avait de l'autre, des kits mécaniques qui permettaient de gonfler cette puissance. Les kits étaient en vente libre dans tous les magasins ayant pignon sur rue, il était parfaitement légal de les vendre, légal de les acheter, ce qui était strictement interdit par la Loi, c'est de les installer.

Le vote FN n'est pas un vote anti-républicain.

Les valeurs portées par ce parti ne sont pas sympathiques, elles auraient même tendance à faire passer Philippe Pétain pour un élu modéré; mais c'est un parti tout à fait légal qui se présente aux élections.

Comme le préconise notre démocratie, Marine Le Pen a obtenu le soutien de plus de 500 maires démocratiquement élus, représentants de leur commune, pour aller exposer son programme aux suffrages des Françaises-Français. Et comme c'est logique dans une démocratie, puisqu'elle est une candidate légale, elle a obtenu un certain nombre de voix.

Les électeurs du FN ne sont pas anti-républicains.

Parmi les offres disponibles au départ, ils font un choix politique. Nous sommes d'accord qu'ils ne font pas le bon choix. Nous sommes d'accord que croire qu'on va pouvoir fermer les frontières et ignorer le reste du monde est une illusion dangereuse. Nous sommes d'accord qu'à peu près tout du programme du Front National est un non-sens total. Nous sommes d'accord que monter les gens les uns contre les autres ne fera jamais avancer un pays. Mais j'insiste : c'est un choix politique.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'après le scrutin, l'ensemble des médias puissent considérer comme inacceptable de voter pour l'un des candidats légalement présent au premier tour ? Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'à la fin du vote, on se mette à exclure et insulter* une partie de l'électorat ?

Revenons aux choses sérieuses c'est à dire à la politique.

En 2002, les électeurs se sont déjà mobilisés contre le FN et ont élu Jacques Chirac à plus de 80%. Et puis ? Et puis rien. La direction du pays n'a pas été modifiée, le cap n'a pas été révisé. On a eu Chirac puis Sarkozy puis Hollande. 15 ans d'une politique libérale qui n'a pas jamais été le choix du corps électoral.

Depuis 2002, les politiques menées par le pouvoir en France ont été menées contre les classes populaires. C'est comme ça qu'on le vit sur le terrain, en province. Tu sais, ces centres villes qui meurent dont tu entends parler une fois tous les cinq ans avant le 1er tour.

Même le NON
au projet de traité européen de 2005*, un NON ferme et massif tel qu'exprimé dans les urnes, n'a pas été respecté. À la limite, la dernière mesure favorable aux salariés, ça a été les 35 heures sous Jospin. Et vu la manière dont tout le monde s'acharne sur elle, ça n'a pas l'air de plaire énormément quand les petites gens obtiennent un truc.

Personne n'a envie de voter Macron qui représente cette partie de nos dirigeants acoquinés avec les très riches pour améliorer encore leur situation. Il représente le même groupe social que François Hollande, que Nicolas Sarkozy, que Jacques Chirac. Trois présidents qui ont lamentablement échoué et qui continuent pourtant de pérorer dans les médias en mode moralisation.

Il est tout de même étonnant qu'un homme comme notre dernier président, un homme qui a menti en tout point aux électeurs, les yeux dans les yeux, qui n'a absolument pas tenu ses promesses ni réalisé les engagements qu'il a pris, qui a proposé de mettre en place la déchéance de nationalité c'est à dire une mesure du FN, s'en aille benoîtement toucher son petit pactole à vie.

Il y a des droits et des devoirs dit-on au chômeur qui renâcle à accepter un emploi qui va baisser de 30% son train de vie. Mais ça fait 35 ans qu'on baisse les droits des gens qui travaillent, qu'on bloque les salaires, qu'on coupe allègrement dans tous les aménagements sociaux prévus pour la population. Ça fait 35 ans qu'on supprime les services publics et que peu à peu, tout disparait.

Les villes sont des fantômes de ville où les vitrines des boutiques sont décorées de posters chatoyants pour qu'on ne voit pas trop qu'il n'y a plus de vie. On fabrique des trompe l'œil pour cacher la misère, c'est tellement symbolique de l'époque.
 

Et pendant ce temps-là, personne n'a jamais vu la classe politique faire des efforts. Ils se succèdent les uns aux autres, ils changent de bord et d'alliance, lancent des paris comme autant d'O.P.A pour ramasser le pactole. Ils mènent une carrière dans les dorures pendant que le pays s'enfonce dans le néant.

Personne n'a envie de continuer à baisser le coût du travail. Personne n'a envie de continuer à subventionner le patronat. Si le travail est une valeur, pourquoi faudrait-il sans cesse en brader le prix ?
Les électeurs ne sont pas débiles, ils comprennent parfaitement qu'Emmanuel Macron n'a rien d'autre à proposer que de la merde libérale. Cela fait 35 ans qu'on l'applique, ils savent ce que c'est. Les citoyens constatent par eux-mêmes que ça n'est pas seulement inefficace : cela détruit tout simplement le corps social faisant de chacun le concurrent de l'autre*.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'après deux ans de barnum médiatique à base de couvertures de presse anti-islam / pro-Macron / anti-islam / pro-maron, on nous explique qu'il ne faut pas voter pour l'autre camp ?
 
Ils étaient 4,8 millions de citoyens noyés dans le ras le bol en 2002, ils sont aujourd'hui 7,6 millions à choisir de ne plus voter pour aucun des candidats qui continuent de soutenir ce système de caste. Encore faudrait-il y ajouter les abstinents qui ne participent plus et aussi ceux qui ont tenté une sortie plus noble, simplement démocratique, en devenant des insoumis.

 

Il faut voter Emmanuel Macron s'époumone la foule médiatique toujours comme un seul homme d'un seul avis et d'une seule voix. Il faut voter Macron comme si l'élection de l'endive du Touquet au poste suprême était porteur d'une seule solution. Il faut voter Macron comme si continuer la même politique qui échoue depuis 35 ans était la seule et unique voie possible.

 

Et quoi ?

 

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour que la seule solution aux échecs* précédents soit de renforcer l'échec ? Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'aucune autre solution ne soit envisagée ?

 
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Nota benêt : en pourcentage des inscrits, si l'on additionne les abstentionnistes, le Front National et Les Insoumis comme autant de messages anti-système, on arrive à un total de 53% des voix. On est loin, très loin, d'une victoire du libéralisme par K.O.
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Image piquée ici

vendredi 21 avril 2017

Macron est bien de droite



J'ai écouté Emmanuel Macron hier soir sur France 2.
Il se dit ni de droite ni de gauche mais ce qu'il préconise est très clairement marqué politiquement.
Ainsi, il explique qu'il veut supprimer l'ISF pour favoriser l'investissement.
En clair, les plus fortunés pourront échapper à l'impôt s'ils investissent dans l'économie.
En clair, s'ils achètent des actions dans des entreprises.
Ce qui est un autre moyen de faire du placement.

En clair, Emmanuel Macron propose de retirer à l'Etat, c'est nous, l'argent des plus riches s'ils acceptent de placer eux-mêmes, leur argent dans l'économie.

Mais peut-être que si on a inventé l'impôt c'est pour que l'Etat, dont la politique dépend de notre vote commun, puisse orienter l'économie dans un sens qui convient aux électeurs et à l'avenir du pays. Ça s'appelle la démocratie.

A chaque fois que tu préconises une mesure qui consiste à laisser les propriétaires faire ce que bon leur semble de leur fortune, tu fais un doigt d'honneur au principe républicain.
Et Emmanuel Macron vient avec cette proposition d'affaiblir l'Etat, c'est à dire nous.

Du coup, quand dans la suite de sa démonstration durant laquelle il explique des idées très généreuses sur l'école, genre qu'on va faire des classes avec seulement 12 élèves, je me demande comme il pourrait le faire.
Si d'un côté tu affaiblis l'Etat, dans sa gestion du réel aussi bien que dans ses revenus, tu ne peux pas prétendre ensuite disposer d'un Etat fort qui change la donne de l'enseignement.

Si on passe de classes à 25 élèves à des classes de 12, il te faut doubler le nombre de professeurs des écoles. Mais si tu te prives du budget nécessaire, tu es juste en train de promettre du vent.
Et tu es de droite.