Maintenant qu'on a bien rigolé et que le calme revient dans les rangs, est ce qu'on peut revenir sur le fond du sujet : quand l'État se fait pirater des données* est-ce que ce sont nos données dont on parle ?
Depuis quand ça se fait de rire des victimes de cambriolage quand ce qui a été dérobé ce sont nos propres affaires ? Depuis quand ça se fait de rire des victimes ?
Je me demande si nous ne sommes pas devenus un peu cons.
(Ne répondez pas à cette question, j'ai déjà la réponse, c'est un effet rhétorique).
On est d'accord que ça génère toujours de la joie au dedans de soi de voir Macron se prendre un pavé dans la tronche mais passé ce petit moment de bonheur fugace, ne devrions-nous pas réfléchir au concept même de la protection des données numériques et de serveurs inviolables ?*
Selon une règle aussi vieille que l'humanité ou presque : là où il y a une serrure, il y a une clé et le voleur finira par la trouver.
Mais selon une règle du monde moderne : on va faire un grand coffre dans lequel conserver tous nos secrets mais des milliers de personnes pourront avoir la clé pour y entrer.
Je ne suis pas informaticien mais si la sécurité absolue est très difficile à atteindre, qu'en est-il quand des milliers d'usagers doivent en devenir les gardiens ?
Je me demande si tout le concept de données partagées n'est pas déjà l'erreur fondamentale du système.
Ce que nous essayons de protéger, pour utiliser une métaphore qui nous ramène à la réalité physique du monde, c'est une salle des coffres dont des milliers de personnes possèdent la clé d'entrée et, la plupart du temps, ont la possibilité d'aller visiter la totalité des différentes salles. Je ne suis pas informaticien mais vu d'ici, le concept est foireux dès le départ.
C'est qu'on a inventé internet comme un truc pour discuter entre potes ou entre personnes bien intentionnées. Il n'a jamais été question de construire un machin fermé à quelques uns et ouvert à d'autres. Plus le réseau s'étend et plus on ajoute une nouvelle salle dans ce réseau et plus on autorise de nouveaux utilisateurs, plus on agrandit la surface du terrain à protéger*.
Je me demande si l'idée même de sécuriser internet n'est pas la même histoire que les Shadoks qui se sont mis à pomper parce que «telle semblait être la destinée de ces pitoyables bêtes»*
Et si nous avions tout simplement tort de vouloir passer toute la société en mode numérique ? Est ce que quelqu'un s'est déjà posé la question ?