Ceci est le septième épisode d'un exercice d'écriture de chroniques radio.
Ce texte est conçu pour être prononcé à voix haute et interprété derrière un micro.
[Si tu es comédien·e et que tu veux t'en emparer, parlons-en !]
Si tu regardes, le président de la République, il a un contrat en or.
D'accord c'est un CDD mais c'est un CDD où, quand tu as dépassé la date de fin de mission, tu continues de toucher le salaire. C'est un truc de fou, non ?
Les personnes qui viennent la bouche en cœur parler de la « VALEUR TRAVAIL » sont exactement les mêmes qui trouvent cette situation comme allant de soi.
Parfois j'ai l'impression que la publicité a beaucoup trop d'influence sur la politique. Édouard Philippe présente sa candidature parce qu'il le vaut bien.
Comme François Hollande.
Ces gens veulent être président non pas parce qu'ils veulent réduire la pauvreté ou loger les personnes qui vivent dans la rue avec femme et enfants, ils veulent louer l'Élysée pour cinq ans (minimum) parce que le marbre et les dorures illuminent bien leur teint.
Jordan Bardella qui s'y croit déjà est parti à l'échauffement. Comme coach, il a pris une princesse. Parce qu'il le vaut bien.
Une fois ton mandat terminé, apparemment, tu ne peux plus travailler et tu touches une grosse indemnité. C'est comme l'allocation versée aux handicapé·es bloqué·es chez eux par un problème mécanique mais tu touches chaque mois comme si tu étais des centaines de handicapé·es à toi toute seule.
En vrai, tu as le droit de bosser un peu si ça te chante, c'est cumulable.
Je dis "bosser" mais vous comprenez bien que ça n'est qu'une façon de parler. C'est pas du travail comme tirer des brouettes de ciment sous le cagnard tous les jours huit heures durant pour 12,31 euros bruts de l'heure.
Par exemple, j'ai lu, je ne sais plus où, que Nicolas Sarkozy, pour une conférence d'une soixantaine de minutes, il facture jusqu'à 300 000 euros.
C'est un peu mesquin, populiste ou les deux de ma part de le souligner mais 300 000 euros, ça fait combien de postes d'infirmières ?
Et même si tu as été un très mauvais président, tu gardes le salaire à vie.
Même si tu as été le candidat qui s'est fait élire sur la promesse de combattre ton ennemi la finance pour finir par inventer le CICE qui n'est jamais que la subvention du CAC40 par notre argent public ?
Dans toutes les formes possibles de la démocratie, j'ai l'impression qu'on a retenu la version la plus floue.
Nous élisons collectivement un président pour 5 ans (en moyenne un président est élu par le choix de 19 millions de votants), nous lui confions les clefs du coffre national et le bouton de l'arme nucléaire mais il ne signe aucun contrat.
Il ne s'engage pas par écrit sur son objectif et il n'est responsable de rien.
Même s'il a fait la promesse d'augmenter les salaires des pauvres pour finalement baisser l'impôt des plus riches, en tant que peuple éclairé, tu peux juste fermer ta bouche.
Même s'il a creusé la dette alors qu'il est venu de la finance avec une bonne réputation, il n'y a aucun procès possible. Personne ne peut lui demander de comptes.
Comme disait Emmanuel Macron : «Je suis légitime et tu peux plus rien faire, nananère»