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jeudi 27 avril 2017

Anti-républicain [Dans quel genre ?]

Le Front National dans les élections me rappelle vachement l'histoire des mobylettes. On avait d'un côté des vélomoteurs dont la législation limitait la puissance à 49,9 cm3 et on avait de l'autre, des kits mécaniques qui permettaient de gonfler cette puissance. Les kits étaient en vente libre dans tous les magasins ayant pignon sur rue, il était parfaitement légal de les vendre, légal de les acheter, ce qui était strictement interdit par la Loi, c'est de les installer.

Le vote FN n'est pas un vote anti-républicain.

Les valeurs portées par ce parti ne sont pas sympathiques, elles auraient même tendance à faire passer Philippe Pétain pour un élu modéré; mais c'est un parti tout à fait légal qui se présente aux élections.

Comme le préconise notre démocratie, Marine Le Pen a obtenu le soutien de plus de 500 maires démocratiquement élus, représentants de leur commune, pour aller exposer son programme aux suffrages des Françaises-Français. Et comme c'est logique dans une démocratie, puisqu'elle est une candidate légale, elle a obtenu un certain nombre de voix.

Les électeurs du FN ne sont pas anti-républicains.

Parmi les offres disponibles au départ, ils font un choix politique. Nous sommes d'accord qu'ils ne font pas le bon choix. Nous sommes d'accord que croire qu'on va pouvoir fermer les frontières et ignorer le reste du monde est une illusion dangereuse. Nous sommes d'accord qu'à peu près tout du programme du Front National est un non-sens total. Nous sommes d'accord que monter les gens les uns contre les autres ne fera jamais avancer un pays. Mais j'insiste : c'est un choix politique.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'après le scrutin, l'ensemble des médias puissent considérer comme inacceptable de voter pour l'un des candidats légalement présent au premier tour ? Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'à la fin du vote, on se mette à exclure et insulter* une partie de l'électorat ?

Revenons aux choses sérieuses c'est à dire à la politique.

En 2002, les électeurs se sont déjà mobilisés contre le FN et ont élu Jacques Chirac à plus de 80%. Et puis ? Et puis rien. La direction du pays n'a pas été modifiée, le cap n'a pas été révisé. On a eu Chirac puis Sarkozy puis Hollande. 15 ans d'une politique libérale qui n'a pas jamais été le choix du corps électoral.

Depuis 2002, les politiques menées par le pouvoir en France ont été menées contre les classes populaires. C'est comme ça qu'on le vit sur le terrain, en province. Tu sais, ces centres villes qui meurent dont tu entends parler une fois tous les cinq ans avant le 1er tour.

Même le NON
au projet de traité européen de 2005*, un NON ferme et massif tel qu'exprimé dans les urnes, n'a pas été respecté. À la limite, la dernière mesure favorable aux salariés, ça a été les 35 heures sous Jospin. Et vu la manière dont tout le monde s'acharne sur elle, ça n'a pas l'air de plaire énormément quand les petites gens obtiennent un truc.

Personne n'a envie de voter Macron qui représente cette partie de nos dirigeants acoquinés avec les très riches pour améliorer encore leur situation. Il représente le même groupe social que François Hollande, que Nicolas Sarkozy, que Jacques Chirac. Trois présidents qui ont lamentablement échoué et qui continuent pourtant de pérorer dans les médias en mode moralisation.

Il est tout de même étonnant qu'un homme comme notre dernier président, un homme qui a menti en tout point aux électeurs, les yeux dans les yeux, qui n'a absolument pas tenu ses promesses ni réalisé les engagements qu'il a pris, qui a proposé de mettre en place la déchéance de nationalité c'est à dire une mesure du FN, s'en aille benoîtement toucher son petit pactole à vie.

Il y a des droits et des devoirs dit-on au chômeur qui renâcle à accepter un emploi qui va baisser de 30% son train de vie. Mais ça fait 35 ans qu'on baisse les droits des gens qui travaillent, qu'on bloque les salaires, qu'on coupe allègrement dans tous les aménagements sociaux prévus pour la population. Ça fait 35 ans qu'on supprime les services publics et que peu à peu, tout disparait.

Les villes sont des fantômes de ville où les vitrines des boutiques sont décorées de posters chatoyants pour qu'on ne voit pas trop qu'il n'y a plus de vie. On fabrique des trompe l'œil pour cacher la misère, c'est tellement symbolique de l'époque.
 

Et pendant ce temps-là, personne n'a jamais vu la classe politique faire des efforts. Ils se succèdent les uns aux autres, ils changent de bord et d'alliance, lancent des paris comme autant d'O.P.A pour ramasser le pactole. Ils mènent une carrière dans les dorures pendant que le pays s'enfonce dans le néant.

Personne n'a envie de continuer à baisser le coût du travail. Personne n'a envie de continuer à subventionner le patronat. Si le travail est une valeur, pourquoi faudrait-il sans cesse en brader le prix ?
Les électeurs ne sont pas débiles, ils comprennent parfaitement qu'Emmanuel Macron n'a rien d'autre à proposer que de la merde libérale. Cela fait 35 ans qu'on l'applique, ils savent ce que c'est. Les citoyens constatent par eux-mêmes que ça n'est pas seulement inefficace : cela détruit tout simplement le corps social faisant de chacun le concurrent de l'autre*.

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'après deux ans de barnum médiatique à base de couvertures de presse anti-islam / pro-Macron / anti-islam / pro-maron, on nous explique qu'il ne faut pas voter pour l'autre camp ?
 
Ils étaient 4,8 millions de citoyens noyés dans le ras le bol en 2002, ils sont aujourd'hui 7,6 millions à choisir de ne plus voter pour aucun des candidats qui continuent de soutenir ce système de caste. Encore faudrait-il y ajouter les abstinents qui ne participent plus et aussi ceux qui ont tenté une sortie plus noble, simplement démocratique, en devenant des insoumis.

 

Il faut voter Emmanuel Macron s'époumone la foule médiatique toujours comme un seul homme d'un seul avis et d'une seule voix. Il faut voter Macron comme si l'élection de l'endive du Touquet au poste suprême était porteur d'une seule solution. Il faut voter Macron comme si continuer la même politique qui échoue depuis 35 ans était la seule et unique voie possible.

 

Et quoi ?

 

Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour que la seule solution aux échecs* précédents soit de renforcer l'échec ? Dans quel genre de démocratie sommes-nous pour qu'aucune autre solution ne soit envisagée ?

 
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Nota benêt : en pourcentage des inscrits, si l'on additionne les abstentionnistes, le Front National et Les Insoumis comme autant de messages anti-système, on arrive à un total de 53% des voix. On est loin, très loin, d'une victoire du libéralisme par K.O.
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Image piquée ici

vendredi 24 février 2012

Le sortant [Pour aller où ?]




Si on arrêtait de parler du sortant à sortir et qu'on se fasse une campagne électorale juste entre nous. Avec des arguments* politiques pour remonter un peu le niveau. Là, on a beau ramer pour ramener du sens, on n'est quand même pas loin du naufrage.

[ s u i t e ]

Source photo*
 

mercredi 30 novembre 2011

Eva Joly [C'est du propre !]




Ça va peut-être vous surprendre mais moi je l'aime bien Eva Joly*. D'abord, le coup des lunettes, c'est génial. Ça y est, en quelques semaines, elle a implanté son image. C'est une épure, une esquisse, une personnalité toute entière résumée en une paire de lunettes rouges. Au niveau communication*, c'est fortiche.

Mais elle m'était sympathique pour une question de fond*, quand elle avait posé la question du défilé du 14 juillet. Et pourquoi est-ce devenu un truc militaire ? Si à l'origine, c'était l'armée du peuple dans les rues, c'est maintenant tout un boulevard de soldats professionnels*. Pourquoi est-ce eux qu'on met à l'honneur ? Et pourquoi pas plutôt une procession d'associations ? Un cortège de la fonction publique ? Un défilé de syndicat ?

Après tout, c'est bien là qu'on le trouve le plus, l'effort citoyen, non ? Vous imaginez comme ça aurait de la gueule : en premier les pompiers dans leur uniforme à boutons dorés, puis les infirmières modestement moulées de blouse, les maîtresses d'écoles en jupe [ah madame Berthelot et son enseignement des Sciences Naturelles !], les professeurs de littérature en veste de velours, les profs de sport en short haut de cuisse*. Elle aurait l'air un peu moins martiale, notre Fête Nationale, non ?

Et puis maintenant avec sa réaction à l'accord électoral intervenu entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie. De la cuisine électorale en sous-main*, on s'échange des circonscriptions contre des promesses, des votes de citoyens contre des sièges à la Députation. Et pourquoi c'est devenu un truc réservés aux Partis ? Si à l'origine, c'étaient des élus du peuple, on a maintenant tout un troupeau de mercenaires*. Pourquoi c'est eux qu'on met à l'honneur ?

Evidemment, toute la classe politique et médiatique en a profité pour se réconcilier et lui tomber dessus. De quoi elle se mêle la mamie* à l'étrange accent ? Ça fait des siècles qu'ils procèdent ainsi, qu'ils traitent ces choses entre eux, en toute discrétion. Qu'est ce qu'il lui prend de vouloir casser ces petits arrangements entre amis ?


Ça va peut-être vous surprendre mais que je trouve qu'Eva Joly soulève de bonnes questions quant à l'état de notre démocratie*.



Citation de Cabu :
« C’est peut-être ça la politique,
le compromis perpétuel :
entre compromis et compromission. »*




Illustration : vous pouvez essayer à la maison, les lunettes ne font pas tout*.



[J'ai même pas parlé de Cécile Duflot, elle va être furax !]