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vendredi 24 janvier 2025

L'entretien [Le plus souvent possible !]

J’ai passé un entretien hier et c’était un moment très agréable.

Pendant quelques minutes, une vingtaine vraisemblablement, bien que je n’ai pas compté, l’une après l’autre, les secondes qui s’écoulaient, qui s’étiraient, qui s'empilaient. C’était un temps de sortie du chômage, comme un astronaute qui se rend au dehors, dans l’espace. En apesanteur et À L’EXTÉRIEUR du vaisseau.

J’ai été pendant quelques instants considéré comme une personne capable d’apporter quelque chose à la société. Pas cette sorte de rebut social qu’on tient à l’isolement dans la remise et qui coûte trop cher à nourrir*.

On m’a interrogé sur mon parcours, sur mon expérience de la vie. J’ai pu être pendant toute la durée de cet épisode, comme un véritable personnage avec de la profondeur, une histoire. J'ai pu habiter un récit.

J’ai été considéré.

On m'a écouté, on m'a posé des questions, demandé de préciser tel ou tel détail qui dans ma narration semblait peu importante mais qui, dans l'oreille de la personne écoutante, méritait d'être mieux exploré, plus détaillé.

Je ne sais pas si je serai choisi pour ce poste, il reste 40 personnes à candidater pour 10 places à prendre. Il se peut que cet entretien me permette d'accéder à l'emploi, comme on dit dans les ministères. Il se peut tout autant que je sois laissé encore de côté.

Comme une sorte de rebut social qu’on tient à l’isolement dans la remise et qui coûte trop cher à nourrir.

mercredi 11 octobre 2023

De haut en bas (aller sans retour)

 


 Le chômage en soi est déjà une punition.

Quand tu as validé ton inscription chez Pôle Emploi et qu'ils t'envoient le montant de ton indemnisation, ça devrait être accompagné d'un petit mot supplémentaire pour dire : «Vous venez de perdre un tiers de votre pouvoir d'achat, merci de vous adapter rapidement».

Tu retires de tes dépenses tout ce qui n'est pas indispensable. Le fait d'aller, le soir, manger dans des établissements qui cuisinent pour et mieux que toi n'est directement pas prioritaire. Pour faire tes courses, tu lâches le bio et les marque au profit des produits siglés de ton supermarché.

Tu ne vas plus au cinéma et tu n'accèdes plus à la culture (et tes gosses non plus). Tu ne sors plus prendre un verre et ceux que tu croyais tes amis s'éloignent parce que, c'est humain, c'est toujours eux qui paient.

Tout le système du chômage est concrètement punitif.

Même si tu es un bon chômeur qui respecte toutes les règles du bon chômage, personne ne te félicite. Si tu participes aux activités, si tu assistes à ta dix-septième session sur la meilleure manière de dynamiser son profil professionnel, même si, durant cette formation, tu fais profiter le groupe de ton expérience du chômage, personne de t'applaudit.

Même si tu envoies toutes les candidatures* qu'il faut, même si tu devances les besoins en proposant ton formidable curriculum vitae à des entreprises qui ne t'ont rien demandé, même si tu développes ton réseau de connaissances à des fins de prospection sur «marché du travail caché», personne ne t'appelle pour t'annoncer que ça va améliorer ta situation.

Tes revenus continuent de baisser et quand tu es tout en bas du truc, on te change d'étage et tu atterris au RSA.

C'est le moment où tu perds le peu qu'il te restait encore. Par exemple, la possibilité de choisir tes aliments. Tu n'as plus assez pour t'acheter à manger et tu dépends maintenant de ce qu'on veut bien te donner.

Ta vie sociale se découpe en tranches. Il y a l'après-midi à faire la queue aux Restos du Cœur et l'humanité des gens d'en bas. On s'échange des bons plans et des boites de conserve. On se refile des fringues pour les enfants mais pas que. Les plus pauvres, au moins ils ont, au plus ils sont prêts à aider les autres, c'est étonnant. On se deale des sourires et de l'entraide.

Il y a les heures de fatigue à lutter contre le système qui vous noie ET vous soutient. La CAF ceci, la banque cela, on dirait qu'ils se relaient les uns les autres pour créer des problèmes. Pour un papier oublié, c'est tout le dossier qu'il faut refaire, ce qui est compliqué quand tu n'as même pas les moyens de disposer d'un accès internet.

Et quand tu es bien fatigué de tout ça, on vient te dire que tu dois en plus travailler gratuitement pour te maintenir dans la misère. Mais il y avait du travail alors ? Pourquoi tu ne m'as pas embauché. Avec un salaire.


Source photo : Alexis Christiaen - La Voix du Nord

mardi 15 mars 2022

Le chômage [aux armes, citoyens !]


 

Nous vivons dans ce que nous appelons une démocratie républicaine. Ça veut dire que régulièrement, tu choisis des gens pour te représenter et défendre tes droits au sein des Institutions qui sont les piliers de cette République.

Nous vivons dans un État de Droit. Ce qui signifie que nous avons écrit des textes qui définissent la manière dont les différentes institutions doivent fonctionner, ce qui est permis ou pas, ce genre de chose. Si on était au football, tu y trouverais la règle du hors-jeu par exemple et la liste des cas où l'arbitre est autorisé à infliger un carton à l'un des participants.

Parmi ces textes qui encadrent notre droit, il y a la déclaration universelle des droits de l'Homme et du citoyen. L'un de ces droits est le «droit au travail». Il a été proclamé dans la Constitution de 1958 ("Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi") et à l'article 23 de la Déclaration des Nations unies de 1948 :

«Toute personne a droit au travail,
au libre choix de son travail,

à des conditions équitables et satisfaisantes de travail
et à la protection contre le chômage»

Ainsi, les textes piliers de notre République imposent à nos élus de nous fournir un travail, que ce travail doit être de bonnes conditions et bien rémunéré. À défaut de nous refiler un boulot, il fait intégralement partie des droits de l'homme et du citoyen que de toucher le chômage.

Loin d'être un système d'assurance dans lequel tu cotises quand tu peux, pour récupérer tes billes plus tard, le chômage est un dû. La rémunération juste du chômage fait partie des droits de l'Homme. Le reste, c'est de la comptabilité.

Dès lors, si un homme ou une femme politique critique les sans emploi, il convient de lui rappeler que c'est son travail d'élu que de créer de l'emploi pour tous. Et que le travail de qualité doit être équitablement réparti et rémunéré. Il convient de souligner surtout que c'est exactement sa fonction d'élu que de défendre les citoyens et non pas de leur taper dessus.

Seulement, nous avons développé une société industrielle qui n'a plus besoin de tous les bras disponibles. Même si nos élus font encore semblant d'y croire, nous sommes sortis de la société du travail. Ici ou là, partout où tu regardes, il y a une machine qui remplace à elle seule, un certain nombre d'emplois humains.

Le plus gros problème est que ces machines qui produisent de la richesse ne cotisent pas pour le chômage des humains inemployés.

Il ne reviendra pas le temps où tout le monde est occupé à plein temps. Nous pouvons le regretter mais ce serait oublier que la Terre n'en peut plus de notre croissance à l'infini.

Pour chaque offre d'emploi, il y a 14 chômeurs disponibles. ce sont les statistiques officielles du gouvernement. Tout autre discours que celui-là est du bruit avec la bouche. Il n'y a pas plus de fainéants chez les sans-emplois que chez les salariés. Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir, ni de traverser la rue pour se faire embaucher.

Tu peux être un demandeur d'emploi hyper-actif qui multiplie les candidatures et rester sur le carreau. Ça n'est pas de ta faute. Il n'y a rien chez toi d'anormal. Tu vis juste à cette époque étrange où l'on te punit de ne pas trouver le travail qui n'existe plus.

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Nota benêt : si tu es avocat et que tu aimes les combats fondamentaux, on peut lancer une action de groupe sur la manière dont les gouvernements traitent les chômeurs depuis 30 ans !

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Source image *

mercredi 17 novembre 2021

La recherche [Frodon !]


Ron Mueck autoportrait de l'artiste,
"Mask II", 2001. Matériaux divers. Anthony d’Offay, Londres.
(RON MUECK / PHOTO COURTESY ANTHONY D’OFFAY, LONDRES)



Je crois que je vais devenir comme une pierre et me laisser couler. Vivre froid comme un caillou et accepter de glisser. Descendre, lâcher prise, abandonner le combat et me reclure. Je crois que j'ai épuisé le stock d'espoir, vous voyez ? J'ai cessé de croire à cette fiction qui consiste à rechercher un travail qui n'existe pas et à prétendre que ce serait là «vivre sa vie».


 
Je me sens vraiment usé de tout, ne sachant si cette humeur, entre gris clair et gris foncé, est le résultat de la météo de cette saison moche, qui devrait être interdite, ou simplement à une fatigue générale de l'existence.

 C'est que je me bats en vrai, il ne faut pas croire.
 
Un combat sans victoire, c'est cela qui fatigue.

Je veux bien rester debout à recevoir des coups mais il faudrait penser de temps en temps à m'envoyer de la douceur. Un peu de soutien, des encouragements, une sorte de félicitation d'être un bon chômeur qui respecte les règles. Comme une serviette tiédie où reposer mon visage endolori.



- T'es un bon chien-chien Isidore, il a bien cherché le travail ! Où qu'il est le travail ? Où qu'il est ? Allez cherche, cherche.
À la limite, hormis cette fâcheuse habitude de bêtifier dès qu'on parle à nos amis les chiens, je pense qu'on leur adresse plus gentiment la parole qu'aux chômeurs.



Je suis fatigué d'écrire à des gens qui ne répondent pas.



C'est que je suis devenu pire qu'un poids pour la communauté. Déjà lorsque je travaillais, les patrons se plaignaient du montant exorbitant des salaires. C'est d'être devenus constamment des coûts dans le tableau Excel® du capitalisme qui devrait nous inquiéter. Quoi que nous fassions, nous sommes des excédents. Ça n'aide pas beaucoup à créer une société soucieuse du bien-être des citoyens.


Il va maintenant falloir justifier que je cherche un emploi. En occultant la réalité du «marché du travail» où on compte, selon les statistiques produites par le gouvernement lui-même, un emploi disponible pour treize personnes qui en cherchent. Nous allons devoir justifier de chômer, comme si d'avoir assez de temps disponible pour regarder Slam sur France 3 n'était pas une humiliation suffisante !



Ça n'est pas de contrôler la recherche d'emploi qui est choquante, c'est que la seule action contre le chômage, ce soit une nouvelle fois de punir les privés d'emploi. Cette réforme va faire passer les chômeurs du statut de victime à celui de présumé tricheur.

Cette politique consiste avant tout à mettre dans la lumière des phares, un nouveau bouc émissaire à détester.

 Un peu comme si on décidait de contrôler les SDF pour vérifier qu'ils recherchent bien un toit.

Quels nouveaux moyens vont être accordés à Pôle Emploi pour remplir sa mission ? Je veux dire celle qui consiste à aider la rencontre entre un emploi disponible et un chômeur et pas celle qui va mobiliser tous les moyens disponibles du ministère du travail pour trouver l'aiguille fainéante dans la meule de foin des courageux·ses ?



Pendant qu'on s'en prend aux migrants, pendant qu'on critique acerbement les chômeurs, pendant qu'on cherche les éventuels fraudeurs du système social (pilier de notre République), le président, sa femme, les ministres et tous leurs amis dînent dans les Palais dorés du pays. Ils ne sont pas présumés fraudeurs…


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Nota Benêt :
En 2016, 256 grandes entreprises
de plus de 5.000 salariés se sont partagé
un peu plus de 5 milliards d’euros de CICE
sans contrôle ni justification.

samedi 31 mars 2018

La roue tourne [Elle part à quelle heure ?]



Je me demande parfois à quoi sert de continuer de me battre avec 437 euros par mois. Je me suis construit une bonne estime de moi, quasi indestructible. Je n’ai de ce fait, rien à prouver à quiconque. J’existe par moi-même en tant qu’individu autonome et adulte, je me suffis. Devenu orphelin par le passage du temps, je suis devenu l’unique responsable de mon destin.

Il m’apparait parfois comme une certitude que ce destin n’a aucune espèce d’importance. Je ne suis pas mégalomane au point de croire que le monde sans moi serait moins intéressant. Si j’ai conscience de ma propre valeur, elle n’a de sens que et uniquement pour moi-même. Le reste est illusoire.

Je me fais à l’idée que je ne compte pour personne, que ma disparition, si elle avait lieu, perturberait quelques vies, quelques jours, peut-être mais guère plus. Je ne suis indispensable qu’à moi-même et j’ai chaque jour clairement conscience de ma propre incongruité sociale.

Dans cette société que nous avons construite, c’est bien la situation économique qui entraîne tout le reste. Parce que le RSA ne permet tout simplement pas de vivre, il finit par marquer au plus profond de ses récipiendaires, leur propre inutilité en tant que bouches à nourrir.

En n’accordant à chacun des délaissés de l’emploi qu’une somme ridicule, c’est la société toute entière qui leur envoie le message qu’ils sont des passagers surnuméraires, des clandestins voire des parasites. Un excédent de main d’œuvre. Un "trop" dont on ne sait que faire.

Si tu ne produis rien, tu n’es rien.

À la recherche d’un rôle qu’on pourrait t’accorder dans la pièce en train de se jouer, tu deviens comme un intermittent de l’existence. Tu n'es plus invité pour les sorties, on ne compte plus sur toi pour les festivités. Tu descends peu à peu les marches de la condition sociale. Il n’y a pas de tapis rouge, pas de photographes, il n’y a personne pour immortaliser l’instant dans sa durée.

C’est que pour être quelqu’un sur scène, il faut participer au jeu.

Dans cette société que nous avons construite, la position sociale est définie par ce que tu possèdes et ce que tu achètes. Acquérir des objets, effectuer des dépenses, soutenir l’industrie de l’entertainment et de la joie pour tous, aller manger au restaurant, affirmer ta personnalité par l’appropriation des biens de consommation.

Pris au piège au bas d’une l’échelle sociale dont on a graissé les barreaux, c’est épuisant de croire qu’on pourrait remonter. C’est épuisant de croire que je pourrais remonter. Même les plus enthousiastes des rats de laboratoire finissent par ne plus faire tourner la roue dans laquelle on les insère. Ils finissent par se lasser de l’expérience de la roue elle-même…


Nota-benêt : vivre au RSA consiste essentiellement
à constater l'impossibilité de vivre,
même et surtout si l'on aime vivre.

[Source image *]

dimanche 15 avril 2012

Du travail [Quoi ! Encore ?]




Au bout d'un moment, on te sort du système. On t’évince du peuple des sous-humains, tu n'es même plus un chien, tu es devenu l'ombre de ce chien. Tu n'as été choisi pour aucun travail donc on te punit en abaissant ta capacité financière. Le but est de te faire réagir. Ce n'est pas de la torture sociale, c'est une sorte d'expérience en cours sur les capacités de l'humanité à améliorer ses performances par la stimulation de l'ardeur au travail.





Illustration : bureau du chômage aux Etats-Unis*

samedi 19 novembre 2011

Sans travail [le progrès !]




C'est vers 1850 que ça a commencé*. On a appelé ça l'industrialisation. De grandes usines capables de produire des tonnes de machins et bien évidemment, il a fallu des bras pour faire marcher les machines. Les fils qui ne voulaient pas faire comme papa, suer sang et eaux pour produire du blé sans rien gagner, sont partis pour la ville, s'engager dans la société moderne.

Des horaires fixes, la paie garantie à la fin du mois, un logement* fourni par la patron, ce n'était pas si mal. Au début.

Plus tard, on a embauché les fils qui ne voulaient pas faire comme papa, suer sang et eaux pour produire des biscuits* sans jamais en croquer, et on les a fait bosser à l'amélioration des machines. Il fallait augmenter la productivité à cause des villes qui devenaient énormes et jamais rassasiées*. Et bien évidemment, il a fallu de moins en moins de bras pour que les machines fonctionnent.

C'est vers 1975 que l'Europe est sortie de la société du travail* pour entrer dans l'ère financière. Avec l'apparition de l'électronique grand public est apparue la possibilité de fabriquer et vendre des tonnes de machins* sans presque d'intervention humaine. Et à bas coup pour générer un chiffre d'affaire confortable.

C'est fini, il n'y aura plus jamais de retour à l'emploi pour tous. Les Trentes Glorieuses* et l'ère industrielle sont derrière nous. Notre société a déjà muté vers autre chose. Elle génère plus de richesse qu'elle n'en a jamais rêvées et une quinzaine de pour cent de la population ne sert plus à cette production.


Mais ils ne sont pas exclus du système, ils en sont le résultat.


Nota benêt : une publicité disait
que le progrès ne vaut
que s'il est partagé par tous.
Alors, pourquoi les chômeurs
seraient-ils seuls
à en profiter ?


Illustration : Usine Catin (année non précisée*)
 

dimanche 28 mars 2010

L'emploi [Ça me travaille…]


[source]



Quand Alain nous a appris son licenciement, nous avons tous eu du mal à le croire. Il était tellement passionné par son travail, tellement investi dans la réussite de son entreprise. Il ne comptait d'ailleurs pas ses heures malgré une rémunération à peine suffisante pour joindre les deux bouts. Quand nous l'encouragions à négocier une augmentation, il nous disait : «Ce n'est pas comme ça qu'il faut raisonner. Ce que je fais, c'est un investissement sur l'avenir». Il était certain que si la boîte passait cette période difficile, ses patrons lui montreraient de la reconnaissance. Au lieu de cela, il a été remercié et il lui ont montré la porte.

En réalité, son poste a été déplacé en Asie. Là-bas, pour l'équivalent de son salaire, ils emploient une bonne vingtaine de personnes. Les prix de vente ont à peine baissé et même sans sa formation ni son expérience, vous imaginez la rentabilité.

Le service de l'emploi a bien fait son boulot. Il ont aidé Alain à peaufiner son CV, lui ont appris à bien se présenter. Il suffit parait-il de savoir se vendre pour décrocher un job. Il lui ont offert un tas de formations très impressionnantes. Il lui ont même appris à bien plier une feuille A4 en trois partie pour que sa lettre de motivation fasse bonne figure.

Ils lui ont enseigné comment passer un entretien d'embauche et comment éluder les questions gênantes à propos des trous de plusieurs mois dans son chemin de vie. Il lui ont filé toutes les ficelles pour embobiner un recruteur, il devait mieux mettre en œuvre son capital séduction envers les employeurs.

Et dix-huit mois plus tard, Alain en est toujours à guetter les annonces. Les journaux gratuits, le bureau de chômage et même sur internet, il répond à chacune. Ce n'est quand même pas possible qu'il ne trouve rien. Il ne doit pas faire suffisamment d'efforts, ne pas suivre les conseils qu'on lui a prodigués. Ça doit venir de lui. je me demande s'il veut vraiment re-travailler. Dans le fond, c'est peut-être bien un fainéant, Alain…


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Nota Bene : besoin d'un web rédacteur sur Bruxelles ?


mardi 17 février 2009

At home [le blues du logis !]


Caroline et Charles Ingalls [source]

C'est insupportable pour celui qui reste chez lui parce que tout le monde, la majorité autour de lui se lève, court, va quelque part et revient fatigué de mystère. La femme qui est au chomage depuis trop longtemps ou le gars qui reste à la maison pour s'occuper des gosses assistent ensemble au spectacle des autres vies.

Ils s'imaginent que les gens qui travaillent vivent des instants formidables, réalisent un destin passionnant et surtout, disposent d'une vie sociale. Tandis qu'elle ou lui reste là avec cette sorte de routine qui s'installe à petits pas : le ménage toujours dans le même ordre [en écoutant Sophie Davant papoter en seize neuvième] puis vers 10h30 commencer à penser au déjeuner, 11h35 l'arrivée des petits, … Les heures défilent dans une sorte de nostalgie de quelque chose qu'ils n'ont de toute façon jamais connu.

On imagine toujours que l'herbe est plus verte ailleurs, surtout si la majorité des chevaux y broutent déjà !!!

Cette article est né d'une réaction à l'excellent article de Dorham