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mardi 22 octobre 2024

Dans l'Ordre [en vrac !] - Chronique

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En Nouvelle-Calédonie, ce sont les natifs du coin qui trouvent que les blancs expatriés font un peu trop comme si c'était chez eux. L'État Français leur a envoyé les gendarmes pour leur rappeler qui décide de l'ordre tel qu'il doit être.

Ça n'est pas très différent d'Israël qui fait un peu trop comme si c'était chez elle surtout quand c'est chez le voisin et que le voisin gueule un peu trop fort. Ils ont pas mal de gendarmes et de militaires. Ils s'entrainent tout le temps.

En Martinique, ce sont des gens qui trouvent que la quantité de nourriture qu'ils peuvent acheter avec l'argent qu'on leur donne est largement insuffisante. L'État Français leur a envoyé les gendarmes pour leur rappeler que c'est le libre marché.

Ça n'est pas très différent de la manière dont on a géré les #GiletsJaunes quand ils ont hurlé qu'ils ne s'en sortent pas avec le peu d'argent qu'on leur donne. Avec et sans travail réunis dans la même misère. L'État Français leur a envoyé ses forces pour leur rappeler qui décide de l'ordre tel qu'il doit être.

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Nota Benêt : par ici, Macron vole le résultat des élections
puis on découvre qu'il a vidé toutes les caisses,
qu'il nous l'a caché et
toujours aucun incendie.

mercredi 17 novembre 2021

La recherche [Frodon !]


Ron Mueck autoportrait de l'artiste,
"Mask II", 2001. Matériaux divers. Anthony d’Offay, Londres.
(RON MUECK / PHOTO COURTESY ANTHONY D’OFFAY, LONDRES)



Je crois que je vais devenir comme une pierre et me laisser couler. Vivre froid comme un caillou et accepter de glisser. Descendre, lâcher prise, abandonner le combat et me reclure. Je crois que j'ai épuisé le stock d'espoir, vous voyez ? J'ai cessé de croire à cette fiction qui consiste à rechercher un travail qui n'existe pas et à prétendre que ce serait là «vivre sa vie».


 
Je me sens vraiment usé de tout, ne sachant si cette humeur, entre gris clair et gris foncé, est le résultat de la météo de cette saison moche, qui devrait être interdite, ou simplement à une fatigue générale de l'existence.

 C'est que je me bats en vrai, il ne faut pas croire.
 
Un combat sans victoire, c'est cela qui fatigue.

Je veux bien rester debout à recevoir des coups mais il faudrait penser de temps en temps à m'envoyer de la douceur. Un peu de soutien, des encouragements, une sorte de félicitation d'être un bon chômeur qui respecte les règles. Comme une serviette tiédie où reposer mon visage endolori.



- T'es un bon chien-chien Isidore, il a bien cherché le travail ! Où qu'il est le travail ? Où qu'il est ? Allez cherche, cherche.
À la limite, hormis cette fâcheuse habitude de bêtifier dès qu'on parle à nos amis les chiens, je pense qu'on leur adresse plus gentiment la parole qu'aux chômeurs.



Je suis fatigué d'écrire à des gens qui ne répondent pas.



C'est que je suis devenu pire qu'un poids pour la communauté. Déjà lorsque je travaillais, les patrons se plaignaient du montant exorbitant des salaires. C'est d'être devenus constamment des coûts dans le tableau Excel® du capitalisme qui devrait nous inquiéter. Quoi que nous fassions, nous sommes des excédents. Ça n'aide pas beaucoup à créer une société soucieuse du bien-être des citoyens.


Il va maintenant falloir justifier que je cherche un emploi. En occultant la réalité du «marché du travail» où on compte, selon les statistiques produites par le gouvernement lui-même, un emploi disponible pour treize personnes qui en cherchent. Nous allons devoir justifier de chômer, comme si d'avoir assez de temps disponible pour regarder Slam sur France 3 n'était pas une humiliation suffisante !



Ça n'est pas de contrôler la recherche d'emploi qui est choquante, c'est que la seule action contre le chômage, ce soit une nouvelle fois de punir les privés d'emploi. Cette réforme va faire passer les chômeurs du statut de victime à celui de présumé tricheur.

Cette politique consiste avant tout à mettre dans la lumière des phares, un nouveau bouc émissaire à détester.

 Un peu comme si on décidait de contrôler les SDF pour vérifier qu'ils recherchent bien un toit.

Quels nouveaux moyens vont être accordés à Pôle Emploi pour remplir sa mission ? Je veux dire celle qui consiste à aider la rencontre entre un emploi disponible et un chômeur et pas celle qui va mobiliser tous les moyens disponibles du ministère du travail pour trouver l'aiguille fainéante dans la meule de foin des courageux·ses ?



Pendant qu'on s'en prend aux migrants, pendant qu'on critique acerbement les chômeurs, pendant qu'on cherche les éventuels fraudeurs du système social (pilier de notre République), le président, sa femme, les ministres et tous leurs amis dînent dans les Palais dorés du pays. Ils ne sont pas présumés fraudeurs…


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Nota Benêt :
En 2016, 256 grandes entreprises
de plus de 5.000 salariés se sont partagé
un peu plus de 5 milliards d’euros de CICE
sans contrôle ni justification.