jeudi 4 décembre 2008

Alain Bashung (spectacle vivant !)




Chaque concert d'Alain Bashung est, ces temps-ci, un concert particulier. On sait le mal qui le ronge et même s'il n'en parle pas (pourquoi le ferait-il ?), sa présence physique en porte les stigmates. Les musiciens sont déjà là quand un assistant l'accompagne sur scène jusque la chaise haute sur laquelle il grimpe. Terriblement amaigri, sa pâleur se cache sous des lunettes noires et un chapeau dont il se couvre pour masquer les traitements en cours. On lui tend une guitare dont il se saisit péniblement. Il place ses mains pour le premier accord et avec la musique qui démarre la magie opère et le présent prend place dans la réalité de chaque instant. Celui-là se soigne à la musique, au rock et au partage avec le public. Celui-là vibre du chemin parcouru, du travail accompli pour en extraire quelques pépites. Celui-là vient reprendre vie sur scène. Et c'était hier soir, un instant de vie très particuliers. Imaginez qu'une salle entière interrompe un concert pour d'une voix unanime déclarer sa flamme, imaginez cette communion entre l'artiste et son public au point que ce soit les personnes réunies pour l'entendre qui prennent la parole et, sachant le frisson que cela donne d'y être mêlé, imaginez ce que cela représente d'en être la cible. Il vient ici donner aux autres quelque chose qui passerait par la musique et les mots et il se retrouve lui-même spectateur de ses propres spectateurs. Alain, on t'aime chantait chacune des voix solitaires, Alain on t'aime battait chaque paire de mains individuelle, Alain, on t'aime improvisait la foule tissée de nos personnes.
Je ne sais pas si c'est cela qui agit, cet amour reçu de salle en salle, mais au delà de sa fragilité apparente, Alain Bashung était hier soir un grand monsieur. Des musiciens impeccables, des éclairages léchés au millimètre, une voix qui a retrouvé toute sa puissance, son vibrato et un public grandiose nous ont fabriqué un de ces moments de vie qu'on est heureux d'avoir vécu et partagé


16 commentaires:

  1. C'était bien, beau, grand, fort... une merveille quoi!!

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  2. Mademoiselle Ciguë : j'attends ton compte-rendu et tes photos !!!
    :-)))

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  3. Mesdames, Messieurs,

    Depuis que Poireau est Belge, il tient un blog musical à la place du blog politique.

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  4. Nicolas : j'essaie surtout de tenir un blog ! :-)
    Le prochain article sera politique, tiens !
    Il est déjà écrit sur papier mais je n'ai pas le temps de retravailler à l'écran. Je suis un blogueur lent, moi !
    :-)))

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  5. Tu es surtout un blogueur mal organisé. Fais moi plaisir pour mon anniversaire (en avril) : essaie de taper directement ton texte sur un ordi, même un Mac plutôt que d'utiliser ce que nos ancêtres appelaient un stylo.

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  6. Nicolas : je ne sais pas si mon bureau tiendra dans un tramway ! Chiche que j'essaie !
    :-))

    [En plus, la musique me donne plus d'émotion que la politique en ce moment…].

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  7. Très émouvant ton compte rendu...

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  8. Pourquoi pas de la musique entre deux billets billets politiques (ou trois)? Je ne connais pas Alain Bashung, mais si j'en juge par votre émotion, c'est un bon.

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  9. Hum.
    Rares sont ces musiciens là. Un vrai rocker, comme un vrai jazzman crève au milieu des siens, envapé, shooté aux notes, jusqu'à la lie.

    Je respecte ça.

    Ton texte est...parfait.

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  10. Elmone : n'hésite pas à y aller, Alain Bashung est vraiment bien sur scène. C'était ma cinquième… !
    :-))

    Balmeyer : merci ! :-))

    Le Coucou : à découvrir d'urgence ! Un bon album pour commencer : Chatterton ! :-)))

    Yibus : merci… :-)

    Dorham : tu as raison d'insister sur son côté musicien, c'est exactement cela !
    Pour parfait j'en doute mais bon… c'est l'émotion du concert qui porte le texte ! :-))

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  11. Poireau,

    non...je dis ce que je pense, fais pas ta mijaurée :)

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  12. Dorham : un défi : tu assistes à un concert de Bashung et tu en fais un compte-rendu. Tu verras, ça ne peut pas être un mauvais texte ! :-))
    (ce que je dis c'est que l'auteur est par définition insatisfait, non ?).

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