À propos du port de la burqa, l'ensemble des débats échoue finalement sur cette question : si c'est le choix de la femme, pourquoi s'y opposer ?
C'est vrai que si, après avoir gagné le droit de choisir son prince charmant sans l'agrément paternel, d'exprimer par son vote une opinion, de décider de sa volonté et du moment opportun pour utiliser sa capacité utérine, de disposer d'un compte bancaire personnel à mettre dans le rouge et de pouvoir librement exposer à tous, ses nichons sur la plage, elle considère comme essentiel de sortir vêtue déguisée en abat-jour, pourquoi nous y opposerions-nous ?
Pour paraphraser Coluche, soulignerons que la burqa, c'est juste moins pratique que les poubelles : il n'y a pas les poignées.
Le féminisme consiste essentiellement à laisser aux femmes, la liberté de vivre comme elles l'entendent. J'adore voir ma compagne, les cuisses gainées de bas sous une jupe relativement courte. Si elle opte pour des jeans, je ne vais pas lui interdire de sortir. Nous n'avons tout de même pas passé ces quarante dernières années à déblayer la position égalitaire de la femme dans notre société, pour que j'en revienne, aujourd'hui, à mes vieux fantasmes costumiers.
Puisqu'il est entendu que nous leur laissons le choix des vêtements et que nous bossons tous ensemble à préserver cette liberté des garde-robes, nous n'avons pas plus de fringues à interdire que de tenue correcte à exiger. Puisqu'il s'agit avant tout, de protéger leur autonomie vestimentaire, notre simple intervention devra être de garantir cette liberté.
Laissons-les elles-mêmes décider de ce qu'elles portent. Occupons-nous simplement de préserver l'expression personnelle de ce choix. Par exemple, chaque femme portant burqa devra conserver avec elle, la facture du dit vêtement. Elle pourra ainsi et à tout moment, démontrer qu'elle l'a réglé en son propre nom et, bien entendu, à partir de son compte bancaire personnel. Nous le savons déjà, l'autonomie des femmes est la meilleure garantie de la liberté religieuse.
