lundi 2 mars 2009

Les victoires de la musique {enfin… presque !]


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Quelques notes à propos des Victoires de la Musique sur France2, ce samedi 27 février 2009


. La soirée des Victoires de la Musique, dès le générique, tu comprends que le compositeur n'a évidemment rien gagné.

. Christophe Maé, si tu fermes les yeux, a la même voix que Gilbert Montagné. Le problème, c'est qu'à un moment, tu es obligé de regarder.

. Alain Bashung a les cheveux qui repoussent.

. Thomas Dutronc a le même talent que son père pour faire, avec très peu d'efforts, beaucoup d'effets…

. Je découvre un nouveau chanteur prénommé Stanislas. Je pense que Stanislas… et nous aussi !

. Pour l'hommage à Jean-Loup Dabadie et à l'impressionnante suite de très grandes chansons qu'il a écrites sur-mesure pour Reggiani, Polnareff ou Julien Clerc, les producteurs de la soirée ont choisi de ressortir du formol une brochette des anciens et anciennes de la Star-Ac®. La séquence commençait par un gros-plan sur la partition posée sur le pupitre d'un des membres de l'orchestre de cordes. Le titre imprimé était "Pot pourri"… [Ils ont finin par "Partir" !].

. J'ai découvert Moriarti dont l'existence ne m'était pas inconnue mais que je n'avais pas encore eu l'occasion, d'écouter.
C'était magnifique. Une chanteuse pulpeuse à souhait dont la limpidité d'interprète, dont l'absence d'effet vocal associé à un physique en chair véritable et en regards de braises vous rend joyeux comme à l'entrée d'un bon repas. Au menu, l'harmonica, la contrebasse, les guitares et l'enrobage des chœurs dont les harmonies vocales ajoutent au sucré qui clôt tout délice qui se respecte. Ils seront bientôt dans ma CD-thèque ou mon mp3.

. Micky Green avait un pull de toutes les couleurs…

. Julien Clerc, par le titre de son dernier album, se demande "Où vont les avions ?". C'est assez idiot dans la mesure où ceux-ci se garent en général près des aéroports.

. Alain Bashung marche presque tout seul.

. Lors du passage de tel ou tel, l'émission proposait en surimpression, une anecdote à propos de l'interprête. Ainsi pour Mademoiselle K. : «A 9 ans, ses parents lui offrent une raquette de tennis. Elle y ajoute une ficelle et s'en fait une guitare.». A mon avis, elle écrit aussi avec une raquette ! [Remarquez, elle chante aussi bien que certaines joueuses sur le court…].

. Quant à Cali, je ne peux rien dire, Mademoiselle Ciguë m'a séché avec sa vanne !

. Pour Alain Bashung, taper 1.

. Damien Saez est un écorché vif comme on n'en voit plus guère sur les plateaux télé où les pseudos rockers se montrent polis et s'assoient où on le leur demande. Il joue de la guitare et cela semble pour lui, une des rares occasions d'ouvrir les poings. Il est une sorte de Ferré qui aurait eu plus tôt l'occasion d'investir la musique électrique. Il en a la révolte peinte au langage d'aujourd'hui…

. Si j'en crois la catégorie «Musique du Monde», la planète est entièrement peuplée de noirs ! Même pas un petit air bavarois ou une belle chanson italienne, pas le moindre asiatique pour représenter l'immensité des habitants autres que français !

. Après la musique d'ascenceur, Berry nous invente la musique d'autoroute. Un truc sans goût particulier qui se répand dans l'habitacle pour les longues transhumances. C'est aussi intéressant qu'une vache dans un pré entraperçue au bord d'une nationale et cela laisse autant de souvenirs après coup, qu'un TGV passé au loin dans le paysage.

. William Baldé est une sorte de Patrick Sébastien des Antilles. Les textes sont tout autant sans intérêt que les mélodies sont obsédantes. Il a pour avantage sur l'imitateur au grand cœur de relever tout cela d'un sourire éclatant et d'une note épicée toujours bienvenue dans ce genre de soirée.

. Si Julien Doré est un artiste contemporain qui a pour démarche de pénétrer à l'intérieur du jeu médiatique pour en moquer les lieux communs et les stéréotypes, il me fait beaucoup rire et m'intéresse. S'il s'avérait, à l'inverse, n'être qu'un simple chanteur en vogue, il serait aussi désolant que Christophe Willem.

. Yaël Naïm doit beaucoup à Apple de l'avoir propulsée au niveau mondial en choisissant l'une de ses chansons pour accompagner la publicité pour le MacBook Air. Elle est belle comme une femme au piano, qualité esthétique à laquelle je suis particulièrement sensible. Je suis par exemple fan de Fiona Apple…

. Spéciale Didier Goux :
A l'occasion de la victoire du meilleur album Dance ou Électronique, nous apprîmes avec étonnement que monsieur Martin Solveig a été promu au rang de Chevalier des Arts et des Lettres en septembre dernier. Nous eûmes ensuite la joie de l'entendre nous interpréter son ode intitulée «beauty false».
[En quoi est-ce un art ? En quoi sont-ce des lettres ? Si l'on écoute les textes d'Alain Bashung (ou des auteurs qu'il sert), il mérite d'être chevaliérisé si ce n'est déjà fait. Martin Solveig pour sa part, tapote sur des claviers de fabrication japonaise en scandant des onomatopées anglo-saxonnes ; il mérite tout au plus, de recevoir un NRJ Music Award !].

. Il existe une catégorie titrée «Victoire de la Musique Urbaine» ! A croire que toutes les autres ne s'écoutent qu'à la campagne ! [C'est Abd El Malik qui l'emporte et il la mérite !].
NB : Gérard Jouannest qui, à ma connaissance, n'a plus fait grand chose depuis que la mort de Jacques Brel l'avait privé de son principal boulot, s'est remis au piano et compose pour Abd El Malik. Ça vaut le coup d'y prêter une oreille, non ?

. A l'inverse, Pep's, que je découvre, est tout de même meilleur quand il chante en anglais. Mon niveau linguistique me permet en général d'échapper à la douloureuse compréhension des paroles [mais que dire alors des bouffons qui viennent raper en rouge et noir sous le nom de Jeanne Mas Sefyu].

L'auteur de cet article tient à remercier vivement et avec émotion, les programmateurs de la soirée sans laquelle il n'aurait pas été possible d'écrire autant de bétises.

. Choix pour l'artiste révélation à l'issue du vote du publique : Sefyu. On est toujours surpris par ses contemporains.

Après ça, tu retrouves le générique digne d'une émission de Michel Drucker et tu mesures combien ceux qui, pourtant au bord du ridicule, ont quand même le mérite d'être arrivés jusque là…

13 commentaires:

  1. Putain ! J'ai bien fait de me lever de bonne heure, vu la liste de liens proposée par Poireau !

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  2. Oulà, non seulement l'article est piquant comme il faut, mais en plus il renvoie vers l'intégralité de la blogosphère !

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  3. Nicolas et Homer : oh oui, j'avais envie de renvoyer à un tas de choses, plus ou moins intéressantes et en rapport (ou pas !) avec les sujets évoqués !
    A mon avis, pour tout visiter, compter la journée !!!

    Homer : peux pas m'empêcher d'être un peu médisant avec le show-bise ! :-))

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  4. Que c'est beau, Poireau! Tu devrais recevoir une victoire de la critique.

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  5. Toi non plus, tu n'aimes pas Christophe Maé ? Mais tu ne m'as toujours pas répondu, il sort d'où ce type ?

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  6. belle abnégation d'avoir sacrifié une soirée pour le plaisir des lecteurs...
    Je vais placer un écho sur le billet parallèle...


    Ici, je découvre Fiona Apple. Et ça me plaît.

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  7. Moriarty, c'est pas mal. Je ne suis pas un grand fan de tous ces nouveaux groupes français qui figurent (tous de façon différente) l'Amérique fantasmée (Moriarty, The Do notamment), c'est juste pas mal fichu.

    En revanche, c'est précisément la chanteuse qui m'agace. Je trouve au contraire qu'elle chante avec beaucoup d'effet, notamment avec une sorte d'accent surjoué du Kansas qui sonne bizarre. Grand guignol. Comme si, mettons, Juliette Greco chantait avec un accent suisse digne de la pub Ovomaltine...

    Mais c'est pas si mal.

    Saez, me fait marrer ce type là, il commence à avoir de la bouteille, depuis sa chanson prépubère où on était tous des cons. Ce mec racle le fond de la cuve du système.

    Un peu comme JF Richet qui a eu un César et qu'on présente comme le mec de cité, ancien ouvrier qui a découvert Eisenstein (comment ? Dans son frigidaire ?).

    Bref, la création française devient une sorte d'oxymore...ça fait froid dans le dos.

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  8. Le Coucou : Merci !!!
    Je devrais surtout écrire plus souvent sur la musique ne général et pas seulement sur ces cérémonies pompeuses ! Là, je regardais surtout pour voir Bashung…
    :-))

    Mademoiselle Ciguë : je ne sais pas d'où sort ce gars ! Maé, c'est pas un pote à Daho ?
    :-))

    Tulipe : bienvenue parmi les fans de Fiona !!!
    En fait pour cette soirée, il est toujours plus amusant de la voir à deux et d'en dire du mal !!! Si ca donne un article drole, alors tant mieux ! :-))

    Dorham : pour la chanteuse de Moriarty, je faisais surtout référence aux chanteuses criardes que les maisons de disques nous proposent à longueur de mp3 comme autant de saucisses. Dans ces chansons, elle se contente de bien placer sa voixsans ajouter tout le tatouin des vocalises !!!
    Pour les nouveaux groupes français, je suis plutôt fan. Je fais référence à cette vague néo-folk avec Cocoon et Moriarty, entre autres. Il ne me semble pas négatif d'inventer un style un peu western même si je regrette le trop peu de textes en français…
    Pour Saez, tu n'as pas tout à fait tort mais Ferré aussi à plus de 70 ans, dans son château italien continuait à pester ! Pourquoi serait-ce noble ici et ridicule ailleurs ? Je laisse la question ouverte !!!
    Pour la création française, je ne sais que dire. Je considère que le cinéma d'auteur est déjà mort dans l'hexagone, les producteurs se contentant pour la plupart d'ersatz de films hollywoodiens. La musique peut peut-être s'en sortir en agrandissant son nombre d'auditeurs potentiels… C'est à suivre !!!
    :-))
    [Dorham : c'est un plaisir de lire tes commentaires détaillés !!!]

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  9. Défaite de la musique ou thérapie de groupe

    Ce qu’il y a de pathologiquement pathétique dans les commémorations industrielles, c’est peut-être le besoin des consommateurs à reconnaître leur rôle de poulets de batterie ou de tests clinique usagers.
    Entre la mise en scène et la mise en abîme.
    Le spectacle de la débâcle ou cette liberté d’expression trop souvent prise en otage par ces vendeurs ambulants de bons sentiments et de contre-culture existant avec un contrat et quelques avances sur profit, cette liberté nous apparaît aussi chorégraphiée que captive.
    La suite ici :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/03/01/defaite-de-la-musique-ou-therapie-de-groupe/

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  10. Et si c'est Christophe Maé qui ferme les yeux, alors c'est VRAIMENT Gilbert Montagné.

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  11. bien vu dites donc, je n'ai pas tout regardé, pas assez patiente, mais c'est tout à fait ça.

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