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vendredi 1 juin 2012

Les générations [No futur !]

 
 
 
C'est parce que leurs parents avaient connu la guerre que la génération de 1968 avait besoin d'un truc puissant pour se fabriquer ses propres rêves. Ils ont pensé basculer le vieux monde cul par dessus tête. Ils ont commencé en retirant les pavés des rues et en dévergondant les filles. Voyant la menace, on leur a fait un peu de place. Et on leur a donné un peu plus la parole. En échange de quelques trucs financiers pour se faire un max de blé, ils ont laissé troqué l'herbe et le patchouli. Ils ont reconverti leur goût du voyage initiatique en concept d'agences de voyage et en ouverture à la mondialisation.
 
C'est parce que leurs parents avaient inventé les Rolling Stones et les Pink Floyd que la génération 78 avait besoin d'un truc sévèrement burné pour électrifier ses propres rêves. Ils ont pensé pisser à la face du vieux monde. Ils ont lancé le riff de guitare sans riff, le morceau sans mélodie et les lendemains sans futur. Voyant leurs crêtes et leurs gesticulations, on leur a fait un peu de place. A condition qu'ils se recoiffent. The punk is not dead, je veux bien mais c'est quand même Jean-Louis David qui fait fortune.
 
Chaque génération semble se nourrir de la nostalgie de la précédente. Nous, on n'a pas connu la guerre. Nous, on n'a pas la chance d'avoir connu Coluche de son vivant. Le «nous on n'a pas» est le terreau sur lequel s'enracine l'avenir du monde.
 
La blague à laquelle vous avez échappé : le no-futur, c'est maintenant !

Image* : le film «Le grand soir» n'a rien à voir avec l'article mais caser Poelevoorde en punk, c'était tentant. A ses côté, Didier Wampas et Albert Dupontel.