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mardi 6 octobre 2009

Le doigt de d.ieu [dans l'œil du cyclone !].


Pique-Nique en face du chantier de construction de l'EPR à Flamanville [source]


Vous souvenez-vous de Tchernobyl, ce charmant village dans son petit coin de nature ? Son club de foot local, sa place de l'église et ses babouchkas assises autour d'un samovar au seuil de
leur datcha ?

Elles y sont toujours même si plus personne ne les salue.
Sur un rayon de quinze kilomètres, ce qui est grosso modo une sacrée distance, il n'y a plus âme qui vive. Toute la population a plié bagages et emporté avec elle, les choses essentielles. Elle a fait les valises, trié l'important du futile et est partie de là.

Nul ne regarde plus aujourd'hui, le sarcophage de béton qui domine le bout de la rue principale, de toute sa carrure. Il est comme une église délaissée et grisâtre, un d.ieu abandonné de tous qui suppure de colère et d'aigreur. Il règne ici encore en maître mais sa puissance ne rayonne plus qu'en vain.

Vous souvenez-vous de Flamanville, ce charmant village dans son écrin de verdure ? Son club de foot local, sa place de l'église, ses mamies assises autour d'une bouteille de calva, au seuil de leur chaumière et sa centrale nucléaire ?

Ici aussi, comme au bon temps du communisme centralisé, on exige toute la puissance du feu sans s'adonner aux sacrifices, sans y consacrer les rites nécessaires. Par manque de moyens, les employés de l'établissement, qui sont un peu comme les prêtres chargés du culte, ont décidé d'exercer leur droit de retrait [d'une bonne quinzaine de kilomètres !].

Et notre journaliste du Monde, n'ayant ni l'âge ni l'aune de connaitre l'histoire du siècle dernier, je suppose et à qui l'on a confié la mission refilé la pige de raconter, depuis son bureau parisien, cette grève pour le moins alarmante, rapporte benoitement les propos de la direction : "Il faut trouver une solution", a-t-elle ajouté, arguant que l'arrêt de la centrale coûtait un million d'euros par jour.

Je me demande encore s'il s'agit d'humour ou d'inconscience…