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lundi 30 mai 2016

Balle au pied




Ils sont étranges ces hommes qui courent le plus vite possible sur l’herbe rase en poussant, à l’aide de leurs pieds, une sphère qu’ils appellent «ballon». Cela ressemble à un concours d’agilité. Le but ultime de la cérémonie serait de passer l’objet roulant au travers d’une porte symbolique matérialisée par deux piquets verticaux reliés d’une barre horizontale en leur sommet.

Ils ont dessiné sur le sol un rectangle et établi l’interdiction absolue d’en sortir avec la sphère. Ils ont tracé d’autres quadrilatères dont certains sont surmontés d’un rond partiel et ont embelli le centre du terrain d’un cercle parfait. Ces signes cabalistiques nous restent obscurs, le possesseur temporaire du ballon et les autres officiants les franchissent sans déclencher de réaction particulière.

D’autres humains s’affairent sur le pré. Ils entreprennent de s’approprier la sphère ou se positionnent de manière à offrir un relais en cas de blocage du porteur. De temps à autre, nous observons que la balle, emportée par la vitesse, s’envole de quelques mètres dans les airs. Ils essaient alors de la contrôler par de petits mouvements de la tête ou de la frapper violemment du crâne mais s’y révèlent plutôt malhabiles.

Un des participants est délégué au seuil de la porte et reçoit le titre de gardien. Pour cette mission de haute importance, lui est conférée l’autorisation inédite d’utiliser ses quatre membres, voire la totalité du corps, pour interdire le passage du ballon. Si cela lui accorde un avantage évident pour se saisir de la sphère au cours d’un épisode aérien, cela s’avère plus hasardeux pour la bloquer parmi la forêt de jambes qui s’empressent de lui faire franchir la porte.

Si l’un des participants réussit cet exercice, nous assistons à de grands débordements de joie qui paraissent gagner les autres membres du groupe par contagion. Aussitôt cette action accomplie, le marqueur se jette sur le sol où il est rejoint par la presque totalité de l’équipe. Certains miment alors l’accouplement, tandis que d’autres se contentent de simples embrassades accompagnées de rictus.

La foule d’humains placée tout autour de l’espace de jeu, vraisemblablement pour se distraire des exploits de ces bipèdes, est à son tour contaminée par la démonstration émotionnelle. Elle remue bruyamment pour accompagner les effusions. Elle crie, vocifère et agite dans l’air quelques morceaux d’étoffes colorées. Bien qu’ayant assisté à de nombreuses cérémonies, nous n’avons pas pu déterminer l’avantage formel que lui procure l’acte des officiants. Nous continuons donc nos observations pour éclaircir ce point.

Chronique écrite pour feu Das Fruhstuk, juillet 2014

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Pour aller plus loin :
La civilisation du football : http://grece-fr.com/?p=1577
Violence et football : analyse historique des lois du jeu http://www.irsv.org/index.php?option=com_content&view=article&id=119%3Aviolence-et-football-analyse-historique-des-lois-du-jeu
Les niveau de conscience dans le sport : http://europsy.org/marc-alain/sport3.html
 
À signaler : la revue Autrement : «Le football dans nos sociétés» (2006)

Photo : Manchester United vs. Arsenal at Old Trafford. October 1967 [source]

vendredi 19 août 2011

La règle d'or [sans les mains !]




Apparemment, Nicolas Sarkozy voudrait qu'on grave dans le marbre :

« il ne faut pas dépenser plus que ce que l'on gagne ».

Il a peut-être un problème et il a besoin d'un aide-mémoire, je ne sais pas. Ou bien il était absent à tous les cours d'économie domestique* à l'école. Une règle d'or ! C'est bien sûr quand l'action baisse que Sarkozy choisit le métal précieux comme refuge !

Le voilà qui court partout en Europe avec son nouveau mot. Après le travailler plus, il a trouvé sa nouvelle incantation, son mantra* pour 2012, la règle d'Or. Non, pas un double décimètre en métal précieux, imbécile, une Loi qui interdirait d'emprunter exagérément. 

Sérieusement, c'est une telle évidence que ce n'est pas utile d'en rajouter*. Ce serait comme exiger d'apposer des pancartes « On ne touche pas le ballon avec les mains » aux abords de tous les terrains de football du pays.

Et puis, je vous rappelle qu'avec notre accord*, la France a signé le Traité de Maastricht* qui intègre déjà ce principe. Ecrit en noir sur blanc, c'est peut-être moins impressionnant, mais on profite d'une marge de trois pour cent ce qui est assez aimable de leur part.

Ce qui m'inquiète c'est que depuis quatre ans qu'il porte le costume, il n'a cessé d'organiser la quiétude fiscale de nos amis les ultras-riches* et que même quand ceux-ci le demandent publiquement et avec insistance, il refuse de les taxer.

En clair, si aucun impôt supplémentaire* ne vient pour rééquilibrer les comptes et qu'on interdit à l'Etat de s'engager dans quelque investissement que ce soit, j'ai comme l'impression que c'est encore les pauvres qui vont trinquer.


Nota benêt : ne pas confondre "double décimètre en métal précieux" et bite en or.


Source image*



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Message de service : à la demande de @Jegoun*, cet article est une improvisation, presque sans retouches.

mercredi 30 mars 2011

Tous ensemble [quinze par quinze…]




Si tu intègres que foot, c'est pied et ball, ballon*, tu peux considérer que tu as compris l'intégralité de ce sport. Il y a bien quelques histoires à propos du hors-jeu mais tu verras qu'à l'usage, que ce n'est pas bien compliqué : l'arbitre siffle, les joueurs protestent, le public vocifère, les commentateurs commentent puis la partie reprend.

Avec un tel niveau de complexité dans le règlement, tu comprends que si on y parle couramment de qualifications, il ne peut en aucun cas s'agir d'un niveau d'étude ou d'un quelconque diplôme en jonglerie du pied gauche*.

Et à côté de ça, tu as le rubgy dont la règle n° 1 énonce que le but du jeu est d'avancer en ne lançant la balle que vers l'arrière. Avoue que, pour un sport, ce n'est pas commun*. Essaie un peu de demander ça à Franck Ribéry, qu'on rigole un peu.

Tu as le droit d'envoyer volontairement le ballon* en touche mais pas directement. Il faut d'abord qu'il rebondisse à l'intérieur des limites du terrain avant d'en sortir. Sauf si le tireur est posté dans ses vingt-deux mètres au moment où il récupère la balle. Si ce n'est pas le cas, l'arbitre revient à l'endroit du coup de pied et ordonne une mêlée avec introduction par l'équipe adverse.

L'ovale de cuir doit être glissé au centre exact de l'arche formée par le corps puissant des joueurs épaule contre l'épaule, la cuisse* tendue par l'effort, les reins vigoureux, la force individuelle s'additionnant à la détermination de l'ensemble. L'équipe qui pousse le plus fort devient propriétaire de l'ovoïde trophée et passe à l'attaque.


Le ballon* passe rapidement de main en main, de joueur en joueur courant au même rythme, les crampons, dans la pelouse, s'enfoncent profond lorsque l'ailier décide violemment de modifier sa course*. Le trois-quart d'en face a bien anticipé et vient de tout son poids le frapper en pleine course, à hauteur de la taille. Le ballon lui échappe et l'adversaire à son tour décide de gagner du terrain. Les quinze se lancent comme un seul homme.


Mais l'arbitre siffle et appelle le joueur* à le rejoindre. Il lui explique la raison de son intervention et lui rappelle que c'est la seconde fois qu'il commet cette faute dangereuse. Il sort son carton jaune. Le gars s'en va, traverse le terrain pour aller s'asseoir sur le banc pour une durée de dix minutes. Nul ne proteste sur la pelouse ou dans le stade, l'arbitre est là pour le respect de la règle ; s'il juge qu'elle a été bafouée, c'est qu'elle l'a été, le jeu reprend.


Il n'y a pas plus collectif que le rugby. Si toi, tu ne te bouges pas, tu ne peux pas compter sur un exploit de l'avant centre pour péter une lucarne à vingt mètres. C'est toute l'équipe et chacun de l'équipe qui doit être solidaire* de la force* commune. Si tu te prends des beignes, tu te relèves parce que tu sais que tes potes ont besoin de toi pour avancer… en lançant la balle vers l'arrière…


Illustration*

jeudi 16 octobre 2008

Allez les verres [et il s'en ressert un !]*


[source]


Putain, les gars, c'est un match de foot, faut arrêter de déconner !
Vous venez de découvrir que la plupart des supporters sont des crétins ?

C'est vrai que ce n'est peut-être pas votre milieu. Vous n'avez pas du en boire souvent des bières à la canette avec les fesses vissées par le froid sur un misérable siège en plastique bleu, vous !
Etant enfants, nous ne fréquentions déjà pas les mêmes écoles.

[tiens, plus tard, je vous raconterai la vie à l'intérieur d'un collège-lycée privé et catholique. Un truc à gotha et à croquer…].

Paris, on t'encule - Mais i sont où, mais i sont OÙ - c'est dans l'ambiance habituelle des stades, mes chers ministres. C'est le même niveau de langage qu'a choisi depuis longtemps notre Président [L'économie française kärchérisée !]. On choisit son camp et on conspue l'adversaire, c'est preque écrit dans les règles du savoir-vivre en foule tel qu'il se pratique dans les arènes de notre territoire.

On imite le singe pour les nègres, on youyoute pour les bougnoules, on charrie un peu leur équipe, quoi ! C'est une sorte de tolérance accordée à ce sport, il me semble.
Bien qu'on n'y tolère pas encore les signes extérieurs nazis…

Je propose que tous ensemble,
on siffle nos banquiers !


*Cette phrase est tirée d'un sketch de Coluche !