En fait, si tu réfléchis bien, le mariage n'a absolument rien à voir avec l'amour.
Un jour, tu croises une coquette qui t'asticote les neurones, le cœur et les bas morceaux. Tu l'abordes, et tu la fais rire. Ce n'est pas difficile, c'est un moment où, par un mystère que la science n'a pas encore élucidé, tu te retrouves avec une moitié de cerveau de Raymond Devos et l'autre de Jean Roucas*. Une vanne sur deux est donc pourrie, au lait, mais comme de son côté elle vient d'atteindre le Q.I. d'une dinde, elle glousse à tous tes jeux de mots, même les plus laids.
Si tout cela fonctionne, si tu ne te montres pas trop empressé, ou alors si parce que parfois il le faut, les femmes* sont compliquées, si tu sais écouter et répondre à sa demande, vous vous retrouvez bientôt tous les deux à manipuler jour après jour, autant de viande qu'un stagiaire* dans une boucherie artisanale !
Ce qu'on peut s'envoyer en l'air dans les premiers temps d'une relation ! C'est à croire que les rencontres, c'est encore le truc le plus efficace contre la migraine* et les sécheresses vaginales. Ou alors en version lectorat féminin : C'est à croire que les rencontres, c'est encore le truc le plus efficace contre le grattage de scrotum et l'éjaculation précoce.
C'est que, même si on habille tout ça d'une jolie culture moderne* et de rites anciens, les couples se choisissent avant tout pour se reproduire. La pilule est une invention bien trop récente pour qu'elle ait pu, déjà, influencer notre instinct primaire. La femelle cherche un inséminateur qui lui garantira de conserver intacte la portée* jusqu'à sa maturité tandis que le mâle cherche à glisser ses gamètes dans tous les endroits - ou pas loin - capables de les amener à germination.
Et dans la plupart des cas, chacun trouve sa chacune et ils vécurent heureux avec tout plein d'enfants*.
Bon mais une fois que les moufflets* ont fini de démouler, on fait quoi ? On continue à partager* le même fauteuil pour suivre la centième nouvelle émission de Michel Drucker ? On feuillette ensemble des dizaines de catalogues à la recherche du camping-car de nos rêves ?
Si l'idée de départ de cette union officielle était de garantir à Monsieur l'exclusivité des ovules de Madame*, aujourd'hui, au temps de l'ADN décrypté, à quoi sert-il de se marier ? Même le concept de perpétuation du patronyme du pater familias* est désormais caduque ! Alors quoi ?
Le divorce ayant dissout tous les rêves d'engagement jusqu'à ce que la mort vous sépare, quel intérêt peut-il y avoir à se déclarer auprès de l'administration* comme partageant vos fluides entre vous et d'un commun accord ? A quoi cela sert-il de mettre l'Autorité au courant de vos épanchement sexuels désormais partagés ?
Et puisqu'il y a déjà les allocations familiales prévues pour t'aider à fournir aux enfants selon leurs besoins, de quel droit des couples mariés profitent-ils d'une fiscalité farcie de privilèges ? De quel mérite l'État les honorent-ils systématiquement ? Les concubins ne sont pas des ménages*, ne fondent pas de famille ?
Cette fiscalité est-elle encore représentative de notre manière commune de vivre ?
Nota benêt : si avec ça je n'ai pas
du troll réac en commentaire,
c'est à désespérer des regretteurs d'hier.
La joulie illustration*

