dimanche 31 mai 2015

La démocratie [je pose ça là…]





La démocratie, telle que nous la pratiquons aujourd'hui est arrivée en fin de course. Il y a d'abord les partis bien en place qui empêchent par leur accaparement des financements publics, tout autant que par la manière dont ils choisissent leurs candidats (la reproduction des élites), toute irruption d'un chien dans le jeu de quilles. Il y a ensuite les industriels et les banquiers qui œuvrent dans la coulisse, qui sont reçus et écoutés au Château et dans les allées du pouvoir, qui signent des amendements prêts à voter pour expliquer et contrer le danger qu'il y aurait à modifier des règles qui leur profitent.

Tu peux bien voter pour A ou pour B, selon tes convictions ou parce que tu auras été séduit par un discours nouveau chantant haut et clair ce que tu reconnais comme tes revendications et tes espoirs d'une société meilleure, ça ne peut rien changer. Puisque A et B sont issus de ces partis qui sont eux-mêmes une pièce du puzzle, qui ne souhaitent pas transformer une organisation qui justifie leur existence. Les partis du système présentent des candidats du système pour maintenir le système.

Il y a enfin, par dessus tout cela, l'Europe. Ce machin si peu démocratique au-dessus des Etats qui les empêche de tenter des expériences, qui érige des normes en dehors desquelles il n'est pas permis d'aller. L'Europe qui impose au long cours de soutenir son libéralisme de naissance puisqu'elle s'est tout d'abord bâtie en tant que marché unique et que cela reste son seul objectif. Son seul ADN héréditaire est le commerce, pas le soutien aux populations. Elle s’affaire à son unique objet : que l'argent circule entre commerçants et nullement à ce que les pauvres puissent se nourrir.

L'Europe enfin qui, même si elle se réformait pour modifier son objectif politique, même si elle décidait finalement de devenir un organe de la représentation du peuple, agit à un tel niveau, à une telle échelle, qu'elle reste matériellement trop éloigné du citoyen. L'Europe, cette dilution excessive de la démocratie* où ton bulletin compte pour une part infinitésimale à la sortie des urnes. La masse du nombre d'électeurs et les règles de la représentation empêchent l'émergence rapide d'une force contradictoire, d'une opposition légitime à cette forme d'Europe.

En construisant cette union européenne supra-nationale, les libéraux ont rendu l'Etat inopérant, étouffé dans ses prérogatives par une cage réglementaire infranchissable et par un contrôle continu de ses finances*. Ils ont dilué l'expression démocratique, imposé comme seuls critères d'appréciation les richesses produites et jamais le bien-être des populations.

Tu crois que j'exagère alors que tu as sous les yeux l'exemple de Syriza*. Comment l'Europe traite ce mouvement légitimement issu des urnes, de la volonté du peuple grec afin de rétablir le pouvoir politique et de s'opposer aux forces de l'argent, comment elle tente d'étouffer chez eux toute velléité de tenir la promesse faite aux électeurs. Il suffit de voir avec l'exemple de Syriza, combien l'Europe s'oppose à ce pouvoir électoral qui est le nôtre pour maintenir vaille que vaille, le système en l'état. Or, il nous faudrait réformer ce système arrivé en fin de course…


Nota benêt : nos élus ne sont plus
nos représentant, ils sont en représentation


[Source de l'image*]
 

vendredi 15 mai 2015

Twitter [et l'évolution ?]




Si j'étais le PDG, je me lancerais dans la création d'un espace de micro-blogging en parallèle et lié à chaque profil Twitter. Ce serait un espace réservé sur lequel épingler certaines tweet story (de soi ou d'autres), qui offrirait de pouvoir recycler des tweets existants et leur offrir une seconde vie.

Evidemment, il sera possible dans ce Twitter-blog, de produire des articles de toute sorte avec l'incrustation de vidéo venues de Periscope ou Vine mais sans exclusive. Twitter offrirait ainsi un peu plus d'air à son système de brèves qui s'essouffle. J'en viens à me dire que c'est cette contrainte des 140 caractères qui étouffe à présent les utilisateurs.

Maintenant que les twittos sont matures, Twitter peut passer à l'étape suivante qui est de transformer le service en centre d'information complet. D'un point de vue économique, Twitter augmenterait sa surface publicitaire disponible et, mieux repéré par les moteurs de recherche, il absorberait un plus grand trafic et donc son audience.

Bien entendu, je ne suis pas PDG. Twitter, si tu me lis…

Source image

dimanche 15 février 2015

La baisse graduelle [coup par coup]

«Dès 1996, un rapport publié dans le Cahier de politique économique de l'Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) faisait les préconisations suivantes pour liquider les services publics : «si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles et aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement. Cela se fait au coup par coup, dans une école et non dans un établissement voisin, de telle sorte qu'on évite un mécontentement général de la population.»
Christian Morrisson «la faisabilité de l'ajustement», cahier de politique économique, n° 13, Centre de développement de l'OCDE, 1996, p. 30 [cité dans «Gouverner par le chaos» éditions Max Milo]

jeudi 12 février 2015

Traité de paix [souffle d'espoir]



Ce qu'est en train de faire François Hollande passe un petit peu inaperçu. Ou, pour le moins, son action n'est pas traitée sous cet angle. Pour comprendre, sortons la De Lorean du garage et retournons à Yalta en 1945, à la conférence de Yalta. Il n'y a rien qui te choque sur cette photo ? Eh ouais ! De Gaulle n'est pas sur le cliché ! C'est que nos amis américains, partis de Normandie pour arriver à Berlin, ils se sont dit : my god, on n'a pas fait tout ça pour rien, ici, c'est chez nous. Avec un bon projet pour la France : devenir un quasi énième état des Etats-Unis.

De Gaulle a piqué une gueulante, on a retrouvé notre grandeur d'antan et tout est rentré dans l'ordre. Le général en a conservé une certaine méfiance. D'où notre force nucléaire et notre indépendance militaire actée en 1966*… jusqu'à ce que Nicolas Sarkozy en 2011 signe notre retour au sein de l'OTAN sous commandement américain. On ne souligne pas assez combien l'ex-président français a couché le pays et trahi notre identité nationale.

Or, François Hollande, plutôt que de suivre la mise sous pression par les USA, a tenté de tendre la main à la Russie. Il n'a pas suivi la volonté américaine de relancer la guerre froide. Il a constamment gardé ouvert le dialogue avec Vladimir Poutine. Il a redonné à la France son rôle d'indépendance sur la scène internationale et je trouve ça bien.

[Pour les trolls et les peine-à-jouir : je ne suis ni pour Poutine ni pour l'Ukraine (aucun des deux ne m'a offert à boire, j'attends). Je sais seulement par expérience que, si la guerre éclatait entre l'Europe et la Russie, ça se terminerait autour d'une table après quelques dizaines de millions de morts. Alors, autant commencer par discuter tout de suite]

Nota benêt : des millions de morts en Europe,
c'est bon pour la croissance !