jeudi 27 mars 2025

L'argent [papier-monnaie !]


 

Pour acheter, par exemple, cette marchandise dans un magasin, je peux l'échanger contre un bout de papier de la même valeur. Mais il faut que ce soit un vrai bout de papier, évidemment.

Tata Josette me dit : elle est bizarre ton histoire.

C'est comme ça que ça marche.
En échange d'une certaine marchandise, tu donnes à quelqu'un quelque chose qui vaut symboliquement la valeur de cette chose.
On a choisi des bouts de papier mais c'est une pure convention.
On pourrait très bien payer avec des plumes d'oiseau ou des brins d'herbe.
Pourvu qu'on soit tous d'accord qu'une plume d'oiseau vaut CECI et que deux brins d'herbe valent CELA, les échangent peuvent se faire.

Ta Josette : et c'est pour ça que les gens veulent tout le temps avoir des papiers ? 

D'une certaine manière oui. Il faut avoir des papiers pour acheter de quoi manger, s'habiller, se laver et ceux qui ont beaucoup de papiers les gardent pour eux.

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vendredi 24 janvier 2025

L'entretien [Le plus souvent possible !]

J’ai passé un entretien hier et c’était un moment très agréable.

Pendant quelques minutes, une vingtaine vraisemblablement, bien que je n’ai pas compté, l’une après l’autre, les secondes qui s’écoulaient, qui s’étiraient, qui s'empilaient. C’était un temps de sortie du chômage, comme un astronaute qui se rend au dehors, dans l’espace. En apesanteur et À L’EXTÉRIEUR du vaisseau.

J’ai été pendant quelques instants considéré comme une personne capable d’apporter quelque chose à la société. Pas cette sorte de rebut social qu’on tient à l’isolement dans la remise et qui coûte trop cher à nourrir*.

On m’a interrogé sur mon parcours, sur mon expérience de la vie. J’ai pu être pendant toute la durée de cet épisode, comme un véritable personnage avec de la profondeur, une histoire. J'ai pu habiter un récit.

J’ai été considéré.

On m'a écouté, on m'a posé des questions, demandé de préciser tel ou tel détail qui dans ma narration semblait peu importante mais qui, dans l'oreille de la personne écoutante, méritait d'être mieux exploré, plus détaillé.

Je ne sais pas si je serai choisi pour ce poste, il reste 40 personnes à candidater pour 10 places à prendre. Il se peut que cet entretien me permette d'accéder à l'emploi, comme on dit dans les ministères. Il se peut tout autant que je sois laissé encore de côté.

Comme une sorte de rebut social qu’on tient à l’isolement dans la remise et qui coûte trop cher à nourrir.

vendredi 20 décembre 2024

La vie [C'est encore loin ?]

Ça va assez moyen à vrai dire. Je suis fatigué parce que je mesure de plus en plus toute la vie que je manque à cause du manque d'argent.
C'est pas qu'être riche rende plus heureux c'est que le manque d'argent est un perpétuel empêchement de la vie.
Ça me rend triste.
J'aimerais être moins conscient de cette réalité.
Mais la drogue coûte beaucoup trop cher.
J'avais l'habitude, dans les périodes de moins bien, je parle ici du passé antérieur, que la vie finisse par redémarrer. Il suffisait de pousser dans une direction pour qu'elle réponde ou finisse par répondre.
Ça ne marchait pas à tous les coups mais ça finissait par marcher.
Et puis, je ne sais pas pourquoi, j'ai comme l'impression que la vie ne veut plus.
Je tente des trucs et rien ne vient.
"Ça" ne répond pas.
"Ça" ne répond plus.
La vie ne semble plus d'accord pour me donner quoique ce soit.
Plus rien ne me transporte.
Je n'aime pas être pauvre à ce point parce que ça m'empêche de vivre.
Or j'aime la vie.
Et le manque de vie éteint l'envie…

dimanche 10 novembre 2024

On va réussir ! [encore ?]

Des tête de cannabis en plein champ

 

C'est quand même bizarre cette manie de continuer à faire des trucs alors qu'on sait que ça ne marche pas.

Par exemple, la lutte contre le trafic de drogues. Depuis plus de 50 ans on enchaîne les plans massifs et les coups de massues et la France est le pays d'Europe où ça fume le plus. Il faudrait peut-être faire une pause et réfléchir à une autre solution, non ?

Tout en soulignant au passage que lutter contre le cannabis est juste un dogme. En tant que substance nocive, elle arrive loin derrière l'alcool et le tabacs qu'on peut acheter légalement à peu près partout.

Ce ne sont pas les hippies qui disent ça, ce sont les médecins, la science. Des gens respectables qu'habituellement on écoute.

La grande majorité des personnes qui fument de l'herbe sont des adultes qui décident eux-mêmes de ce qu'ils font de leur vie. A quel moment, l'État est en droit de décider à leur place et contre la science que c'est interdit ?

Et puis, si on estime le marché de l'herbe qui détend à 3 milliards d'euros par an, pourquoi ne pas la vendre nous-même et récupérer des taxes au passage ? C'est pas comme si on était en train de pressurer tous les services publics pour gratter jusqu'au dernier centime.

La grande majorité des personnes qui fument vont toujours préférer acheter un produit dont ils connaissent la provenance et la qualité. Les trafiquants n'auront plus qu'à se trouver une autre activité.

Au passage, on aura libéré des centaines d'agents de police de ces tâches stupides et on va pouvoir les remettre au service de la population.

Je ne sais pas pourquoi on fait comme si le nouveau-nouveau ministre de l'Intérieur allait réussir là où l'on sait, par l'expérience, qu'il n'y a que la voie de la légalisation pour éteindre les trafics.

Je ne sais pas. Peut-être qu'il n'y pas encore eu assez de morts et qu'on trouve encore décent qu'un énième ministre de l'Ordre vienne nous vendre sa prochaine très belle réussite.


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Nota Benêt : En plus, on va confier à nos agriculteurs la mission
de nous produire une bonne herbe du Terroir, ça va leur redonner le moral.

 

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