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vendredi 20 décembre 2024

La vie [C'est encore loin ?]

Ça va assez moyen à vrai dire. Je suis fatigué parce que je mesure de plus en plus toute la vie que je manque à cause du manque d'argent.
C'est pas qu'être riche rende plus heureux c'est que le manque d'argent est un perpétuel empêchement de la vie.
Ça me rend triste.
J'aimerais être moins conscient de cette réalité.
Mais la drogue coûte beaucoup trop cher.
J'avais l'habitude, dans les périodes de moins bien, je parle ici du passé antérieur, que la vie finisse par redémarrer. Il suffisait de pousser dans une direction pour qu'elle réponde ou finisse par répondre.
Ça ne marchait pas à tous les coups mais ça finissait par marcher.
Et puis, je ne sais pas pourquoi, j'ai comme l'impression que la vie ne veut plus.
Je tente des trucs et rien ne vient.
"Ça" ne répond pas.
"Ça" ne répond plus.
La vie ne semble plus d'accord pour me donner quoique ce soit.
Plus rien ne me transporte.
Je n'aime pas être pauvre à ce point parce que ça m'empêche de vivre.
Or j'aime la vie.
Et le manque de vie éteint l'envie…

samedi 2 avril 2011

A chaque fois [présent !]



J'étais là à chaque fois. Quand je n'allais pas bien, j'ai veillé sur moi-même. Je me suis relevé quand je suis tombé. Parfois, j'avais de l'appui* et parfois, non. J'étais présent à chaque fois.

J'ai partagé tous mes malheurs, versé toutes mes larmes, recollé tous mes morceaux à chaque fois qu'ils furent éparpillés. On se prend de ces déflagrations* ! J'étais là pour les tout premiers soins.

J'ai dévoré tous mes bonheurs, becqueté un par un chaque sourire, je me suis ébloui de tous mes rires, même bien après qu'ils aient perdu leur éclat*. On n'est jamais bien à l'abri des étincelles. J'étais dessous quand ça tombait.

J'ai filé d'en bas des étoiles, baguenaudé dans les pâturages, déçu des Perrette, cassé du pot-au-lait*, j'ai vibré de chacun de mes élans.

Je me suis accompagné partout à chaque instant, je ne me suis pas quitté des yeux. Je me suis touché la peau* des soirs de solitude, je me suis brossé les dents plusieurs fois par jour, j'ai pris soin d'entretenir la machine*.

Ce n'est pas tant que je m'adore à ce point-là. Mais j'ai compris depuis longtemps que la vie* n'est pas un restaurant où l'on vous laisse le choix du menu. Personne ne t'en veux en particulier, mais tu mangeras ce qu'on t'apporte…

mercredi 1 avril 2009

Des jours [et des lendemains !]


[source]


La vie, c'est comme ça. Des jours, ça va, tout roule tellement bien que ta journée se passe sans même qu'un seul instant puisse te rester en mémoire. Un peu de fumée à peine dans un Technicolor.
Des journées merveilleuses où tout arrive à point nommé comme une délicieuse surprise [ou comme «l'homme qui tombe à pic»]. Et le lendemain, tu renverses ton café trop chaud juste après avoir enfilé veste et chemise, le lacet te reste dans la main et la longue enfilade des heures à venir s'annonce crescendo. Tu ne rencontreras que des crétins, tous les ascenseurs se refermeront à ton approche, les escalators de toutes les stations de métro que tu fréquentes seront étrangement en panne et te feront louper ton bus puis arriver après la fermeture de la supérette. Tu n'auras après tout cela même plus assez d'humour pour noter que tu as encore l'électricité dans ton appartement.
Et pourtant, l'humour est une chose essentielle…

samedi 29 décembre 2007

La vie [j'adoOore !]


Pierre Darcel - Les bienfaitrices - Huile sur toile


Moi, j'adore la vie.

En général mais la mienne aussi, bien sûr.

Parce qu'aimer la vie mais pas la sienne, ça n'a pas beaucoup de sens, non ?

Par exemple, admirer sans cesse la vie des voisins, l'existence des people, le destin de la jet-set mais ne pas aimer son propre parcours, ce n'est pas terrible.

Ou alors, passer sa vie, toute sa vie durant à attendre que quelque chose d'autre arrive !

Eh mais vous croyez quoi ? C'est pas marqué Flunch à l'entrée ! c'est pas légumes à volonté et la viande au choix. Ici, c'est la vie, il n'y a pas de menu, il n'y a qu'un plat et si t'aime pas, c'est pareil.

Tu finiras par le manger, même complètement froid.

[pendant que ma mère s'affairait déjà, engoncé de son tablier en tergal fleuri, à faire et à essuyer la vaisselle, je mangeais encore et contre ma propre volonté ce plat que je vomissais déjà intérieurement].

Sauf que c'est chacun son plat. Aucun de nous n'aura la même vie et chacun portera avec lui, la pièce unique de sa destinée.

Je suis né dans le Nord de la France, je mesure un mètre quatre-vingt pour une dizaine de kilos en excès et l'ensemble des événements qui constituent ma vie ne sont arrivés qu'à moi.

Moi, j'adore la vie, la mienne aussi, bien sûr…