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mercredi 21 janvier 2015

Mahomet ! [Oui, je le reconnais !]

                Mahomet quand il est trop stylé pour sortir en boîte.
                                     - Coucou, les filles !


Charlie Hebdo a le droit de caricaturer mais quand même, là, ils exagèrent, ils jettent de l'huile sur le feu. Combien de fois ai-je entendu ce propos répété à l'envi dans tous les médias. Même le pape qui se dit prêt à tabasser celui qui parle mal de sa mère. Ce moment où tu comprends qu'en fait, tendre la joue gauche est une feinte de baston ! Et un peu partout, des musulmans qui brûlent une église sans que personne ne voit bien le rapport. Peut-être que l'église avait insulté leur mère. 

Egorger des journalistes et des otages, enlever des enfants, vendre des femmes et convertir de force, ça n'offense pas le prophète ? Ça n'atteint pas ta foi ? C'est pourtant une sacrée caricature de religion, non ? Mais ce sont les dessins de Charlie qui concentrent ta colère.

On ne peut pas représenter Mahomet, on ne peut pas représenter Mahomet, on ne peut pas représenter Mahomet ! Ce que tu m'irrites à répéter ça. Je vais t'expliquer quelque chose : je suis d'accord avec toi. Ça fait bien chier quand quelqu'un rit d'un truc que tu aimes par dessus tout. Tu t'imagines habiter tranquillement dans le royaume de dieu et tu te rends compte qu'il est peuplé de cartésiens qui caricaturent l'idole. Je sais, c'est désagréable. C'est décevant que tous n'aient pas ta foi et ta ferveur. Ça peut même énerver.

Mais… J'ai juste une question : comment tu sais à quoi il ressemble Mahomet ? Comment reconnais-tu que c'est une caricature de lui s'il n'a pas d'image ? Vas-y, explique-moi, j'attends.
Et tous les médias se lancent dans des débats sur les limites du rire. Comme si la question méritait d'être posée. Pas un ne t'explique que c'est justement dans la capacité à se moquer d'un dieu (qui n'existe pas) qu'on mesure la liberté dont jouit un peuple. On parle beaucoup de la Loi de 1905 en tant que pilier de notre laïcité, c'est oublier un peu vite que l'impact des Lumières n'a pas été que la Révolution de 1789 et le passage par dessus bord de la royauté mais aussi ce moment où nous avons jeté le curé par la fenêtre.

[Ce qui se résume à «Ni dieu, ni maître» mais ce n'est pas là notre sujet.]

C'est parce que nous osons rire des puissants, de ce monde terrestre ou bien d'ailleurs, que nous échappons à la fascination qu'ils pourraient exercer sur nous. Notre faculté de rire d'eux, nous offre de nous évader de leur influence et de leur catastrophisme. La liberté de caricaturer, de blasphémer, est celle qui enclenche toutes les autres.

mardi 27 avril 2010

Jérémy Michalak [genre d'humour…]


Houps, je crois que je me suis trompé de photo [source]



La moitié des interventions de Jérémy Michalak dans l'émission d'Alessandra Sublet sont construites sur la base de video chopées sur internet. On y voit la présentatrice de la télévision d'un pays lointain qui se casse la figure en plein JT ou le journaliste qui n'arrive pas à débiter son texte. J'avoue que le côté video-gag d'internet n'a jamais été pas mon préféré mais je découvre que, pour le prix d'un abonnement à rigolo.com*, tu as un chroniqueur dans «C'est à vous».

Je ne l'aimais déjà pas quand j'ai appris qu'il bossait aussi avec Laurent Ruquier. Le style de l'humour du jeune homme aurait du me mettre la puce à l'oreille. C'est le genre de personne à se moquer du physique de tout le monde mais à se vexer si on lui demande si l'herbe ne le chatouille pas trop sous les bras. Qu'on ne compte donc pas sur lui pour critiquer Nicolas Sarkozy.

Et l'autre moitié des chroniques consistent à se moquer de l'apparence des autres. Par exemple, lorsque Martine Aubry c'est retrouvée coincée en Inde à cause des avions cloués au sol par le volcan, il a écrit cette vanne : «Au moins dans un pays où la vache est sacrée, on sait qu'elle sera bien traitée». C'est vous dire le pourcentage de matière grasse que contiennent ses papiers.

C'est le genre de parisien dont on devine que ça le gène de marcher dans la boue du Loir-et-Cher, à trouver exotique que des gens se lèvent à cinq heures du matin pour traire des animaux et véritablement comiques toutes les sortes de malheurs qui arrivent aux autres. S'il a fait l'école du rire, il peut servir de baromètre pour constater la baisse effective du niveau scolaire. C'en est à tel point que Jean Roucas, à côté de Jérémy Michalak, tu le classes parmi les Mozart® du rire.

Sinon, l'émission elle-même se regarde agréablement, même si tu sens bien que c'est conçu pour n'être écouté que d'un œil. C'est une heure où les gens ont autre chose à faire. L'équipe semble plus impliquée que dans le lénifiant «Grand Journal» d'en face. L'idée de la préparation du repas et d'une sorte de conversation entre amis n'est pas mal. Les cuisinières ont l'air aussi délicieuses que leurs plats [surtout Julie !]. Alessandra est naturelle et d'une beauté à tomber. Elle a l'air parfaitement à l'aise de ceux qui bossent à fond leur dossier avant.

Quel chute énorme, alors, que d'enchaîner un Philippe Gaudin qui revient finement sur l'actualité, un Nicolas Poincaré qui explique, sous couvert de la colère du jour, la géopolitique comme personne et ce Jérémy Michalak à l'humour laborieux.

Un texte moyen, un comédien moyen est capable de te le sauver. Quand Stéphane Guillon n'a pas trouvé l'angle qu'il cherchait où la petite pique qui tue, quand il sent qu'il aurait pu mieux faire [mais qu'il ne sait pas comment], il compense largement par l'interprétation. Mais même un bon comédien face à un texte écrit à la va vite sur un coin de table que veux-tu qu'il invente ? Et Jérémy Michalak débite ça sans même avoir l'air de savoir qu'il existe des notions de rythme dans l'humour, tout en essayant de cacher qu'il n'a pas pris la peine d'apprendre son texte et le lit en grande partie.

Je n'ose pas imaginer par quel moyen il a réussi à entrer à la télé. Ce n'est quand même pas son frère, le rugbyman ? Quoiqu'il en soit, tu te retrouves dans ton canapé, à écouter le seul gars capable de te faire penser au bêbêtes-show avec regrets…


*En ajoutant les liens après l'écriture, je découvre sur sa fiche wikipedia qu'il a monté en parallèle de ses chroniques, un site internet de partage de video. Comme ça, il n'a même pas à chercher les films, les gens les lui apportent directement, cooool !

mercredi 1 avril 2009

Des jours [et des lendemains !]


[source]


La vie, c'est comme ça. Des jours, ça va, tout roule tellement bien que ta journée se passe sans même qu'un seul instant puisse te rester en mémoire. Un peu de fumée à peine dans un Technicolor.
Des journées merveilleuses où tout arrive à point nommé comme une délicieuse surprise [ou comme «l'homme qui tombe à pic»]. Et le lendemain, tu renverses ton café trop chaud juste après avoir enfilé veste et chemise, le lacet te reste dans la main et la longue enfilade des heures à venir s'annonce crescendo. Tu ne rencontreras que des crétins, tous les ascenseurs se refermeront à ton approche, les escalators de toutes les stations de métro que tu fréquentes seront étrangement en panne et te feront louper ton bus puis arriver après la fermeture de la supérette. Tu n'auras après tout cela même plus assez d'humour pour noter que tu as encore l'électricité dans ton appartement.
Et pourtant, l'humour est une chose essentielle…