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jeudi 26 juillet 2012

Les alliés [à l'étranger !]




S'expatrier, c'est te séparer de quelqu'un, sans être fâché ni rien, juste les aléas de la vie. Tu continues à la regarder vivre mais de loin. C'est la même personne mais elle est devenue ton ex. Elle continue d'exister sous tes yeux. Tu vois avec qui elle sort, qui la tente, avec qui elle couche. Tu observes tout cela avec une sorte de gourmandise affadie. La curiosité l'emporte encore un peu sur l'indifférence.

Ta vie continue sur d'autres rails et il s'installe une sorte de détachement. Tu constates avec l'accumulation du temps que ces événements sont assez lointains pour ne pas être tant que cela de ta vie. C'est un peu comme d'arrêter du jour au lendemain de t'intéresser au football. Après quelques années, ils te semblent étranges, les gars qui courent en short après un ballon.

Ils vivent une ferveur qui t'est devenue étrangère. S'il arrive qu'ils gagnent, tu es content pour eux mais ça n'atteint plus jamais l'extase. Ce n'est pas plus grave que d'assister à un spectacle de danse contemporaine sans rien comprendre à la contorsion généralisée à laquelle tu assistes.

Côtoyant le peuple belge, tu constates ce qui les fait différents. L'appellation «ton pays», c'est un peu vidée de sons sens, elle s'est dépassionnée. C'est la même patrie mais elle est devenue ton ex. Elle continue d'exister sous tes yeux d'entomologiste et c'est cette distance acquise qui t'offre une nouvelle liberté de conscience. Ce n'est finalement pas plus grave que de se départir d'une mauvaise habitude.

L'expérience de s'expatrier, c'est commencer à comprendre combien le nationalisme est une sorte de peur viscérale de cette désalié(nation).


J'ai proposé ce texte à Newsring en tant que débat
sur la nature du nationalisme. Je n'ai pas encore reçu de réponse…


Source photo : montage perso de 2 images d'e-bay*