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jeudi 26 juillet 2012

Les alliés [à l'étranger !]




S'expatrier, c'est te séparer de quelqu'un, sans être fâché ni rien, juste les aléas de la vie. Tu continues à la regarder vivre mais de loin. C'est la même personne mais elle est devenue ton ex. Elle continue d'exister sous tes yeux. Tu vois avec qui elle sort, qui la tente, avec qui elle couche. Tu observes tout cela avec une sorte de gourmandise affadie. La curiosité l'emporte encore un peu sur l'indifférence.

Ta vie continue sur d'autres rails et il s'installe une sorte de détachement. Tu constates avec l'accumulation du temps que ces événements sont assez lointains pour ne pas être tant que cela de ta vie. C'est un peu comme d'arrêter du jour au lendemain de t'intéresser au football. Après quelques années, ils te semblent étranges, les gars qui courent en short après un ballon.

Ils vivent une ferveur qui t'est devenue étrangère. S'il arrive qu'ils gagnent, tu es content pour eux mais ça n'atteint plus jamais l'extase. Ce n'est pas plus grave que d'assister à un spectacle de danse contemporaine sans rien comprendre à la contorsion généralisée à laquelle tu assistes.

Côtoyant le peuple belge, tu constates ce qui les fait différents. L'appellation «ton pays», c'est un peu vidée de sons sens, elle s'est dépassionnée. C'est la même patrie mais elle est devenue ton ex. Elle continue d'exister sous tes yeux d'entomologiste et c'est cette distance acquise qui t'offre une nouvelle liberté de conscience. Ce n'est finalement pas plus grave que de se départir d'une mauvaise habitude.

L'expérience de s'expatrier, c'est commencer à comprendre combien le nationalisme est une sorte de peur viscérale de cette désalié(nation).


J'ai proposé ce texte à Newsring en tant que débat
sur la nature du nationalisme. Je n'ai pas encore reçu de réponse…


Source photo : montage perso de 2 images d'e-bay*

mardi 24 avril 2012

La fin [c'est moyen…]




Ce con de Mélenchon aurait fait 18 % au premier tour de la présidentielle, on aurait pu entendre le président-sortant nous débiter tout Lénine et Marx à la guitare. Il aurait invité le Chœurs de l'Armée Rouge en meeting, proposé le retour du défilé militaire pour distraire le peuple laborieux*. Par exemple, pourquoi ne pas mobiliser les troupes pour l'anniversaire du Premier Ouvrier de France ? Oui, c'est la manière dont il promettra de rebaptiser la fonction directrice.


[extrait du discours de remerciement de Nathalie Arthaud] - [Source photo*]

mercredi 15 février 2012

Ton pays [Il n'y en a pas d'autre !]




Dites, il faudrait peut-être arrêter avec vos histoires de valeurs à la con. Comme s'il y avait une France éternelle*, posée au milieu de nulle part, contre laquelle viendrait buter des hordes étrangères et avides. Les premiers magrébins, on les a fait venir ici dans les années 50. Il se trouve qu'on avait dézingué tous les hommes pour vaincre Hitler qui voulait brûler tous nos juifs à nous et tous ceux qui venaient d'arriver.


Illustration : hommage à l'armée d'Afrique*

dimanche 4 décembre 2011

Les faits [L'effet…]



Une fois n'est pas coutume*, je vais recopier un article sur LeSoir.be. Les enfants, si vous lisez ceci, ne le faites pas chez vous, ça peut être très dangereux. Cet article est recopié avec un maximum de sécurité assurée par des professionnels*. Je prends le risque mais c'est que j'en ai besoin pour mon sujet du jour. J'ai pris ce journal, j'aurais prendre n'importe quel autre, c'est un hasard (mais celui-ci est très bien !). Il ne s'agit que de la narration d'un fait divers :

Ixelles : deux adolescents rouent de coups une passante

Rédaction en ligne - samedi 03 décembre 2011, 15:43

Les faits se sont produits samedi matin à Ixelles quand deux mineurs ont agressé une passante qu’ils tentaient de voler. La victime a été rouée de coups de pieds et de poings puis a eu le visage aspergé de spray au poivre. Une patrouille de police qui passait par hasard sur les lieux de l’incident est ensuite intervenue. Les suspects, âgés de 16 et 17 ans, ont été déférés devant le juge de la jeunesse. L’un d’eux est en séjour illégal en Belgique. 

 

Le travail de journaliste n'est pas toujours évident. Il s'agit de rapporter les faits pour que le lecteur se forge une opinion. Il parait qu'il faut absolument rester objectif*. Comme si le journaliste, une fois sa carte de presse en main, n'était plus une personne humaine, comme s'il abandonnait son opinion, ses émotions, son ressenti.

Il arrive que cela échappe même au conscient. Tenez, dans l'article ci-dessus, rien ne vous frappe ? La dame a été agressée en pleine rue, ce qui n'est pas très cordial, nous sommes d'accord*. Mais relisez surtout la dernière phrase. Voilà.


Pouvez-vous m'expliquer le lien factuel qui existe entre la possibilité que l'un des agresseurs ne soit pas en possession de papiers* officiels et les actes commis sur la passante ? Est-ce qu'il existe une logique selon laquelle l'absence de titre de séjour transforme les gens en personne, pour le moins, dépourvue d'empathie ? Si oui, il est urgent messieurs-dames d'accélérer les régularisations, nous courons actuellement en très grand danger.


Mais, si cette théorie est exacte, son contraire* ne peut donc que l'être lui aussi : posséder d'une pièce d'identité offre magiquement aux individus une sorte de paix intérieure. N'avez-vous jamais entendu parler des bienfaits de la citoyenneté ?


Maintenant, modifions de nous mêmes, la chute de ce texte :

Les faits se sont produits samedi matin à Ixelles quand deux mineurs ont agressé une passante qu’ils tentaient de voler. La victime a été rouée de coups de pieds et de poings puis a eu le visage aspergé de spray au poivre. Une patrouille de police qui passait par hasard sur les lieux de l’incident est ensuite intervenue. Les suspects, âgés de 16 et 17 ans, ont été déférés devant le juge de la jeunesse. L’un d’eux était apprenti-coiffeur.

 

Devons-nous décider de nous méfier des capilliculteurs ? Et qu'en est-il des shampouineuses*, sont-elles également dangereuses ? Vous pouvez essayer avec autant de variantes qu'il vous plaira, c'est très distrayant. Par exemple : « Les deux suspects ont été déferrés. L'un deux est un célèbre journaliste », ça marche aussi. Vous voyez comme il suffit de peu de choses, un rien de bruit médiatique pour ré-orienter facilement votre manière de penser ?  

Illustration : A Maka, près de Liège, les derniers forgeurs d'opinion*.

dimanche 8 novembre 2009

L'important [C'est la classe !].


[source]


L'important, tu vois, ce n'est pas tellement que tu aies perdu ton boulot cette année. Nous sommes bien conscient de ta souffrance et des difficultés que tu éprouves à boucler tes fins de mois. Nous en parlons souvent, crois-nous.

Non, le problème qui nous intéresse aujourd'hui, c'est de savoir comment tu vis cela dans ton identité française. Il nous importe qu'en tant que chômeur tricolore, tu te sentes bien dans ta Nation. Il est essentiel pour nous qu'en tant que pauvre, tu sois fier d'être français…


samedi 31 octobre 2009

Sarkozy en campagne [depuis l'Elysée !]


Coloriage : des fermiers [source]


Le Grand Paris,

La suppression d'un nombre important des tribunaux de grande instance,
La réduction d'une multitude d'élus au niveau régional et cantonal,
Le changement de plaque minéralogique de nos voitures qui atténue la visibilité du numéro du département d'où nous venons,
Le redécoupage électoral qui donne moins de députés à nos campagnes,
La fermeture des services hospitaliers locaux par faute d'une trop faible fréquentations,
La disparition lancinante des bureaux de poste et des bistrots,

Toutes ces mesures, prises par un gouvernement et une assemblée nationale que Nicolas Sarkozy mène à la baguette, démontrent qu'il est un homme uniquement urbain. Débarqué depuis les beaux quartiers de Neuilly-sur-Seine pour atteindre le Palais de l'Elysée, il réside dans une aile du château de Versailles. Quand il part en vacances [c'est à dire très souvent], il file en hélicoptère se réfugier dans la villa de sa belle-famille sur la Côte d'Azur.

Il ne connait pas concrètement le pays dont il a été élu président, il n'en a pas la terre collée aux semelles. Peut-être juste quelques fibres des moquettes épaisses des résidences de la République. Quand il visite une usine, on lui présente des figurants dont il sert la main en souriant avant que de reprendre le chemin de tapis rouge prévu à cet effet.
Ce qu'il sait de la France, il le prend dans les livres et les tableaux d'Excel® que d'autres lui présentent.

Tiens ! Le nombre d'accidents de voitures a encore baissé à Orléans ? Hop ! On ferme le service de chirurgie lourde, ils n'avaient qu'à penser à rouler bourrés, à agir raisonnablement comme les bretons qui sont une population tout à fait alcoolique mais parfaitement bien soignée !

A nos paysans que le marché contraint de vendre à perte*, Nicolas Sarkozy réchauffe un discours au micro-onde. Un peu comme cette vieille pizza qui reste à se couvrir de givre et que personne ne choisit jamais,
le texte est resté durant dix mois au congélateur, avant d'en ressortir. Une manière assez désobligeante de recevoir les convives de la nation.

A moins qu'il n'ait pensé que ce serait bien assez pour ces gens-là.

C'est ce même Nicolas Sarkozy qui viendrait nous demander d'être plus patriote ? De chanter plus souvent notre fierté nationale,
à toute heure du jour et de la nuit, allons enfants de la prairie et que ton règne advienne ? Le gars qui s'acharne à détruire la solidarité nationale que nous nous étions construite, le type qui déchire notre tissus social et qui traite nos régions comme autant de bassins industriels ?

Il me semblait pourtant qu'être français, c'était d'abord être républicain…


*
Un libéral, avec ou sans poil dans les oreilles, peut-il m'expliquer s'il est logique, dans un système d'échanges économiques, que ce soit l'acheteur qui fixe le prix de la marchandise ?!?

mardi 19 août 2008

Les gagnants [de l'argent ?]

Tiens, Monsieur Poireau revient !


Le billet de 10 yuans en circulation pour les JO [source]


Les jeux olympiques, si tu retires les éliminatoires, les ralentis et les interviews, en tout, ça dure deux heures et trente deux minutes. Et encore, uniquement parce qu'on est obligé d'attendre les derniers marathoniens qui trainent en route avant de cloturer la cérémonie.

Sérieusement, si c'est pour entendre la joie du vainqueur ou voir la déception du dépité d'argent, on peut très bien se passer des sportifs au micro.

Oui, c'est dur, le haut niveau. Mais si nous le savons déjà, nous n'ignorons pas non plus que ces filles et ces garçons vivent un petit peu tous les jours leur passion pour les choses du corps. Comment ça saute haut et loin, comment ça court plus vite, comment ça tient en l'air ces grosses barres en fer. Au point que tous en sont à se décarcasser, au sens littéral du terme. Tandis que d'autres cumulent avec une aide précieuse à la recherche en pharmacologie.

Ce qu'il faut avant tout supprimer, c'est la séance de remise des médailles avec hymne officiel et la main sur le cœur ou la petite larme à l'œil pour les plus émotifs. Quelqu'un peut-il m'expliquer le rapport avec une activité sportive ? En quoi la nationalité d'un athlète lui donne-t-elle de meilleurs résultats ? Ou bien existe-t-il une compétition parallèle de la plus belle musique nationale ?

[alors que bien entendu, la marseillaise est imbattable !].

Rien que les chinois qui, d'après Nicolas Sarkozy, dont on peut supposer qu'il sait compter, représentent le quart de l'humanité. Ils ont donc statistiquement plus de chance d'élever un champion que Malte ou le Lichtenstein, il n'y a pas de quoi pavoiser. A la limite, je me demande si quarante-trois médailles d'or pour un milliard quatre cents millions d'habitants, ce n'est pas un tantinet faiblard, à la limite du ridicule. Ils ne sont pas un peu nuls ces pékinois ?

A ce propos, je trouve que le coup d'aider la Géorgie à occuper un peu les russes pendant les jeux olympiques était un plan terriblement machiavélique pour gagner des médailles à leur place. Pendant que la planète entière s'acharne à compéter, remplacer le sport par un conflit armé, quelle riche idée !