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jeudi 28 avril 2011

La gardienne


Gardienne des moutons
qui attendent le retour
de mes nocturnes transhumances

Loupiote des nuits blanches
veilleuse des sommeils
aux heures déchirées de béances

Ouvreuse des corridors
aux chaleurs carnivores
Coroles alanguies des opercules

Parcourus de coudées franches
le ventre des poissons la tanche,
dont le reflet franchit l'eau qui recule

Comme il me vient une profonde soif,
elle porte une peau de textile
tissé d'un océan d'eau douce…

Le macramé de son langage
l'alambic de mes ivresses
le grain de vanille, la gousse

La berge des rivières
De ses lèvres de pierres
nous recueille

Un vol de libellule
La clairvoie du tule
et l'envers des feuilles
comme le secret des arbres…




Photo de Allybeag*

mardi 4 mai 2010

Voix de tête [entêtée !]


source tanyaevans5



Mes connections intersynaptiques forment un langage multipolaire

J'égorge des silences dotés d'une lumière ambigüe

Ma voix de tête entêtée s'était tue

Figée d'hiver


Des fagots de phrases entament une danse solaire

Une boue noire de mots éclot à tombeaux ouverts

Buissons, broussaille

Au printemps découverts
Je tressaille

Je craque la croute
Je bondis et j'explose
Le bric à brac des alambiques
Je frémis et je glose
Sur le bonheur des portes d'être closes…

samedi 21 novembre 2009

Vie d'escales


[source]

Toute une vie d'escales
Et de tout petits départs
Partir, c'est mourir un peu
De toutes petites morts.

Des matins au hasard
J'ai sauté l'inconnue
Avec ou sans filet
Au hasard, quel bazar !

La vie des ricochets
Sur la surface des lacs
Tandis que plus profondément,
L'écho d'un rebond de caillou
Comme dans l'air qui claque
Au baiser des amants,

Ti amo, I love you
Les bateaux, les guiboles
Les avions, les bagnoles
Tous les moyens civilisés
Et l'escampette lyophilisée.

Des matins de hasard
Tous les taxis, les gares
Avec ou sans filet
Au hasard, quel bazar !

Toute une vie d'aventures
Le cirque, la mise en scène
On peaufine l'éclairage
Pour paraître à son aise
On ressert le cadrage
Au meilleur de la baise
Toute une vie, balèze !
Sans remplir les balasts
Toute une vie, c'est vaste
Ni GPS, ni repérage

La vie des ricochets
A la surface des lacs
Tandis qu'aux profondeurs
L'écho d'un rebond de caillou
Comme dans l'air qui claque
S'entend longtemps avec lenteur
Je t'aime, I love you…


[Poème d'avril 2009. Je pensais l'avoir déjà diffusé mais je n'en trouve plus trace !]

lundi 20 octobre 2008

Les pleines nuits [souvenirs du futur]


[source]

C'est à cause de nos mémoires qui ne sont pas suffisamment durables. Il faudrait pouvoir se souvenir de comment c'était quand on s'aimait et qu'on se touchait la peau. La pleine nuit d'alors qui brillait d'épidermes, des sourires qu'on devinait naissants dans la pénombre, des frolements, des caresses, des départs en chute libre et l'invention de la troisième dimension dans toute son épaisseur.

Retrouver ses ambitions de minaret, de cathédrales, ses fiertés charnelles de phalocrate, restaurer l'apétit de la chair et la douceur des morsures.
Mais tout s'efface, poussière de la poussière dans le recoin d'un tunnel où il y a plus d'espace libre que d'habitants.
Reprendre le cheminement des découvertes, la pas du pélerin, l'Amérique et l'Asie, le route de la soie, le chemin des épices, les senteurs et les parfums, la beauté des tissus nouvellement portés, plonger à pleines mains dans les textiles...

lundi 6 octobre 2008

La reprise [un volet !]


Tant de fois échoué

J'ai joué des dissonnances
Averti les serins
Des meurtrissures à l'avance
J'ai rompu des reins
Usé des genoux
Et ça recommence

Le manège a repris
Un cheval, des licols
L'adhérence des épidermes
Et les soies de son regard
Qui s'abandonnent
Repris le pas de deux
Les yeux dans les yeux
Et les guiboles qui flageolent

Le cœur qui bat la métaphore
Tout un harem en une seule
Les adieux des eunuques
L'instant porté aux nues
Les galops, les cavalcades,
Et comment c'est quand elle rigole
Et comme c'est quand elle sourit

Tout s'ouvre et se transforme
Elle se dévoile et me dénude...

dimanche 14 septembre 2008

Les poissons [air connu !]


[source]

Tes mains plongées dans l'eau fraîche
Jusqu'aux poignets, blanches à travers l'onde.

Ô petit ventre des poissons sur les berges.
Baiser troué dans l'air
Comme un appel des profondeurs
D'un retour aux profondeurs.

Comme des carpes plongées dans le plaisir
A empoigner de l'air
Au regret des phalanges.
Baiser à l'ozone des étés de canicule
Continent noir des marcheurs
Portant en étendard, de sérieux épithètes.

Le bâton à la main
Pour laisser après soi
Les balises, les bagages,
Le balast des chemin de fer blanc.

Ô petit ventre des poissons
Egarés sur les berges
et trouvant de l'air frais…

samedi 22 mars 2008

Les anguilles [jamais on s'en nasse !]

ATTENTION : CE TEXTE EST ACCOMPAGNÉ DE MUSIQUE ET DE CERTAINS LIENS QUI POURRAIENT SURPRENDRE LES PLUS JEUNES.



[source]


J'ai eu mes heures de gloire et mes tableaux d'honneur.
Tout misé pour le rouge sur les tables aux donneurs.


Je ne suis pas passé loin de connaître les sunlights, certains soirs vécus trop près des cendriers.

J'ai commis quelques fautes,
J'ai péché des anguilles, à mains nues, sans filets,
J'ai connu la chair et la vie du latex
J'ai vécu les enfers,
J'ai franchi les plus beaux incendies
qui m'ont brulé les ailes
Au sommet de la grande échelle.

On s'en fout, ça repousse, messieurs dames
On se refait comme qui dirait de la virginité.
On reprend le combat, c'est par ici le bon sens de la marche.

J'ai été sonné sur des rings [va ouvrir, mon cœur !],
Du tocsin aux clairines, résonnez matines,
Je me suis plus d'une fois, fait sonner les cloches.

J'ai plus d'une corde à mon arc,
Dans plusieurs langues, un peu de vocabulaire,
J'aime la linguistique de tous les continents.
J'aime la gymnastique et tout ce boniment.
Je suis resté pendu à ses lèvres jusque tard dans la nuit.

J'ai fait dodo avec des nanas dotées de nénés pas piqués des hannetons tandis que d'autres n'étaient équipées que de tout petits tétons. [c'est écrit pour jouer avec la langue !]

Et malgré tout cela, je n'ai pas d'habitude.
Je reste émerveillé que ces choses puissent arriver.
Je prends comme un miracle un bout de jolie peau qui s'offre,
Me font trembler (dedans) tous les chuchotements,
La pénombre et la caresse,
Les souffles mêlés et l'odeur de la peau.

Un coup d'œil écoulé en contrebande sous des cils policiers.
La prison d'un regard d'où parvient la lumière
La pulpe d'une lèvre pour un sourire offert.
La candeur carnassière de la blanche canine.

Mon expérience m'apprend qu'il n'y a pas d'usure
Que cela reste encore comme au premier moment.

Malgré les acquis aux aguets,
Les ex qui t'ont à l'œil planqué(e)s dans ta mémoire,
Malgré l'âge et le poids des années,
Le faix* que font les ans
Laisse mon cœur tout neuf
A chaque début de page