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jeudi 15 août 2019

J'ai rêvé tout cela [musique de Tom pour Polyglotte

Dans mon jeune temps, j'avais écrit ce poème en alexandrins. Plus tard, alors que j'avais recopié ce poème sur l'un de mes blogs, Tom du groupe Polyglotte m'a contacté pour demander la permission d'en faire une chanson et j'ai bien entendu donné mon accord. Comme ce petit air sympathique ne se trouve plus nulle part en ligne, je me permets de le rediffuser. Vous le trouverez également sur l'album «Blah blah blah» de Polyglotte. 
 
[J'ignore à cette heure si le groupe existe toujours. Comme il faut payer à la Sacem pour recevoir des droits, je n'ai jamais rien touché !]

 

J’ai rêvé tout cela qui n’a jamais eu lieu
Rêvé la promenade et tes élans vers moi
Tes sourires têtus et ta main dans l’émoi
Je l’avoue, j’ai rêvé ton regard et tes yeux
Et leurs feux allumés qui brûleront des mois

Je me suis pris moi-même en mes propres filets
Perdu, noyé, menti en mon imaginaire
Inventé la chanson et son rythme binaire
J’ai chantonné tout seul les paroles, nie-les,
D’un amour entre nous qui n’était que mon air

J’ai rêvé tout cela, voila, je te rassure
Nous savons tous les deux qu’il ne s’est rien passé
Qu’au milieu du réel, il serait déplacé
D’inventer un amour sans début ni cassure
J’ai rêvé tout cela qu’il faudra effacer

Je me suis mis moi-même à croire en mes images
Quelle folie m’a pris et quels tourments me prennent
Je me souviens de nous qu’il faut que je réfrène
J’ai rêvé selon toi et l’ange et le plumage
J’ai donc vécu sans toi cet amour schizophrène

Efface-le, nie-le, j’ai rêvé tout cela
Qui n’a jamais eu lieu et ne viendra jamais
J’ai rêvé pour moi seul que de t’avoir aimée
A quoi bon revenir dedans ces traces-là
Où tu posas la main dessus mon cœur à plat

J’ai rêvé tout cela rassure-toi, n’aie crainte
J’effacerais moi-même en mon cœur tes empreintes…




 

vendredi 4 novembre 2011

L'amour en rose [J'effleure le sujet…]


 

La lumière où elle s'étend
Empêche l'écoulement de l'astre
Comme la peau des prunes
Peut contenir ma soif

L'été qu'en son regard
Elle porte
Tandis que dans leur nid
Ses yeux
Parmi les pétales de cils
Me lancent des nacelles

Ce qui émane de sa féminité
M'enrôle,
Exacerbe ma tectonique
Et libère mes nuages

Je quitte à pas feutrés mes autoroutes
Je délaisse mon train-train
La rectitude des essieux
Pour des chemins de traverse
Où s’écartèle un arc-en-ciel
Unijambiste

Frémissement des landes escarpées
Sa peau s'incurve à mes baisers
Je m'étends bien au delà de mes limites
La mécanique du désir se met en branle
Petit ressorts de mes anguilles
Au temps infini de ses bras

Calligraphie de l'épiderme
Où se rejoignent nos désirs
Pulpe des doigts
Chacun, chacune
Tandis qu'aux chambres secrètes
Soudain s'éveillent la multitude
De nos petites bêtes
Pour le départ des transhumances.

Humaine beauté des déesses
Délice à la surface des miroirs
Où mon souffle dévoile
Le lent parcours des régates
Je la navigue,
Je l'extrapole
............... La nudifie
Dans les reflux

Au rythme lent de ses marées
Je réinvente le ressac*
La mer saline qui se retire
Compose le chant du sable

Elle énumère un alphabet
Dans une autre langue que la mienne
J'apprends l'idiome des broussailles
A mon tour, je babille
Dans le plus simple appareil

Je murmure à son oreille
Le brouhaha du bout des plaines
Par où arrivent mes chevaux

Grand feu de nos cahiers
Incendie du langage
Tel qu'il fut
Abolition de la comptine
De toutes les comptines
Tant que le loup y sera
Permission de démolir
Les bâtiments qui nous connurent

J'invente l'architecture
Octogonale
Elle crée des nasses
Sensitives
Qu'elle tresse avec ses doigts
Surnuméraires

Ce qui émane de sa féminité
Qui me couronne d'acuité
Sur le pourtour des épines
Où je salive mon ouvrage

Elle me nomme dans la nuit
Oublieuse de son rang
Mon patronyme suscité
Elle le ponctue,
Le réitère a l'envi

Le tissu pourpre du plaisir
Où tout se fige
Eternellement
Suspend ses lèvres
Désunies.

Quelque chose au lointain
Mêlé aux brumes de chaleur
Se met en route
Du coin de l'oeil, on aperçoit
Parmi les feuilles et les ramures
L'âme d'un arbre en mouvement

Intime union des racines
La main aux doigts remplis de terre
Malaxe la lourde argile
Gorgée de vie
Plongée secrète de nos coeurs
Où rebondissent les échos
Gravés à même la pierre
Par les anciens energumènes

Ce qui émane de sa féminité
Est comme un dé lancé dans l'herbe

Et qui amène au mouvement
Involontaire de mes lucioles…

____________________________ ( ¨ )
*Variante : ”Je réinvente le ressac des filles“
Mais je ne suis pas très sûr de la valeur
phonétique de ce vers !!!


__________
Article réchauffé du 11 août 2006*. Illustration ajoutée*

lundi 17 octobre 2011

L'auteur [Le lecteur !]




L'auteur n'a que la capacité des mots*. S'il n'a qu'un seul talent qui le différencie parmi les siens, c'est d'être plongé vivant dans le langage. Comme une sorte de liquide amniotique dans lequel il baigne, qui circule en ses vaisseaux, au plus intime de sa chair intérieure. Il en connait ainsi les plus secrètes senteurs, les zones d'ombres.

Il connait le goût* de chacun d'entre eux posé sur la langue, en cherche d'autres dans le langage, il aime le métissé des épices et des herbes.

Il plonge sa plume au liquide alentours, en extrait quelques particules* qu'il assemble. Selon la manière, le verbe change d'allure, il s'étire au calme des saules pleureurs d'une rive alanguie ou s'agite et bouillonne pour la cambrure d'une roche offerte à ses assauts. Les obstacles génèrent autant d'énergie qu'ils en coûtent.

L'auteur assemble la grammaire comme un nez tisse le parfum, en trames successives. Il crée une fragrance par la mêlée des syllabes et du rythme. Les mots à son oreille contiennent leur propre danse, le pas qui les anime pour agiter* le monde. La main sur la cambrure vivante et chaude, mouvante et rude, il remue de l'intérieur.

L'auteur n'a que la capacité des mots. C'est le lecteur qui a de l'imagination… 


Illustration par monsieur Botero, The Reader*

mardi 30 août 2011

Le poème [éphémère…




J'ai écrit un poème magnifique. Il est composé de vers d'une telle finesse que sa rythmique verbale imite le son d'une eau de source qui s'écoule entre les rochers. Par endroit*, le ciel s'y reflète.

Je l'ai pensé en français mais pour chanter le monde, j'y ai semé ici ou là quelques mots de langues exotiques comme le flamand, le polonais* ou le russe. J'avoue y avoir glissé d'un peu d'américain comme on jette une poignée d'étoile pour faire briller les yeux.

Les mots sont tissés de telle sorte que, s'ils sont prononcés à haute voix, ils se répondent et résonnent les uns parmi les autres*. Leur sens accolés s'amplifient, s'additionnent s'extrapolent mais parviennent dans le même temps à se contenir entièrement dans ce léger débordement sonore.

Ses sonnets sont d'une longueur raisonnable. Ils évoquent aussi bien la vie dans sa partie de plein soleil que les douleurs que cette chienne laisse profondément dans nos chairs. Comme dans la magie du vivant* s'y répondent un soleil flamboyant et ceux qu'il pousse à vivre perpétuellement dans l'ombre.
 
Je crois modestement qu'on n'a pas entendu une telle ode depuis longtemps et je porte la fierté de lui avoir donnée vie. Malheureusement, cette prose se termine par l'infinie tristesse de la mort qui est inéluctable. Après avoir décrit toutes les beautés de ce monde, de cette planète et du bienfait d'y avoir séjourné, je tenais à souligner que l'auteur n'est pas naïf. Je ne pouvais que conclure par son horrible fin.

La magnificence du bruit de l'herbe sous le vent. La musique de l'eau claire qui tombe sur un rocher de granit recouvert d'une mousse rendue quasi fluorescente. Le sentiment de cette complétude du corps dans la langueur du désir. Les yeux des enfants, le regard des chats, le goût du vin blanc des rives de Loire, la beauté des lacs en été. La rencontre du vent et de l'épiderme, la pierre* contre la paume, le tremblement d'une pupille adolescente, la chemin froid de la sueur le long de la colonne vertébrale à la fin du concert où ne fut qu'une foule musicale. L'expérience de la légèreté, le temporaire et le durable.

Rien ne dure. Rien ne reste, toute cette histoire n'est que transitoire. Je conserve ainsi ce poème dans ma tête. Certains soirs je me le récite pour moi-même au creux des nuits. Ma langue s'émerveille de ses sonorités, même chuchotées. Toute la beauté* du monde en quelques phrases. Je le révise, je le retravaille parfois, je le complète au gré de mes humeurs.

Et puisque rien ne dure, et puisque rien ne reste, je n'écris ce poème nulle part. Je ne le note sur aucun papier, ne le tape à aucun clavier. Je garde ces vers en moi et je les emporterai…


Image de Andrew Kaiser* empruntée sur Tumblr*

jeudi 28 avril 2011

La gardienne


Gardienne des moutons
qui attendent le retour
de mes nocturnes transhumances

Loupiote des nuits blanches
veilleuse des sommeils
aux heures déchirées de béances

Ouvreuse des corridors
aux chaleurs carnivores
Coroles alanguies des opercules

Parcourus de coudées franches
le ventre des poissons la tanche,
dont le reflet franchit l'eau qui recule

Comme il me vient une profonde soif,
elle porte une peau de textile
tissé d'un océan d'eau douce…

Le macramé de son langage
l'alambic de mes ivresses
le grain de vanille, la gousse

La berge des rivières
De ses lèvres de pierres
nous recueille

Un vol de libellule
La clairvoie du tule
et l'envers des feuilles
comme le secret des arbres…




Photo de Allybeag*

mardi 4 mai 2010

Voix de tête [entêtée !]


source tanyaevans5



Mes connections intersynaptiques forment un langage multipolaire

J'égorge des silences dotés d'une lumière ambigüe

Ma voix de tête entêtée s'était tue

Figée d'hiver


Des fagots de phrases entament une danse solaire

Une boue noire de mots éclot à tombeaux ouverts

Buissons, broussaille

Au printemps découverts
Je tressaille

Je craque la croute
Je bondis et j'explose
Le bric à brac des alambiques
Je frémis et je glose
Sur le bonheur des portes d'être closes…

dimanche 14 septembre 2008

Les poissons [air connu !]


[source]

Tes mains plongées dans l'eau fraîche
Jusqu'aux poignets, blanches à travers l'onde.

Ô petit ventre des poissons sur les berges.
Baiser troué dans l'air
Comme un appel des profondeurs
D'un retour aux profondeurs.

Comme des carpes plongées dans le plaisir
A empoigner de l'air
Au regret des phalanges.
Baiser à l'ozone des étés de canicule
Continent noir des marcheurs
Portant en étendard, de sérieux épithètes.

Le bâton à la main
Pour laisser après soi
Les balises, les bagages,
Le balast des chemin de fer blanc.

Ô petit ventre des poissons
Egarés sur les berges
et trouvant de l'air frais…

jeudi 10 avril 2008

Le marché [l'occasion d'aimer !]

Sur le marché des amours mortes,
Il se vend de vieux bouquets
Restés sans destinataires.
C'est un second marché
On n'y craint ni la dépression,
Ni le marché noir.
Si on y verse des pleurs,
On aime encore les fleurs…

dimanche 30 mars 2008

Ça va [poésie du rangement]


[source]



Le tas des fruits sur le meuble
Le goût du café sans lait ni sucre
Le linge à étendre
La lumière à la fenêtre qui parle des distances
Les draps dans la machine
La poussière des rires dans le ventre de l'aspirateur.

Le temps des horloges
Le chant des oiseaux
Le vide des cendriers et des miroirs
Le mouvement du chat
Qui s'accapare les emplacements
— Ça va, me dis-je, ça va
Avant de rallumer ma cigarette.

L'eau de vaisselle, l'éponge
La crasse s'évacue par la bonde
Et retourne à son monde
Je ne pense à rien, je songe
Aux terreurs, aux terrasses, au tourisme
Aux rails qui énumèrent leur chemin de fer

Je n'ai rien vu venir
Tu as du passer par la sente
Aborder la descente
Par le flanc des collines
Tu as du faire mine
Faire la fausse, la semblante

Les départs, les déserts, le venin liquide de l'absence
Les lèvres à la chair de l'orange
La langue se délecte des agrumes
La tête d'un oreiller de plume,
Ca va me dis-je tandis que je range
Et que ma main, mon clope allume…

samedi 22 mars 2008

Les anguilles [jamais on s'en nasse !]

ATTENTION : CE TEXTE EST ACCOMPAGNÉ DE MUSIQUE ET DE CERTAINS LIENS QUI POURRAIENT SURPRENDRE LES PLUS JEUNES.



[source]


J'ai eu mes heures de gloire et mes tableaux d'honneur.
Tout misé pour le rouge sur les tables aux donneurs.


Je ne suis pas passé loin de connaître les sunlights, certains soirs vécus trop près des cendriers.

J'ai commis quelques fautes,
J'ai péché des anguilles, à mains nues, sans filets,
J'ai connu la chair et la vie du latex
J'ai vécu les enfers,
J'ai franchi les plus beaux incendies
qui m'ont brulé les ailes
Au sommet de la grande échelle.

On s'en fout, ça repousse, messieurs dames
On se refait comme qui dirait de la virginité.
On reprend le combat, c'est par ici le bon sens de la marche.

J'ai été sonné sur des rings [va ouvrir, mon cœur !],
Du tocsin aux clairines, résonnez matines,
Je me suis plus d'une fois, fait sonner les cloches.

J'ai plus d'une corde à mon arc,
Dans plusieurs langues, un peu de vocabulaire,
J'aime la linguistique de tous les continents.
J'aime la gymnastique et tout ce boniment.
Je suis resté pendu à ses lèvres jusque tard dans la nuit.

J'ai fait dodo avec des nanas dotées de nénés pas piqués des hannetons tandis que d'autres n'étaient équipées que de tout petits tétons. [c'est écrit pour jouer avec la langue !]

Et malgré tout cela, je n'ai pas d'habitude.
Je reste émerveillé que ces choses puissent arriver.
Je prends comme un miracle un bout de jolie peau qui s'offre,
Me font trembler (dedans) tous les chuchotements,
La pénombre et la caresse,
Les souffles mêlés et l'odeur de la peau.

Un coup d'œil écoulé en contrebande sous des cils policiers.
La prison d'un regard d'où parvient la lumière
La pulpe d'une lèvre pour un sourire offert.
La candeur carnassière de la blanche canine.

Mon expérience m'apprend qu'il n'y a pas d'usure
Que cela reste encore comme au premier moment.

Malgré les acquis aux aguets,
Les ex qui t'ont à l'œil planqué(e)s dans ta mémoire,
Malgré l'âge et le poids des années,
Le faix* que font les ans
Laisse mon cœur tout neuf
A chaque début de page

jeudi 14 février 2008

Voyelle-Consonne [un monde en couleurs !]

Poème amoureux sans destinataire :



Pendant que je consomme des cendriers
Que se consument les cendrillons
S'avance le bataillon des encriers
Qui m'habillaient de paille

Pendant que je conquiers tes papillons
Que je concourres à ton pistil
Mon pas de danse d'écrivaillon sur cahiers
Trace ses sillons au-dessous de ta taille

Des bananiers dans la campagne
Le blé germé dans la froidure
Soulèvera la terre dure
De sa tectonique de conifère

Pendant que je condamne mes illusions
Que je cautionne les sensations
Que s'amplifie mon sentiment
Nous sautillons dans l'escalier
Nos escarcelles à ras bord de détails…

vendredi 1 février 2008

Tremblement des flammes

Nicolas : ne lit pas, c'est journée poésie [mais ça parle de cul à un moment !]


L'inexorable désir de l'autre.
De la peau d'autoroute.
Des pays traversés dans le lent mouvement des campagnes
et le pied au plancher, le cœur à plus de cent cinquante.

Combien dure une minute ?

Dans des villages ensoleillés, des fougères
Auprès du lavoir à l'eau fraîche accueillante
Retrouver le délicat tremblement
De ta chair d'incendie.

La mie de pain si chaude
Sur la langue fondante
Les saveurs mélangées de la terre et du sel
L'acidité bienheureuse du fromage de chèvre
Quelque chose comme la mémoire du lait.

Bruissements des insectes
Géantement présents
Par mille bourdonnements
Auprès de mon oreille
Ton souffle ému de papillon
Ma caresse à ta croupe dépourvue de textile
Ton épiderme enfin qui me devient tactile.

Tes seins opulescents,
tout gorgés d'une journée de grand air
Ta hanche agite une montagne…

L'inexorable désir d'aimer.
Le tremblement nous manque de la petite vie
A qui dire tous les trucs qu'il faut
tandis qu'on est relation
tandis que l'on fréquente

La dulcinée, la douce, la caline,
Celle dont même le mouvement d'humeur
vous est comme un drap de bonté.
Celle dont le regard des autres hommes
Vous donne envie d'être sitôt
Pour sa présence dans l'alcove.

Celle dont les reins, les fesses,
L'ensemble assemblé de ses chairs
Et dans cet ordre là, qui fut décidé

La composition secrète de ta beauté

Celle qui vous parlant vous décrira
Par la bouche et les yeux,
(La grâce de ta main au milieu du récit)
Le même monde d'ici mais d'une autre manière

Celle dont le je t'aime
T'agite les bocages
Et les marais salants.

Combien dure un silence ?

Avoir été aimé avant, qu'on porte comme un trésor
Pas les petits temples qu'on borde de bougies
Des arcs-en-ciel innovants
De la verdure ici
Qui libère l'escalier
De sa maudite cage.

Le feu que l'on emporte
Précieusement en soi
Afin de ne jamais manquer les flambées
Le petit bois de nos fagots
Eclatant sous la lèche des flammes

Ma hanche invente une clairière
Dans des villages ensoleillés, des fougères
Auprès du lavoir à l'eau fraîche accueillante
Tu seras d'une lumière tremblante
Le jour du premier incendie.…