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vendredi 4 novembre 2011

L'amour en rose [J'effleure le sujet…]


 

La lumière où elle s'étend
Empêche l'écoulement de l'astre
Comme la peau des prunes
Peut contenir ma soif

L'été qu'en son regard
Elle porte
Tandis que dans leur nid
Ses yeux
Parmi les pétales de cils
Me lancent des nacelles

Ce qui émane de sa féminité
M'enrôle,
Exacerbe ma tectonique
Et libère mes nuages

Je quitte à pas feutrés mes autoroutes
Je délaisse mon train-train
La rectitude des essieux
Pour des chemins de traverse
Où s’écartèle un arc-en-ciel
Unijambiste

Frémissement des landes escarpées
Sa peau s'incurve à mes baisers
Je m'étends bien au delà de mes limites
La mécanique du désir se met en branle
Petit ressorts de mes anguilles
Au temps infini de ses bras

Calligraphie de l'épiderme
Où se rejoignent nos désirs
Pulpe des doigts
Chacun, chacune
Tandis qu'aux chambres secrètes
Soudain s'éveillent la multitude
De nos petites bêtes
Pour le départ des transhumances.

Humaine beauté des déesses
Délice à la surface des miroirs
Où mon souffle dévoile
Le lent parcours des régates
Je la navigue,
Je l'extrapole
............... La nudifie
Dans les reflux

Au rythme lent de ses marées
Je réinvente le ressac*
La mer saline qui se retire
Compose le chant du sable

Elle énumère un alphabet
Dans une autre langue que la mienne
J'apprends l'idiome des broussailles
A mon tour, je babille
Dans le plus simple appareil

Je murmure à son oreille
Le brouhaha du bout des plaines
Par où arrivent mes chevaux

Grand feu de nos cahiers
Incendie du langage
Tel qu'il fut
Abolition de la comptine
De toutes les comptines
Tant que le loup y sera
Permission de démolir
Les bâtiments qui nous connurent

J'invente l'architecture
Octogonale
Elle crée des nasses
Sensitives
Qu'elle tresse avec ses doigts
Surnuméraires

Ce qui émane de sa féminité
Qui me couronne d'acuité
Sur le pourtour des épines
Où je salive mon ouvrage

Elle me nomme dans la nuit
Oublieuse de son rang
Mon patronyme suscité
Elle le ponctue,
Le réitère a l'envi

Le tissu pourpre du plaisir
Où tout se fige
Eternellement
Suspend ses lèvres
Désunies.

Quelque chose au lointain
Mêlé aux brumes de chaleur
Se met en route
Du coin de l'oeil, on aperçoit
Parmi les feuilles et les ramures
L'âme d'un arbre en mouvement

Intime union des racines
La main aux doigts remplis de terre
Malaxe la lourde argile
Gorgée de vie
Plongée secrète de nos coeurs
Où rebondissent les échos
Gravés à même la pierre
Par les anciens energumènes

Ce qui émane de sa féminité
Est comme un dé lancé dans l'herbe

Et qui amène au mouvement
Involontaire de mes lucioles…

____________________________ ( ¨ )
*Variante : ”Je réinvente le ressac des filles“
Mais je ne suis pas très sûr de la valeur
phonétique de ce vers !!!


__________
Article réchauffé du 11 août 2006*. Illustration ajoutée*

lundi 11 mai 2009

Pov' con [ta gueule !]


[source]

Vous avez vu comme on fait gaffe sur les blogs à présent ? Plus aucune insulte n'est tolérée. Dès qu'un commentaire s'approche de la ligne jaune, hop, on efface. Evidemment, comme tu es sur blogger, tu t'en fous, tu reçois quand même l'intervention de l'internaute par e-mail. Du coup, ça devient un courrier privé et plus personne ne peut se plaindre.

L'autre jour, j'ai lu dans un commentaire, que quelqu'un associait, dans une phrase assez pauvre en métaphore, Nicolas Sarkozy au mot «connard». Le taulier a immédiatement effacé cet argument avancé sans preuve de crainte de se prendre un procès. Déjà qu'avec la crise ou la politique du gouvernement (on ne sait plus trop), on a du mal à joindre les deux bouts, s'il faut en plus qu'on se paie une armée d'avocats.

Pourtant, j'ai quand même le droit de dire, sur mon lieu d'expression personnelle que Nicolas Sarkozy est un con, non ? Même si je le pense ?

N'est-il pas de tradition française et de la manière la plus joyeusement populaire d'user de l'invective, de verdir le langage en cas de désaccord afin d'en souligner l'outrance ? N'est-il pas d'usage dans notre francophonie, d'aller dans l'exagération afin de caricaturer la victime langagière ?

Evidemment, il y a l'abus de langage amusant et la véritable insulte passible de justice parce que réellement outrageante. Je peux pour rigoler, glisser dans un article de ce blog : «tout de même, force est de constater que Sarkozy est sévèrement burné» [j'ai un humour assez particulier, il est vrai]. Par contre, si pour le ridiculiser, j'écris : «notre Président actuel souffre d'Elephantiasis avancé», cela devient blessant.

Tout est dans l'art de la nuance.



Par contre, je peux sans aucun problème analyser que le retour de la mode du mâle barbu, c'est à cause de l'Islam qui vient tout saloper la joue imberbe de l'Europe, ou affirmer sans gène à la face du monde : les juifs ont des chapeaux ronds.

Et Benoît XVI, si je révélais qu'il était allemand dans sa jeunesse ?

Nota Bene : Monsieur Poireau est lui-même un con sévèrement burné…