mercredi 11 novembre 2009

Error system [il faut reformater !]




Je veux bien reconnaitre les crimes du communisme. Je veux bien admettre que Staline avait parfois les nerfs à fleur de peau. Dès qu'il prenait quelqu'un en froid, il l'envoyait en Sibérie, c'était une sorte de marotte. Qui n'a pas ses petits défauts ?

Il n'empêche que le communisme, sur le papier, c'est une sacrée belle idée. Quarante-quatre mille trois cent citoyens ont besoin d'une voiture neuve ? On décide de fabriquer le nombre exact de véhicules et le tour est joué. Toutes les richesses produites ou existantes sont équitablement réparties entre tous. Chacun reçoit sa part de la collectivité et vit heureux car l'ensemble de ses besoins est parfaitement comblé.

Dans ce système, il faut juste éviter que le poste de responsable en chef ne tombe entre les mains d'un gars plus passionné par la stratégie que par l'accomplissement. Le type qui ne saisit pas exactement la différence qu'il peut y avoir entre une responsabilité importante et un destin personnel. L'homme qui prend pour sa mission, le service que lui a demandé de rendre la communauté.

A jouir ainsi de la position du missionnaire, l'individu finirait par confondre sa bourse avec la richesse collective, à prendre les attributs de la fonction pour les bijoux de la famille et d'exiger bientôt qu'on le traite comme un être particulièrement respectable, une sorte de petit père des peuples. Celui dont tout provient.

Je veux bien admettre que le communisme réel s'était quelque peu écarté du concept. Il a fini par confondre le tous égaux avec le rien ne dépasse. Je veux bien admettre qu'il a commis des crimes. Mais à présent que le mur est tombé, maintenant qu'il ne reste que le meilleur des deux mondes possibles, à qui allons-nous attribuer les morts du système ? Il a quand même bon dos, votre général Hiver, à débarquer tous les ans, accompagné de son armée de maigrichons pour emporter nos SDF…

Ou alors,
c'est la faute
à pas d'chance…

lundi 9 novembre 2009

A table ! [C'est un conseil ?]


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Si tu regardes les publicités pour les yaourts, l'intérieur du ventre se limite à un long tuyau d'intestin. Aucun autre organe à l'horizon, pas un utérus, pas une trompe de Fallope, pas un bout de vagin qui dépasse, non, juste cet unique boyau doté de flèches. Il y a bien parfois des choses qui s'écoulent, des sortes de boules difformes et de couleur ocre foncé, surtout dans la partie du spot qui se passe juste après l'absorption du produit laitier, mais les réalisateurs coupent systématiquement le plan juste avant la fin libératoire. La notion de beauté intérieure est un précepte qu'ils prennent très à cœur.

Ce sont en général des films à destination de la gente féminine. Personnellement, lorsqu'il m'arrive de diner avec l'une de ses représentantes, j'observe combien lui importe de s'en tenir à une alimentation saine et équilibrée. Vous connaissez tous, messieurs, la scène de la commande de la salade mais avec de la vinaigrette servie à part. C'est dès que nous avons le dos tourné, je ne sais pas ce qu'elles s'envoient mais ce n'est, en tout cas, rien de favorable à leur transit. Elles ont tellement l'air d'être tout le temps ballonnées que les industriels, qui ont eux aussi un cœur qui bat sous le portefeuille, ont créée le bifidus.

Depuis, notre vie a quelque peu changé.

Nous mangions du yaourt parce que c'était bon, à présent nous régulons notre transit. Nous nous tapions des pots entiers de fromage blanc et, aujourd'hui, nous préservons notre capital osseux. De la viande pour les protéines, du pinard pour l'effet bénéfique des tanins, cinq fruits-et-légumes-par-jour parce qu'il le faut bien et par-dessus, surtout, nous arrosons d'un litre et demi de vialité par jour [oui, parce que boire de l'eau, c'est ringard !].

En ce moment, pas un écran publicitaire sans qu'on ne me parle de mon bien-être, de mon équilibre et de l'impeccable propreté de ma santé. C'est simple, je n'ai plus tant l'impression de déguster un plat que de suivre un traitement médical. Le moindre aliment se transforme en tableau des apports nutritionnels, additionnés du pourcentage de mes besoins journaliers recommandés, et je me sens soudain moins installé à table que coincé au guichet de la Banque du Grand Capital de la Santé en train d'essayer d'expliquer mes découverts ostentatoires.

Serait-il possible de nous laisser baffrer en paix ? Nous est-il encore permis de faire ripaille ? Qu'on nous accorde la bombance, les agapes et les gueuletons ! Qu'on nous autorise d'enchainer choucroute et mousse au chocolat, cassoulet et banana split sans qu'on vienne nous rappeler tous les principes d'une bonne hygiène alimentaire ! Après tout, ce bien-être dont on me parle, ça ne commencerait pas un tout petit peu par du plaisir ?

[Bon là-dessus,
une bonne clope avec modération
et au lit. Je pense à préserver
la qualité de mon sommeil…].


dimanche 8 novembre 2009

L'important [C'est la classe !].


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L'important, tu vois, ce n'est pas tellement que tu aies perdu ton boulot cette année. Nous sommes bien conscient de ta souffrance et des difficultés que tu éprouves à boucler tes fins de mois. Nous en parlons souvent, crois-nous.

Non, le problème qui nous intéresse aujourd'hui, c'est de savoir comment tu vis cela dans ton identité française. Il nous importe qu'en tant que chômeur tricolore, tu te sentes bien dans ta Nation. Il est essentiel pour nous qu'en tant que pauvre, tu sois fier d'être français…


jeudi 5 novembre 2009

La relance [une réaction ?]

Afin de rétablir notre identité nationale, il est plus que temps de revenir à nos véritables valeurs. Notre patrie, de longue date, s'est toujours nourrie aux deux mamelles du travail et de la famille. Nous mesurons aujourd'hui, devant les chiffres alarmants du chômage combien nous nous sommes fourvoyés.

Il est plus que temps de remettre sur pied le système ancien qui a bâti notre richesse. La France a pu devenir une puissance mondiale grâce à la force des bras de l'homme et la souplesse de l'utérus de la femme. Il est plus que temps de reprendre la pièce où nous l'avions laissé, de relancer le spectacle d'avant. Il est plus que temps que les chômeuses go home*.



Ce jeu de mot vous est offert gracieusement par les établissements Poireau et Cie