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Je veux bien reconnaitre les crimes du communisme. Je veux bien admettre que Staline avait parfois les nerfs à fleur de peau. Dès qu'il prenait quelqu'un en froid, il l'envoyait en Sibérie, c'était une sorte de marotte. Qui n'a pas ses petits défauts ?
Il n'empêche que le communisme, sur le papier, c'est une sacrée belle idée. Quarante-quatre mille trois cent citoyens ont besoin d'une voiture neuve ? On décide de fabriquer le nombre exact de véhicules et le tour est joué. Toutes les richesses produites ou existantes sont équitablement réparties entre tous. Chacun reçoit sa part de la collectivité et vit heureux car l'ensemble de ses besoins est parfaitement comblé.
Dans ce système, il faut juste éviter que le poste de responsable en chef ne tombe entre les mains d'un gars plus passionné par la stratégie que par l'accomplissement. Le type qui ne saisit pas exactement la différence qu'il peut y avoir entre une responsabilité importante et un destin personnel. L'homme qui prend pour sa mission, le service que lui a demandé de rendre la communauté.
A jouir ainsi de la position du missionnaire, l'individu finirait par confondre sa bourse avec la richesse collective, à prendre les attributs de la fonction pour les bijoux de la famille et d'exiger bientôt qu'on le traite comme un être particulièrement respectable, une sorte de petit père des peuples. Celui dont tout provient.
Je veux bien admettre que le communisme réel s'était quelque peu écarté du concept. Il a fini par confondre le tous égaux avec le rien ne dépasse. Je veux bien admettre qu'il a commis des crimes. Mais à présent que le mur est tombé, maintenant qu'il ne reste que le meilleur des deux mondes possibles, à qui allons-nous attribuer les morts du système ? Il a quand même bon dos, votre général Hiver, à débarquer tous les ans, accompagné de son armée de maigrichons pour emporter nos SDF…
Ou alors,
c'est la faute
à pas d'chance…
c'est la faute
à pas d'chance…


