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mercredi 29 octobre 2008

Le parcours [C'est pas si long !]


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Impressions du déménagement :


Passer la nuit, coincé sur l'emplacement du milieu entre les sièges du chauffeur et de la chauffeuse mais dans le froid et les pieds sertis dans le bas du tableau de bord, c'est assez sympa. Il y a moyen de dormir pour qui, comme moi, a la capacité de trouver le sommeil assez facilement. Bien entendu, il ne s'agit que de pioncer en pointillés tandis qu'une partie du cerveau reste tout à fait consciente de la route qui s'étire et des kilomètres qu'on digère.

Les villes défilent qui semblaient pourtant poches sur les cartes routières et les heures s'entassent comme indifférentes à nos efforts pour les franchir.

Il y a parmi le désert sombre de la nuit autoroutière, des oasis de lumière qui vous aveuglent comme les insectes dans les halos trompeurs. Chacun recroquevillé sur son gobelet de boisson bienfaisante à défaut d'être gouteuse, nous mimons bonne figure et bonne humeur tandis que les visages se creusent et s'étirent de fatigue. Les jambes rechignent à se remettre en ordre de marche, renaclent à nous tenir debout, nous marchons un peu voutés des genoux comme des qui trop longtemps se seraient égarés dans le nulle part.

La nuit n'est pas une chose uniforme. Le ciel se meut et la lumière mue constamment, glissant mollement vers le jour suivant dont les premières lueurs s'imiscent vers quatre heures du matin. On gagne en acuité et les nuages reprennent de la blancheur, leurs détails d'épaisseur réapparaissent.

Peu à peu, les cones de lumières retrouvent leur nature de véhicules motorisés et on s'étonne soudain de ne plus être si naufragés que cela. Il en sort de partout et de toutes sortes par les bretelles ou aux gares de péage et qui se pressent à l'assaut du bitume. Cela clignote, cela vrombit, cela avance dare-dare vers son destin lancé à vive allure.

La pluie cingle les valeureux et noie de ses flèches glacées leurs ambitions de capitaines.


Les heures dans leur mollesse emplissent les horloges.

Un camion, trop harassé de son parcours, a choisi de se coucher dans le virage d'accès à l'autoroute. Venu mourir d'épuisement à cet endroit où la route s'ouvre depuis le périphérique parisien vers Metz-Nancy-Lille, nous serons des milliers de véhicules à nous présenter au ralenti face à lui pour un dernier hommage. Magnifique cérémonie de funérailles d'une ampleur telle qu'elle durera deux heures avant que le corps du suicidé soit enlevé.

Je n'ai presque rien vu du trajet entre les deux capitales et ce n'est que sur la rocade bruxelloise que j'ai rouvert les yeux comme au petit matin. Il était quelque chose comme le début de l'après-midi. Il est quasiment impossible de conserver la notion exacte du temps dans ces conditions et, tandis que la vie suit son cours habituel pour l'ensemble des vivants, on se retrouve dans un calendrier parallèle où une journée complète fut absorbée sans qu'on en ait conscience.


Le temps que la police intervienne pour dégager les véhicules stationnés aux emplacements réservés, puis le temps que le monte-charge prévu pour nous éviter les trois étages d'escaliers à angle droit, j'ai enfin pu libérer Pixelle de sa boîte de transport. Sédatée pour le voyage, elle est aussi froissée que nous, le poil désordonné, l'oeil ahuri et la narine aux aguets.

Elle arrive en territoire inconnu, l'appartement étant déjà le logis d'une grosse chatte rousse [mots-clés] auprès de laquelle il est nécessaire de se faire accepter. Après quelques croquettes pour se retaper, les félins se rencontrent. Elles s'observent, grognent, feulent, soufflent, se hérissent de surprise coléreuse. Elles s'évitent soigneusement et gardent leurs distances.

A force de caresses à l'une et l'autre, Pastis et Pixelle s'amadouent. Il faut de la patience et du doigté pour que les chattes acceptent l'intromission de l'inconnue dans leur espace intime. Après quelques heures, elles commencent à se tolérer mais restent distantes, démontrant de la manière la plus sonore leur durable refus d'une plus grande proximité.

J'ai commencé à défaire les cartons et à remonter l'ordinateur encore épars (j'écris cet article sur le PC portable de Mag). Je suis allé prendre rendez-vous à la Maison Communale [mairie locale] afin de signaler mon statut d'étranger en ces terres et j'y ai reçu, en retour, un "Bienvenu chez nous" aimable et souriant. Ici, les fonctionnaires ont des noms, des prénoms et des e-mails qu'on peut contacter !

Encore quelques jours, quelques semaines pour trouver ma place et mon rythme. Juste le temps de me mettre en route...

vendredi 24 octobre 2008

La pause [carton !]


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Le problème c'est que quand j'évalue le travail, je me dis qu'il ne reste pas grand chose à faire. Alors que dans la réalité, je remplis carton après carton avec le sentiment de ne plus avancer.
Si ça trouve quelqu'un me ramène des affaires qui ne sont pas à moi, juste pour me permettre de garder la cadence

Enfin, il faudra bien que je parvienne à terminer, demain après-midi, il y a le camion qui débarque. Les places de stationnement sont déjà réservées.

Aparté : tu appelles le service de la Mairie chargé de ce genre de chose et dès le départ la dame que tu as au bout du fil se marre. C'est un truc qu'ils doivent apprendre dans les stages commandos réservés aux personnes travaillant au contact de la population : Comme elle sait que ce qu'elle va annoncer va te faire hurler, elle commence par déminer le terrain. Le bureau ne reçoit de demande que par fax. Pour mémoire, il s'agit d'un service public, un machin pour les gens comme vous et moi, vous avez un fax, vous ?
Je pense bien un instant réussir à subrepticement utiliser le fax du lycée catholique et privé où j'étais employé rémunéré mais l'employée m'apprend qu'il me faut attendre deux fax en retour. Le deuxième étant l'arrêté d'autorisation de la police.
Ainsi équipé, à toi de te débrouiller pour trouver les panneaux adéquats auprès de l'une ou l'autre des entreprises dont on te faxe la liste. Laquelle te facture 70 euros de venir déposer aux emplacements demandés la dite signalisation qui doit être constatée présente sur le lieu 48 heures à l'avance, par écrit de la Force Publique [aussi identifiée sous le nom de Police Nationale].
J'ai bien tenté de négocier le truc du côté moderne de la force en posant la question : mais vous avez des e-mails ? Réponse de l'intraitable : ah oui, mais ils ne servent pas à ça ? Le premier qui trouve à quoi servent leurs adresses électroniques sinon qu'à communiquer avec le public, je lui sifle la Marseillaise jusqu'au dernier couplet et sans les mains !

Donc, j'y retourne en espérant terminer ce soir. Départ pour Bruxelles prévu dimanche à 22 heures, arrivée estimée entre 14 et 16 heures le lundi. D'ici là, peu de nouvelles sur le blog, vous imaginez bien…

C'est con, au plus je fais de cartons,
au moins j'ai de place pour les stocker…