dimanche 10 mai 2009

Seule à seul {la chambre n'est pas froide !]

Dans la chambre des lordoses
Où grandit inserein
Mon apétit d'oiseau
Je considère le sidéral où je cogite
Comme un espace où te rejoindre

Nul n'est venu, nous voilà seule à seul

Tu bas des cils et me regardes
Je grimpe à des hauteurs
Phéromonales
Sans même connaître
La peur bleue du ciel

L'équilibre précaire de mes cellules
Se met en place
Tu te pavanes
Avant nos incendies
Dans ta robe légère et parfumée

De près, le très léger duvet de ta joue
Prolonge ta beauté
Lèvres à peine ouvertes
Un souffle
Blancheur d'une canine
Indiscrète

Ta bouche a la fraîcheur des fontaines
Ta langue vive comme un poisson
Filant dans l'onde

Tes doigts m'invitent à exister
Dans d'autres dimensions
Ton sourire de femme curieuse
Avide des détails
Regard d'attention

Petite machine se balance
Muscles, doigts, visage
Tu me compostes,
Tu m'oblitères,
Tu me valides

Lent glissement vers le sol
Où git déjà le matelas
Sans perdre le contact.
Tu t'étends et m'attends

Dehors, la neige redessine le monde
L'enveloppe de surdité
Pendant qu'en ce silence
Nous partageons la joie
Ainsi qu'un peu de feu…



J'avais déjà publié ce poème sur un ancien blog.

vendredi 8 mai 2009

L'enjeu [Ça rapporte ?]


The umbrella shop [source]


Je pense que je vais voter Nicolas Sarkozy aux prochaines élections européennes. J'ai suivi son discours l'autre jour, ça m'a tout à fait convaincu.
Déjà, je trouve que le gars qui conçoit d'aller de Paris à Nîmes en avion pour défendre un projet à l'échelle continentale est quelqu'un qui a tout compris aux enjeux du moment.

Au début, je pensais qu'il avait refilé le bébé à Rachida Dati. Il faut dire qu'au lieu de consacrer son temps au service des victimes odieusement agressées par des hordes de sauvages repris de justice multi-récidivistes, mineurs et violeurs de pauvres enfants, elle œuvrait à la réinsertion des grands Couturiers au sein des Ministères. Il y avait urgence à ce qu'elle soit ailleurs [<- tu l'as vu le jeu de mots ?] tant il est de notoriété publique qu'en matière de Créateurs, seul le Président est habilité à s'exprimer. A moins qu'il n'y ait derrière ces manœuvres, la main de Carla gantée de jalousie…

Quoiqu'il en soit et comme c'est encore la chose qu'il fait le mieux, parmi la multitude de celles dans lesquelles il excelle, il a visiblement décidé de mener la campagne électorale au nom de l'UMP. Quelqu'un peut-il lui rappeler que s'il est mon président puisque que je le reconnais élu par la majorité [ce qui est la moindre des choses en démocratie], je conserve tout de même mon libre arbitre face au scrutin ?

J'aimerais bien qu'il précise simplement s'il compte siéger au parlement européen. A moins qu'il n'ait inclus dans le grandiose projet de Grand Paris qu'il présentait récemment [et que j'ai la flemme d'aller lire en détails], de relocaliser la capitale de l'Union Européenne près du palais de l'Élysée. Voilà qui enflerait encore un peu, et pour le moins, son égo-droitisme [l'égo-centrisme étant propriété de Monsieur Bayrou].

Sérieusement, on en est là de la construction de notre union commune ? A se dire que le vote se fait pour ou contre Nicolas Sarkozy ? Qu'il s'agit en quelque sorte d'un vote sanction contre cet élu que de plus en plus considèrent comme un usurpateur ?

Sérieusement ?

Et si nous allions sur le terrain des idées ; si nous parlions du choix crucial, alors que nous ne sommes même pas secs de la dernière averse en date, du type de société que nous voulons. Plutôt le marché libre du parapluie vendu une fortune bien que fabriqué à bas prix par des ouvriers moins chers que des travailleurs chinois désargentés parce que des actionnaires en toute amitié avec les siégeants des Conseils d'Administrations décident qu'au dessous de quinze pour cent, ce n'est même plus du placement mais de la charité ou bien un service publique des imperméables qui permet à chacun de trouver un abri minimum ?

[Message personnel pour Franssoit : aucune réclamation ne sera admise quant à la longueur des phrases.]

Depuis trente ans, cette Union est allée vers plus de libéralisation. Elle a privilégié avec une régularité dogmatique, le marché libre contre tout autre système. Elle s'est acharnée à remplacer partout les services rendus par les États à leur population par des propositions commerciales suffisamment couteuses pour permettre l'enrichissement des actionnaires [voir plus haut].

Toutes ces idées qui sont exactement derrière la politique de la Droite partout en Europe. La même Droite qui dirige ce pays depuis dix ans dans ce même sens [et avec Sarkozy dans les ministères]. Les fanatiques de la privatisation et de la libre concurrence en faveur des copains, ceux qui laissent au riche le privilège de bien vouloir ruisseler de son plein gré, ceux qui pensent que c'est un bienfait de mesurer ses coûts, pour qui des employés sont des variables d'ajustement, ceux qui, enfin, ont décidé de déréguler aussi le secteur bancaire. Ceux qui ont laissé entrer le loup dans la bergerie, le renard dans le poulailler, l'éléphant parmi notre porcelaine familiale.

Cette élection européenne n'a pas pour enjeu d'approuver ou non le mandat d'un Nicolas Sarkozy qui n'est qu'un accident de l'Histoire mais de bien voir derrière lui, l'ensemble des partis de cette droite européenne qui depuis trop longtemps nous égare. Qu'il en soit fini de cet ultra-libéralisme qui a transformé nos débats enflammés à propos du sens de la vie en palabres interminables à propos du dernier portable à la mode [qui coûte un pont mais ne protège même pas de la pluie !].

Voyons ensemble si nous souhaitons donner à ces mêmes qui ont trahi notre vote contre le projet de Constitution Européenne de mai 2005 [4 ans, ça se fête !] et s'arrangent depuis pour ne plus nous demander notre avis, de confortables sièges en cuir de Député Européen [l'auteur tient à préciser qu'il n'a aucune information avérée quant la qualité des dits sièges et qu'il s'agit ici d'une élucubration de sa part. Il n'imagine pas néanmoins que de si importantes personnes puissent confier leur valeureux postérieurs à de piètres fauteuils]. Ou bien souhaitons-nous entendre d'autres voix qui prônent d'autres voies ?

mercredi 6 mai 2009

La crise [vous êtes revenus ?]

259ème article


Paris, siège historique de la Société Générale sur le boulevard Haussmann, lors des Journées du Patrimoine 2008. [source]


Vous avez remarqué comment les banquiers et nos élus se ressemblent ? Quand ce ne sont pas les tenues entières, ce sont des détails du costume de fonction, des chaussures cousues patiemment à la main, des chaussettes tricotées en pur fil d'Écosse ou bien l'un ou l'autre des accessoires qui marquent l'appartenance au même groupe social.


Ils dînent en ville et fument ensemble les même cigares, partagent la même passion pour les montres aux cadrans taillés dans le saphir le plus pur et jouissent du même plaisir au volant des mêmes sportives de haut de gamme.

Les premiers ont failli sombrer corps et biens pour avoir fabriqué des châteaux sur du sable avec des matériaux qu'ils s'étaient contentés d'emprunter. Un sacré paquet de briques à rembourser.

Le plus simple quand tu dois de l'argent autour de toi, c'est d'avoir des amis sur qui compter. Si possible des gens assez haut placés pour porter la clé du coffre. Ça évite le mouron d'y laisser des plumes ou de se faire plomber. Des gens avec des espèces sonnantes et trébuchantes, du grain à moudre sous la patte et en grande quantité.

Les seconds sont justement de ceux là. Ils ont depuis des décennies et grâce à notre naïveté, tous les moyens à leur disposition. Nous les avons élus et réélus à tour de rôle, nous les avons crus et recrutés à nouveau. Nous les avons laissés faire et nous refaire et ils ont dirigé selon leurs intérêts et servi leurs amis.

L'État qui est notre régulateur commun, le résultat de toutes nos forces mises ensemble a été utilisé volontairement au service des richesses privées. Toutes les barrières ont été une par une éliminées légalement. Il s'est agi de lui donner l'allure d'un progrès, l'apparence formelle de la modernité pour que la bête soit nourrie plus souvent qu'à son tour.

La boîte de Pandore a craché et recraché ses miasmes sur la planète. La voracité, l'avarice, le désir infini du papier-monnaie, la rapacité se sont saisis de l'économie mondiale pour l'essorer convenablement. En aspirer la moelle suave et langoureuse : la richesse.

Les Assemblées élues de tous les pays se sont laissées berner et ont cédé aux chants des sirènes. Une par une, elles ont sapé les défenses qu'avaient bâties nos pères et nos grands-pères contre ces maux. Ils avaient de l'expérience et en avaient tiré des leçons : séparer le public du privé, cloisonner l'activité bancaire classique de la folie pure des marchés où tout s'achète, où tout se vend et garder sauvagement pour les élus du peuple, le droit de fabriquer de la monnaie…

Cette crise n'est pas arrivée par le hasard du temps qui passe. Elle est le fruit de plus de ces vingt-cinq années de libéralisation à marche forcée à travers le monde. Elle est le résultat des politiques qui ont permis et favorisé une économie détachée de toute réalité sociale.

Si les banquiers, les traders et autres affairistes sont à blâmer, qu'ils ne le soient pas seuls. Ils ont marché main dans la main avec les dirigeants politiques qui leur ont ouvert toutes les portes et facilité toutes les démarches. S'il faut se souvenir de la crise de 1929, c'est non pas sous l'emprise de la peur mais à la lumière des solutions que nos aînés avaient appliquées pour en sortir une fois pour toute.

Ils sont revenus ensuite avec leur désir capitaliste, leur appétit multi-national [le world-food est à la mode] et leur éternel chantage corrupteur. Le poids que donne la richesse sur les décisions de nos élus est parfois surprenant…

vendredi 1 mai 2009

Musulman [Radio-Paris aussi !]


Gypaete barbu [source]

Quand tu es catholique ou juif, ça peut encore aller. Quelques soucis de temps à autre, mais rien de suffisant pour se mettre à douter.


Musulman, par contre, là, ça craint !

Par exemple, tu dois expliquer à ta femme que non, elle n'a pas grossi et que ce n'est pas du tout à cause de cette hypothétique surcharge pondérale que tu lui demandes de s'habiller de ridicule, de pied en cape. La jupe lui allait si bien…
Ensuite, tu dois te laisser pousser la barbe. Mais pas comme un playboy de magazine, bien taillée au cordeau et traitée comme un élément de séduction. Au contraire, il faut du poil rebelle, du poil convaincu par la cause et qui le manifeste en pointant fièrement sa foi désordonnée.

Si tu peux échapper facilement à l'égorgement du mouton dans la baignoire [juste à côté des chiottes, génial !], ne crois pas que ta conversion allègera ta part de travail envers ton d.ieu : cinq fois par jour, tu l'honoreras et attention, pas avec de la petite génuflexion à la berrichonne mais à genou et quasiment couché à chaque fois.

C'est là qu'on voit que c'est une toute jeune religion qui n'a pas encore eu à adapter le dogme à l'âge de ses fidèles.

La ceinture d'explosif n'est pas du tout obligatoire contrairement à ce qu'on pourrait penser mais tu dois cesser immédiatement de te gâcher la vie avec de la cochonnaille. Adieu saucissons, jambon et rôti dans l'échine, adieu lardons et pâtés, saucisses de Montbéliard ou de Morteau, adieu cotelettes et filets mignons…

Et si ce n'était pour la saveur, comment peut-on imaginer une religion qui prive ses adeptes de déguster du porc, quand même de là-haut [oh oui, là !], on doit bien se rendre compte de l'évolution du prix de la viande. Difficile d'adorer le veau à prix d'or et les yeux de la poule du même métal.

A force de lire et d'entendre dire tout un tas de spécialistes de la religion [ou bien du fait divers, je ne sais plus trop…], on en oublierait presque que la foi est du domaine privé. Qu'il s'agit à chacun de se déterminer quant à la façon dont tourne la grande machine secrète du monde, la grande rotative sur laquelle nous gambadons jusqu'à ce que mort s'ensuive. Mais que nous autres, ici en tant que groupe uni et réuni à cause de quelques accidents de l'Histoire, avons décidé, il y a plus d'un siècle, que l'État n'avait pas à s'en mêler.

On en oublierait presque que ces musulmans communautaristes ne voient pas non plus leurs salaires augmenter et que chez Carrefour, ce n'est pas leur pouvoir d'achat qui positive. Qu'ils ont des enfants au chômage et trop de crédits sur le dos. Ils prient comme certains d'entre vous pour que tout aille bien.

Qu'ils se demandent comment financer les années de fac de Mohamed, leur petit-fils, maintenant qu'il ne leur reste que la retraite parce que le peu d'économie placé totalement en bourse, sur les conseils de leur conseiller, a totalement foutu le camp. Qu'au fond, quant à savoir sur quel d.ieu, ils parient pour la jour de la sainte finale [The battle of Gods III - La résurrection], cela ne change rien à l'affaire.

Ils mangent des Danones et fument des Marlboro. Ils aiment les merguez et les épices. Ils se lèvent le matin quand ils ont du boulot. Ils continuent de candidater partout malgré l'amertume des refus douteux quand ils sont au chômage. Il y a parmi eux, la même proportion de crétins que dans n'importe quel groupe d'humains.

Avant d'être ceci ou cela pour lesquels, on les préjuge, ce sont des personnes des bas-fonds de l'échelle sociale qui galèrent plus souvent qu'à leur tour. Qu'au lieu de débattre sottement des rapports entre nos règles et les leurs, nous devrions questionner les rapports sociaux qui soutiennent ce genre de débats.

Qui nous met sur la table, la question de l'immigration étiqueté comme partie intégrante des sujets religieux ? Qui efface derrière des crucifix, des kipas et des mains de Fatima, les moyens mis en place pour que les classes populaires se dévorent entre elles ? Qui cherche tant à diviser la masse des gens du pays pendant que le bateau qu'il était censé conduire à meilleur port, prend l'eau de toute part ?

Si le seul miracle de la religion, c'est de faire de l'homme un agneau, celui de l'époque est de parvenir à voiler la réalité sociale par une transformation habile des dégâts du libéralisme, les résultats de vingt années de privatisation ou d'étouffement systématique de nos outils de régulation, en autant de problèmes de la société.

Et puisqu'aucun de nos élus ne veut plus assumer sa part de responsabilité dans nos affaires, il leur suffit de prétendre qu'on a vu d.ieu passer dans les parages…