mardi 1 juillet 2008

La maison [domicile adoré !]


La maison qui attend [source]




Quand une maison est punie, nous la laissons toute seule. Nous lui fermons les yeux et lui disons au-revoir mais en évitant surtout de préciser la date du retour.

Elle attend alors des retrouvailles comme après les vacances ; après trois semaines d'indolence puis le retour de la marmaille au bercail. Mais nul ne rentre et elle se morfond à compter pour elle-même, les jours qui passent.

Elle se renfrogne, se tourne en elle-même pour retrouver des bribes de souvenirs en miettes. Calvacades aux escaliers, patience des siestes estivales et jusqu'à l'énervante horloge qui lui manque. Bruits de vaisselle, fumets des cuissons, rires des enfants qu'elle portait autrefois dans son ventre aujourd'hui délaissé, tout empoussiéré de silence.

Elle finit par se laisse aller, oublie de se refaire une beauté. Elle prend des allures hirsutes et cesse de rêver…

lundi 30 juin 2008

Les cachets [payer les artistes !]



Ça ne vous arrive pas à vous ? De vouloir que tout aille bien, d'être suffisamment motivé pour déplacer une bonne dizaine de montagnes avant la pause déjeuner, d'avoir un moral en Tour Eiffel et de vous prendre quand même la porte dans la gueule ?

Putain, maintenant ça fait mal aux gencives quand je serre les mâchoires. Je passe à la ponceuse le concept d'un ailleurs dans lequel tout serait mieux, effervescent et serein, dans lequel il n'y aurait qu'à se laisser respirer pour se remplir du bien-être à la dose prescrite.

_Docteur, docteur, je ne me sens pas bien. Le monde qu'on vit, je ne l'aime plus, c'est mal ?
_Vous me prendrez 2 piqûres et trois cachets ; vous verrez de nouveau la vie en rose.

Et si ma pharmacopée n'est plus plus remboursée, il me reste la musique. Je démarre le I-Tunes au hasard, le shuffle comme on dit dans les manuels, le casque à sa place, je démarre la soirée.

Du Neil Young,
du vieux Floyd, du plus récent Waters, du Arid, du Bashung,du Portishead. Et puis les nouveaux venus : Aaron, Abd el Malik [je ris déjà de l'avis de Didier Goux !], Alamo Race Track, Arman Meliès, Andrew Bird, […*]

Je me ballade parmi les cordes et les claviers, les batteurs et les choristes, le piano et la basse, le violon et le texte. Pendant une heure, pour le moins, je me shoote aux décibels de jour. Celles que tu ballades en mp3 et les yeux grands et ouverts sur le monde ; tu marches dans la ville de ton pas d'aventurier des mocassins. Parfaitement conscient des vocalises et des bécarres, des ressentis et des pensées et pourtant spectateur parfaitement attentif de la réalité.

Je vis dans deux dimensions en parallèle. Les mélodies sucrées de la chanson d'amour et les déchirures véritables que porte ma chair, ma mémoire, mon être. Mes hectares de vie antérieure Mes hypermarchés d'échecs et de mécomptes mais c'est quand même bien décoré pour aider à digérer la douloureuse. Restent aussi quelques parcelles lumineuses.

Des carrés d'herbe fraîche où elle s'étendait alors, le rouge de ses baisers par dessus la chlorophyle. L'auteur ajouterait facilement quelques bruits d'insectes bourdonnant afin de renforcer l'évocation bienheureuse s'il n'était aussi craintif de ses propres débordements de guimauve rosâtre.

Mais si l'on m'interdit toute connection parce que je souhaite découvrir des artistes avant d'acquérir leur album, comment voulez-vous que je retrouve le moral ?


C'est sûr que la Sécu,
si elle ne rembourse plus rien
va retrouver des comptes équilibrés.
Mais est-ce bien le but du truc ?


* Je n'ai pas même terminé la lettre A !

vendredi 27 juin 2008

Les services [usager privé !]

C'est assez révélateur de l'époque, je trouve. Nous avons sous les yeux un président qui s'accapare tous les pouvoirs et c'est uniquement quand il s'en prend au service audiovisuel public que ça commence à réagir.

Si l'on nous présentait un pays dont le gars aux manettes décide assez vite de centraliser tous les services secrets puis, quelques temps plus tard d'en prendre la direction, que penserions-nous ?

Et la semaine suivante, si décision est prise qu'il pourra désigner le patron des médias d'Etat, que penserions-nous de ce glissement vers l'autocratie. Le type qui s'attribue de lui-même le mandat qu'il n'a pas reçu.

Car enfin, quelle est donc cette urgence à réformer la télévision ? C'était prioritaire dans le programme ? Il n'y a pas plus pressé ? [En quoi c'est bon pour notre pouvoir d'achat ?]. Peut-être le calendrier fut-il précipité parce que TF1 [la chaîne la plus proche du zéro™] n'en finit plus de chuter et de se faire grignoter les parts de marché par la TNT ? Peut-être était-il temps de sauver de la baisse de revenu Meussieux de Martin Bouyghe, ci-devant parrain du présidentiel fils…

Et puis cette maladie de toujours vouloir tout réformer. Il faut tout changer tout le temps, il est fatigant. Même les trucs qui marchaient avant comme la croissance et le moral des ménages, il a réussi à les réformer, dis donc…

Nicolas Sarkozy, on pensait voter pour Napoléon et on se retrouve avec Pompidou, quelle déception !

mercredi 25 juin 2008

Le Président [élu par le peuple !]


Les filles de "Plus belle la vie" [source]


Mettons que tu partes des listes électorales. Puisqu'il faut une base de données et qu'on en a une sous la main, autant en profiter.


Tu tires au hasard une trentaine de noms et tu les convoques à la Capitale. Tu les loges, tu les nourris, tu prends en charge les frais éventuels et surtout, tu les formes deux-trois jours à l'esprit du truc.

Enfin, tu les installes dans une jolie salle bien décorée et tu les laisses écouter l'un après l'autre, les candidats à la Direction de la Télévision Publique. Tu les laisses poser toutes les questions qu'ils veulent avant qu'ils ne se réunissent à huis clos dans un salon privé pour se consulter, en discuter et se mettre d'accord sur le mieux disant culturel.

Tu vois bien que ce n'est pas forcèment aux politiques de choisir tout le temps. C'est même toute la différence entre une télévision publique et une télévision d'Etat…



Quand même, si Nicolas Sarkozy
se met à vraiment tout controler,
ça va devenir inquiétant.
Un peu comme tous ces procès
qu'on fait aux blogueurs…
[sans parler de l'inutilité du CSA !]