jeudi 15 septembre 2011

La vie [salope !]



Je vais te dire. Tu peux bien penser que la vie est une salope. Tu peux bien ouvrir grand la fenêtre qui donne sur la rue et hurler qu'elle est une chienne. A part ce minuscule instant durant lequel, à plein poumons, tu sentiras ton sang battre en son réseau*, cela ne sert à rien.

Tu peux bien réfléchir au sens à donner à tes dernières aventures*. Chercher à comprendre le pourquoi et le comment de cette collection de gamelles et de râteaux. Vouloir sonder ce vide immense dont le froid t'enserre en morsure. Disserter sur le poids exact de l'échec. Ce n'est d'aucune utilité.

Ta vie n'est pas une femme qui te quitte, te tourne le dos et s'éloigne en t'offrant, une dernière fois, son déhanché de reine. N'est pas un mec* que tu souhaites blesser à mort de tes flèches de langage. Tout un carquois. N'est pas une compagne assise à tes côté à tricoter de la patience.

Te prendre une porte dans la gueule. Recevoir les crachats pour être revenu au niveau des trottoirs. Recompter l'un après l'autre les fragments éparpillés de ton cœur. Colmater l'épanchement* des larmes qui en résulte. Trembler devant l'œil jaune de ta peur sortie de son enclos. T'éteindre sous le manteau de glace de la chair frigidifiée. Voila ce qu'est ta vie.

Je vais te dire. Tu peux bien penser ce que tu veux d'elle. Te lamenter. Te plaindre. Crier au scandale. Constater la trahison. T'interroger, est-ce ainsi que les hommes vivent et leurs baisers au loin les suivent. Déplorer le manque de choix. Regretter l'absence de menu et constater l'excès de ce qu'on trinque*. Tu n'auras pas d'autres vies que la tienne…

Alors, vis !


——————————
Image : Christine Aerfeldt, Avalanche knitter (2008). Source*

mardi 13 septembre 2011

Le moralisateur [de haut niveau !]



Entre les valises de billets que recevait Jacques Chirac* et les commissions sur les ventes d'armes qu'aurait touchées Edouard Balladur, je comprends mieux d'où venait la grande motivation de Nicolas Sarkozy en 2007. Je me demandais d'où il tirait cette énergie.

Je m'étais même mis à imaginer quelques produits dopants*. On nous a quand même assez baratinés avec ses exploits sportifs à longueur de JT. Tellement Il fonçait à vélo sous le cagnard, tellement il se lançait dans le jogging face aux canards de l'Élysée*, je me suis demandé un moment s'il ne comptait pas représenter le pays au Tour de France.

Je réécoute son discours de l'époque, je revois ces videos* dans lesquelles il annonçait la main sur le portefeuille qu'il s'engageait à moraliser la politique et j'en conclus qu'il était parfaitement au courant de la circulation des liquidités.

Je ne peux pas affirmer qu'il se soit servi au passage*. Mais si tu réfléchis bien, un gars qui s'engage à faire le ménage, c'est bien un type qui a constaté la saleté, non ?

Source image*
 

vendredi 9 septembre 2011

Lemaire [le ministre !]



Bruno Lemaire n'a vraiment pas un nom à être ministre, tout au plus élu municipal dans une grosse bourgade de province*. Il y a comme tromperie sur la marchandise.

Ce n'est pas bien de se moquer du nom des gens, ils n'y sont pour rien mais ce type s'en prend aux agriculteurs* et, en tant que Monsieur Poireau, il est de mon devoir de les défendre.

Le nouvel argument du Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire* c'est qu'il faut baisser le coût du travail dans le secteur.

Tu as un tas de cultivateurs* qui crève la dalle et ce n'est pas du tout à cause de la grande distribution qui leur mange la laine sur le dos, ni du fait de tous ces pays du tiers monde qui se mettent à faire pousser des légumes en low-cost. Non, en bon dogmatique du sarkozysme, Bruno Lemaire a posé son diagnostic : gagner moins pour travailler plus*.

Et puisqu'on entend ici et là d'autres UMP nous vanter l'Allemagne en tant que modèle à suivre, il est l'heure de rappeler au ministre des veaux, des vaches et des couvées* que si les teutons sont parvenus à conserver, voire développer, leur industrie c'est qu'au contraire de l'hexagone, ils n'ont pas cherché à se battre sur les prix du bas de gamme.

Ils ont amélioré leur outil industriel en proposant du haut de gamme et de l'image de marque. Le melon de Cavaillon, la fraise gariguette*, la ratte du Touquet*, l'ail fumé d'Arleux* et le petit vin blanc* qu'on boit sous la tonnelle, monsieur Bruno Lemaire, tu n'as pas un peu l'impression que ce sont nos Mercedes et nos BMW à nous ?

Source de la photo*



jeudi 1 septembre 2011

L'expérience [A suivre…]




Faites comme si vous n'aviez rien remarqué mais je crois qu'il y a une expérience en cours qui consiste à transvaser tout l'argent de la planète dans les mains de quelques uns*. Ils le font progressivement et sur une très longue période mais on arrive ces jours-ci à la phase cruciale. Le capitalisme c'est exactement comme le communisme, sauf que tu remplaces politburo par conseil d'administration.

Toutes les heures à la radio*, on te donne les dernières infos du Parti : où en est l'argent, comment vont les richesses de nos puissants amis, combien ça gagne juste en passant un coup de fil à un ami. Il y règne la même guerre des clans qu'au sein de la nomeklentura*. Les keynesiens* s'opposent aux friedmanistes, des groupes entiers disparaissent corps et bien plutôt que de trahir leur foi.

Du coup, comme il n'y a plus du tout d'argent pour la retraite à mémé ni pour l'école du petit, ça commence à râler jusque dans les pavillons* de banlieue. Tant que ce n'était que les cités, on se disait, c'est rien, c'est parce que ce sont des sanguins. Mais si tous les gens bossent et n'arrivent plus à se payer quoique ce soit, à quoi ça sert que les Ducons*, ils se décarcassent ?

Ça commence quand même à bien se voir que le fric et la politique, c'est un peu cul* et chemise. Nos élus à peine élus se mettent à défendre les marchés, à cajoler les actionnaires, à rassurer les financiers plutôt que tenir leurs promesses. Ils comprennent assez vite que l'un des deux est plus rémunérateur.

En général, ça se termine par un conflit. Soit on arrive à se bouger les miches* soit il y aura la guerre. Vous pouvez vérifier, on le connait, on l'a déjà connu. On achètera plein d'armes sans même que le banquier ne nous rappelle cette foutue dette. On s'entretuera pour une raison qu'on nous aura dite et quand un bon quart de la population aura été éliminé,  quand ils commenceront à manquer de bras à l'usine d'armement, on signera la paix.

Et on reconstruira des usines pour recommencer l'expérience.

Illustration : "Première manifestation de la Révolution à Paris, le 12 juillet 1789" -Larousse*


_________________________________

Note : pardon si cet article est passé deux fois dans les flux. J'ai juste maille à partir avec la programmation des billets sur Blogger qui ne fonctionne pas. Allo ? Monsieur Blogger ?