dimanche 30 mars 2008

Ça va [poésie du rangement]


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Le tas des fruits sur le meuble
Le goût du café sans lait ni sucre
Le linge à étendre
La lumière à la fenêtre qui parle des distances
Les draps dans la machine
La poussière des rires dans le ventre de l'aspirateur.

Le temps des horloges
Le chant des oiseaux
Le vide des cendriers et des miroirs
Le mouvement du chat
Qui s'accapare les emplacements
— Ça va, me dis-je, ça va
Avant de rallumer ma cigarette.

L'eau de vaisselle, l'éponge
La crasse s'évacue par la bonde
Et retourne à son monde
Je ne pense à rien, je songe
Aux terreurs, aux terrasses, au tourisme
Aux rails qui énumèrent leur chemin de fer

Je n'ai rien vu venir
Tu as du passer par la sente
Aborder la descente
Par le flanc des collines
Tu as du faire mine
Faire la fausse, la semblante

Les départs, les déserts, le venin liquide de l'absence
Les lèvres à la chair de l'orange
La langue se délecte des agrumes
La tête d'un oreiller de plume,
Ca va me dis-je tandis que je range
Et que ma main, mon clope allume…

6 commentaires:

  1. Poésie quand tu nous tiens ! Compliments cher Poireau.
    C'est très joli, ça ressemble au fil de toi... Bon plan pour le futur immédiat -:):)

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  2. ...--------mouche30 mars 2008 à 23:50

    MERDE! OUI! Les lessives! La vache! Heureusement que tu m'y fais penser!
    ;-)

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  3. Plumeau : surtout le présent ! :-)

    ...------mouche : ce blog a aussi une fonction utilitaire ! Une sorte d'aide mémoire !
    :-)

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  4. ...et émue une fois de plus... Bien plus d'un an après... On est con des fois... :-)

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  5. Mademoiselle Ciguë : tiens, je viens d'étendre le linge, au fait !
    :-))

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