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lundi 7 novembre 2011

La liberté de la presse [l'opinion publique !]




Un cocktail molotov dans les bureaux, pour le moins, ce n'est pas très gentil. De là à crier à la liberté de la presse outragée, à la liberté de la presse brisée, à la liberté de la presse martyrisée*, je me demande si ce n'est pas un petit peu exagéré.

Si j'ai bonne mémoire, nos amis les journalistes enquêtaient il y a peu sur ce gouvernement qui, pour chasser le traitre jusque dans les chiottes des ministères, s'était permis de pister tous les coups de fil* de l'un des leurs. Les médias dont le financement est assuré en grande partie par les liquidités de l'État, avaient hurlé à l'atteinte au secret des sources.

Si j'ai bonne mémoire, il y a quelques mois, plusieurs affaires de cambriolages dans des locaux occupés par les gazettes avait laissé quelques plumitifs* supposer un lien entre la réforme des services secrets voulue urgemment par Nicolas Sarkozy et la disparition régulière d'ordinateurs portables et de disques durs au contenu supposé "sensible" pour les affaires* en cours.

Entendre aujourd'hui les mêmes Guéant, Fillon et toute la troupe des trompettes de l'offense couiner* contre l'oppresseur enturbanné qui menace d'empêcher nos fouineurs de fouiner en paix, c'est assez cocasse. Même TF1 relaie les appels à manifester pour soutenir Charlie Hebdo. C'est beau tout cet amour qu'ils vivent.

Cet «attentat» dont on ne connait ni la cause ni les auteurs, on peut dire qu'il tombe à point et tout rôti dans dans la bouche des rédactions*. La lutte contre l'infâme intégrisme des étranges étrangers, ça les occupera bien quelques semaines. Sans jamais souligner combien les thèmes de la sécurité et de l’immigration sont chères à la communication de la majorité en place.

De l'autre main, notre encore-Président de la République exerçait un chantage clair afin d'éviter que la Grèce ne demande l'avis de son peuple* quant à la manière de sortir de la crise de la dette. La stratégie inventée par nos élites consiste essentiellement à s'assurer que les marchés financiers ne puissent vraiment manquer de rien, tu imagines facilement quel aurait été l'opinion des hellènes face à la cure de pain sec.

De là à crier à la liberté d'expression outragée, à la liberté d'expression brisée, à la liberté d'expression martyrisée, je me demande si ce n'est pas un petit peu exagéré. Les ministres UMP continuent de discourir sur tous les plateaux* télés pour te convaincre de voter pour eux, ça démontre par les faits, qu'on est encore libre de manipuler comme on veut.

D'un côté, la dette qui nous guette, de l'autre le terrorisme à nos portes*. Il n'y a pas de doute, la campagne électorale est lancée.


La blague à laquelle vous avez échappé :
quelles bonnes poires ces hellènes !

L'illustration vient de Wallcoo.net*
 

dimanche 13 décembre 2009

d.ieu [Pan !]


[source]


«Au nom d'une “redéfinition ethnique de la culture”, le relativisme est devenu un concept fourre-tout permettant de qualifier de raciste toute remise en cause de la tendance intégriste des religions, ou toute critique spécifique du sort réservé aux femmes dans les ghettos urbains. Dans un monde si parfaitement retourné, la critique de la religion n'est plus le préalable à toute critique, elle en est même l'ennemie. […] Analyser la religion en termes de relativisme culturel et de différencialisme ; nier que, sans contre-pouvoir laïque et effectif, la tendance naturelle de toute religion est l'intégrisme, c'est rendre inattaquable la religion et ses conséquences prévisibles.

Le combat pour la liberté a toujours été mené contre la religion, sa volonté proclamée de controler la société civile et d'imposer par la violence ses mœurs et ses coutumes. C'est par des luttes sans merci qu'en Europe, les religions ont été cantonnées à la sphère de la vie privée ; que le droit au blasphème a pu préfigurer le refus de toute censure ; que le prolétariat s'est opposé au fétichisme religieux avant de s'attaquer au fétichisme marchand. Simulacre postdémocratique, la prétendue amélioration du niveau de vie ne règle en rien la question religieuse et l'exemple des États-Unis en fournit quotidiennement la preuve. La société laïque n'a pas à renégocier la séparation qu'elle a imposée entre l'Église et l'État, ni à dialoguer avec les religions au nom de la religion. Défendre des exclus s'identifiant à une religion centralement totalitaire, c'est soumettre la société laïque à une attaque aux conséquence fatale : sa dissolution.»

Jordi Vidal - Servitude & simulacre [Éditions Allia, 2007]

Le livre est apparemment disparu du catalogue. Le titre complet de l'ouvrage est : «Servitude & simulacre en temps réel et flux constant - Réfutation des thèses réactionnaires et révisionistes du postmodernisme»