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lundi 6 février 2012

Sarkozy en short [En vrai ?]





Article écrit pour "12 regards sur la présidentielle" sur L'Express


Je crois que Nicolas Sarkozy s'est trompé dans sa manière de communiquer. Il avait imaginé qu'en nous informant jour après jour de ses faits et gestes au service du pays, nous allions lui tisser une cape de grand vizir*, lui remettre la médaille d'or du plus beau déplacement en province.

Le telling-story, c'est le principe des tele-novelas sud-américaines. Plus personne ne se souvient des premiers épisodes mais chacun développe un besoin irrépressible de découvrir la suite*. La politique en feuilleton, servie à dose quotidienne, comme une drogue ou comme plus belle la vie.

Il est apparu à vélo allant chercher lui-même le pain sur des routes pentues qu'il vainquait avec courage, ami des américains, en canoë sans bourrelets, en yacht, en short avec sueur, en short sans sueur, en Egypte, offrant l'Epad au fiston, fâché avec les USA, sur les tarmacs, sous la tente de Khadafi, s'offrant  172% d'augmentation*
Loin d'agir sur nos consciences comme il était prévu, tout cela n'a bientôt plus été pour nos perceptions qu'une sorte de ronron, un bruit de fond sans importance. Comme nous éludons parfois d'entendre ce que nous dit la publicité télévisée*, nous nous sommes échappés par distraction de cette propagnade.

A présent, nous ne retrouvons nos esprits que lorsque quelque chose sort de l'ordinaire et vient couvrir la routine médiatique. Il se passe soudainement quelque chose et nous réactivons notre attention. Parmi le défilé des communiqués de presse, des reportages complaisants et interviews de ministres* qui litanisent très exactement les mêmes éléments de langage, la réalité réapparait.

Selon ce principe de filtrage de l'information, pas de bol pour le président sortant, il ne nous reste que les ratés*. Les accrocs dans le plan de communication : au soleil sur un yacht, en canoë avec bourrelets, criant casse-toi pov'con, poussant l'union méditerranéenne avec Ben Ali, Moubarak Kadhafi et Bachar Al-Assad (quel visionnaire !), pariant sur l'Angleterre avant de faire freund-freund avec Angela.

Le président jamais touché par toutes ces affaires qui pourtant le frôlent. Je crois que le Nicolas Sarkozy réel qui transparait* n'est pas la hauteur du personnage qu'il a voulu fabriquer. La proportion d'entre nous qui s'en rend compte mesure, j'espère, le poids de ce mensonge…

Illustration : France Inter*


lundi 7 novembre 2011

La liberté de la presse [l'opinion publique !]




Un cocktail molotov dans les bureaux, pour le moins, ce n'est pas très gentil. De là à crier à la liberté de la presse outragée, à la liberté de la presse brisée, à la liberté de la presse martyrisée*, je me demande si ce n'est pas un petit peu exagéré.

Si j'ai bonne mémoire, nos amis les journalistes enquêtaient il y a peu sur ce gouvernement qui, pour chasser le traitre jusque dans les chiottes des ministères, s'était permis de pister tous les coups de fil* de l'un des leurs. Les médias dont le financement est assuré en grande partie par les liquidités de l'État, avaient hurlé à l'atteinte au secret des sources.

Si j'ai bonne mémoire, il y a quelques mois, plusieurs affaires de cambriolages dans des locaux occupés par les gazettes avait laissé quelques plumitifs* supposer un lien entre la réforme des services secrets voulue urgemment par Nicolas Sarkozy et la disparition régulière d'ordinateurs portables et de disques durs au contenu supposé "sensible" pour les affaires* en cours.

Entendre aujourd'hui les mêmes Guéant, Fillon et toute la troupe des trompettes de l'offense couiner* contre l'oppresseur enturbanné qui menace d'empêcher nos fouineurs de fouiner en paix, c'est assez cocasse. Même TF1 relaie les appels à manifester pour soutenir Charlie Hebdo. C'est beau tout cet amour qu'ils vivent.

Cet «attentat» dont on ne connait ni la cause ni les auteurs, on peut dire qu'il tombe à point et tout rôti dans dans la bouche des rédactions*. La lutte contre l'infâme intégrisme des étranges étrangers, ça les occupera bien quelques semaines. Sans jamais souligner combien les thèmes de la sécurité et de l’immigration sont chères à la communication de la majorité en place.

De l'autre main, notre encore-Président de la République exerçait un chantage clair afin d'éviter que la Grèce ne demande l'avis de son peuple* quant à la manière de sortir de la crise de la dette. La stratégie inventée par nos élites consiste essentiellement à s'assurer que les marchés financiers ne puissent vraiment manquer de rien, tu imagines facilement quel aurait été l'opinion des hellènes face à la cure de pain sec.

De là à crier à la liberté d'expression outragée, à la liberté d'expression brisée, à la liberté d'expression martyrisée, je me demande si ce n'est pas un petit peu exagéré. Les ministres UMP continuent de discourir sur tous les plateaux* télés pour te convaincre de voter pour eux, ça démontre par les faits, qu'on est encore libre de manipuler comme on veut.

D'un côté, la dette qui nous guette, de l'autre le terrorisme à nos portes*. Il n'y a pas de doute, la campagne électorale est lancée.


La blague à laquelle vous avez échappé :
quelles bonnes poires ces hellènes !

L'illustration vient de Wallcoo.net*
 

mardi 25 octobre 2011

Orange [Ô désespoir…]



Je ne sais pas où on le range entre deux élections mais à l'approche de la présidentielle de 2012, revoilà le Bayrou. On dit qu'il passe ces longues années à errer parmi les ours sur les sentiers du Haut-Béarn*. Comme il n'a l'air d'exciter ni les plantigrades ni les agriculteurs du coin, on le laisse tranquille.

Je l'ai vu l'autre jour dans une interview télévisée. J'avais l'impression étrange de regarder un documentaire à propos de la campagne de 2007*. Il n'a pas changé une virgule à son discours. Tout comme s'il s'apprêtait à succéder à Ségolène Royal ou quiconque d'autre qui aurait pu se faire élire lors de ce dernier scrutin.

Sa grande idée, c'est toujours de vouloir faire travailler ensemble des gens qui ne sont fondamentalement pas d'accord. Il y a ceux qui croient plus à la solidarité* qu'à la liberté et il y a les autres. Chacun pour l'autre est dans l'erreur. Ça laisse augurer un joyeux bordel dans les couloirs du futur Conseil des Ministres.

Alain Juppé* aux Finances œuvrant à l'exonération d'impôt la moins visible possible en faveur des moins démunis et Ségolène Royal aux Affaires Sociales réclamant la création d'un budget d'aide aux entreprises volontaires pour concrétiser dès maintenant l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Et puis si c'est pour bosser réellement tous ensemble*, au delà de nos convictions — tels des robots obéissant à l'intérêt supérieur du devoir — pourquoi François Bayrou n'a pas accepté d'être ministre de Nicolas Sarkozy ? Il aurait pu être utile à son pays, selon la formule qu'il a sans cesse à la bouche.

Vous n'avez pas un peu l'impression que la grande idée* qu'il a, c'est un tout petit peu attaché à la condition de sa propre élection ? Le genre de gars qui veut bien sauver la France mais uniquement si c'est lui le chef de chantier… 


Illustration : le tee-shirt officiel Bayrou 2012, en vente ici

jeudi 13 octobre 2011

Le débat [le poids des mots…]




Tu laisses un homme et une femme* ensemble pendant un bout de temps, il y a forcément un moment où ça converge. C'est un peu primaire comme logique mais c'est ce à quoi nous avons assisté dans ce débat. Deux membres d'un même parti défendaient les mêmes idées, le même programme. Martine annonçait, François approuvait. Hollande s'engageait, Aubry confirmait, …

C'est encore une fois dans les détails que se forge mon opinion*. Par exemple, sur le fait qu'elle soit maire de Lille, une grande communauté urbaine et lui simplement maire de Tulle et responsable du département de la Corrèze, zone assez pauvre en problèmes d'urbanismes. Je me laisse penser qu'elle est plus au fait de la situation actuelle.

Durant son temps de parole, si elle a cité ce soir : Molex, Peugeot, Renault, Moulinex et Pechiney. Ce n'était pas pour leur faire de la pub, c'était pour souligner cette prise directe avec notre monde quotidien*. François Hollande de son côté restait dans les concepts, les généralités.

Il a reparlé de La Grande Idée qu'il a : «le contrat de génération». Je n'y crois pas une seule seconde. Au mieux, ça va permettre à un employeur de faire pression sur des retraités de 67 ans* pour qu'ils restent à leur poste, le temps qu'il ait fini d'empocher les aides sur le contrat du gamin. Et puis, si le vieux finit par craquer et ne plus pouvoir travailler, on fait quoi ? On jette le morveux avec l'eau du bain ?

L'avenir de l'emploi est dans les nouvelles technologies*, les énergies vertes suite à l'arrêt progressif du nucléaire et ses nouveaux pôles de croissance et François Hollande entend lancer la gratuité des charges sociales sur le maintien des petits métiers d'antan. Le tutorat d'un gamin par un aîné sur sa fonction* appelées à disparaitre du fait de l'évolution technique. A part servir la mémoire des siècles, je ne vois pas ce que ça nous apporte. Au mieux on aura des tweets et des photos sympas de quelques anciens maréchaux-ferrants encore au travail.

Martine Aubry a eu beau lui rappeler que cela avait déjà été essayé mais que ça ne marche pas. A eu beau de lui souligner que les syndicats n'en voulaient pas, François Hollande l'a répété : il le fera. En clair*, contre les entreprises et contre les syndicats, il sera Président et il le fera.

François Hollande va décider, de sa seule volonté désormais présidentielle, de lancer toute une procédure de textes au Parlement, va mobiliser nos Députés et l'ensemble de nos institutions, va batailler sur le plan politique avec son opposition pour créer de toute pièce, tout un arsenal législatif et de décrets d'application dont les deux côtés paritaires décisionnaires et experts du monde du travail ont annoncé qu'il n'était d'aucune utilité ?

Ici comme ailleurs, François Hollande* m'a donné l'impression de parler d'un idéal, d'une théorie à venir. En face, Martine Aubry paraissait déjà branchée sur la réalité. Sur le plateau, elle avait apporté tout un dossier, posé près d'elle quand il n'avait face à lui qu'un ou deux feuillets. Elle prenait régulièrement des notes tandis qu'il n'avait aucun stylo visible.

Tiens par exemple, quand il a été question du nécessaire changement du fonctionnement* européen dont ils sont tous les deux d'accord, il s'est contenté d'évoquer les grandes lignes d'un projet quand elle a cité plusieurs responsables des PS d'autres pays qu'elle a déjà rencontrés, avec qui elle a déjà avancé des idées de réforme.

Tout cela n'est que mon avis bien sûr. C'est entièrement basé sur ma subjectivité puisque vous êtes ici sur mon blog. Mais sincèrement*, je crains avec François Hollande le retour d'un Chirac aux manettes regardant passer les jours. Je ne le sens pas dans l'action, dans le concret, dans les dossiers.

Je trouve au contraire Martine Aubry mieux à même de comprendre les problèmes dont nous souffrons aujourd'hui. Plus motivée* pour tenter d'en modifier le cours. Pour chacune de ses réponses, j'ai entendu et perçu tout ce qu'elle a retiré de son expérience d'élue que ce soit sa manière de décider ou de choisir une manière qui permettra de le faire. Tiens, je vais faire comme vous à la fin de ce débat, je décide de voter pour elle.

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Légende de l'illustration : depuis que Kevin a commencé son contrat de génération, Pierre peut arriver plus tôt et plus riche au bistrot* (source)

mardi 11 octobre 2011

Primaires [secondaires !]




Je voudrais ne me fâcher avec personne mais le meilleur candidat* pour représenter le Parti Socialiste (et donc une grande partie de la gauche) aux élections présidentielles sera celui ou celle dont le nom* sortira vainqueur des primaires en cours.

Je m'excuse de vous rappeler ce principe* mais j'ai croisé dès hier soir, des supporters de tel ou telle qui affirmaient leur dégoût pour les résultats du premier tour et décidaient publiquement d'aller seconder le docteur Mélenchon dans ses efforts pour réanimer une extrême gauche actuellement décédée.

Ainsi, s'ils se sont engagés dans le soutien à une personne* qui a prêté serment sur le socle commun du programme du PS, s'ils sont allés déposer leur bulletin dans l'urne au nom de ce ou cette candidate, s'ils ont signé au passage une charte des valeurs de la gauche et s'ils ont versé un euro afin que les organisateurs compensent en partie les frais de cette opération démocratique inédite, c'était pour le lendemain matin, retourner leur veste et fouler d'une Nike méprisante leurs propres engagements.

Nous souhaitons bien du courage à monsieur Melenchon pour s'accoutumer à un tel niveau de volatilité dans les engagements.

Je croyais sottement que les primaires* ainsi organisées étaient une avancée intéressante dans la décorsetisation de notre démocratie, une manière de pouvoir présenter au suffrage du peuple, toute l'étendue de ces conceptions en matière de société, sans avoir à fricoter longtemps dans un parti afin d'en gravir les rouages.

A en juger de cette réaction de certains, il reste encore des explications à donner sur le fonctionnement de la démocratie et du scrutin majoritaire à deux tours. En gros, tu exposes tes idées et si les gens à qui elles sont destinées s'appliquer n'en veulent pas, ils ne votent pas pour elles*. Et tu es éliminé. Voilà.

Personnellement, j'avais choisi Arnaud Montebourg* pour sa volonté affirmée de réguler le système financier. Face aux remplumés de 2008 qui nous reviennent le cul à l'air et la gueule enfarinée, il me semble qu'il serait bon de changer les régles bancaires. Je veux bien qu'on produise de l'argent à foison mais je tiens un petit peu à ce qu'il serve à autre chose qu'à indemniser les financiers.

L'État (coucou, c'est nous !) n'a pas pour vocation* de sauver de la faillite tout un tas d'entreprises privées qui gèrent aussi mal leurs affaires !

Même s'il a mis une bonne petite claque aux résultats pressentis par les sondeurs, Arnaud Montebourg* n'est pas qualifié pour le tour suivant. Seuls Martine Aubry et François Hollande sont en position d'être choisis pour représenter le Parti Socialiste (et donc une grande partie de la gauche) à l'élection présidentielle.

J'offrirai ma voix à l'un ou à l'autre selon les réponses* qu'ils donneront aux questions que Montebourg leur posera par écrit. Mais que dimanche soir puisse voir la victoire de l'une ou de l'autre, ne changera rien à mon vote. Après les primaires, c'est le secondaire qui commence avec le collège. On se rassemble.

Je me souviens d'avril 2002 et de tous ces candidats de la gauche qui folâtraient gaiement avant l'arrivée du résultat du premier tour. La gauche en tête de l'élection mais éliminée dès le premier tour par un Jean-Marie Le Pen tout surpris lui-même de s'y retrouver. 

Je soutiens le Parti Socialiste* pour qu'il soit en mesure de convaincre la majorité des électeurs de ce pays que la gauche au pouvoir c'est meilleur pour nous tous. Les primaires ont déjà permis de rendre audibles par le plus grand nombre, une bonne partie de ses idées. Je me réjouis déjà de cette première victoire qui n'est qu'un premier pas…

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Note : à l'heure où j'écris ces lignes, je penche pour Martine Aubry. Lors de la conclusion du troisième débat, elle a rappelé aux français que ce n'est pas seule qu'elle pourra changer les choses mais avec l'aide de tous. François Hollande prend la pose de l'homme providentiel…

Emprunt d'image*


vendredi 23 septembre 2011

Primaires PS à Bruxelles [rendez-vous compte !]

 De gauche à droite : Salim Abdelhadjid pour Ségolène Royal, Pervenche Berès* pour Martine Aubry,
Jean-Michel Waele arbitre du débat, Valérie Rabault pour François Hollande et François Xavier Petit pour Arnaud Montebourg.



La bonne idée des organisateurs du débat des primaires du PS à Bruxelles* hier soir, c'était de les avoir casées à Saint-Gilles. Pile-poil sur une ligne de tramway directe depuis chez moi, ce qui m'a évité de me faire promener à travers toute la ville par la Stib, la société des transports d'ici.

J'étais très impressionné en arrivant sur le Parvis de découvrir le gigantesque écran gonflable* et les centaines de chaises installées mais encore vides. Je me suis dit que le Parti Socialiste avait décidément mis le paquet pour obtenir un maximum de participants à ce scrutin inédit. En réalité, il y avait là la mise en place d'une séance de cinéma de plein air. La réunion avait en réalité lieu à l'intérieur de la Maison du Peuple, à quelque pas de là.

Je te rappelle au passage qu'il te suffit de te sentir de gauche* et d'être à jour de ton inscription électorale au 31 décembre dernier pour participer. Ne te dit surtout pas que c'est une histoire de spécialistes, un truc réservé aux encartés, c'est justement ton avis qu'ils veulent entendre. Et c'est justement pour te permettre de te forger une opinion qu'était organisé ce débat.

Très sincèrement, je ne connaissais personne et personne n'avait l'air d'être venu pour des rencontres. Côté fraternité, ils étaient soit séparément dans leur bulle personnelle soit en groupe de quatre ou cinq, déjà copains entre eux ou travaillant ensemble*. En tout et à vue d'œil, il devait y avoir entre 100 et 150 personnes dans la salle. Je me suis retrouvé à côtoyer un groupe de 7 ou 8 qui avait déjà son avis et semblait surtout là pour papoter et ricaner entre eux. Assez désagréable.

Ne compte pas sur moi pour te raconter en détail ce qui s'est dit mercredi soir. Tu n'avais qu'à y être et tu aurais eu droit à une soirée riche d'échanges et de petites phrases*. Presque trois heures de débat d'une qualité telle que tu oublies qu'il est tard et qu'il va bien falloir rentrer avant le dernier tram. Ne compte pas non plus sur moi pour l'objectivité, je suis sur mon blog, je fais ce que je veux. Mais j'ai sincèrement écouté chacun dans ses arguments.

Le meilleur orateur fut sans conteste Salim Abdjehadjid par sa fraîcheur, la sincérité de son engagement et sa capacité à transmettre simplement des éléments compliqués. Il a la ferveur communicative. Pervenche Berès s'en est très bien sortie qui, sans en avoir l'air, a démonté le programme de François Hollande et a rappelé la qualité du travail de Martine Aubry à la tête du Parti Socialiste. Valérie Rabault a fait ce qu'elle a pu pour essayer de faire briller les idées de son champion mais c'est une tâche difficile. Essayez de vendre du Giscard grisâtre de 1974 à des trentenaires bruxellois, vous verrez ! François-Xavier Petit doit encore un peu travailler la forme pour égaler le représentant de Ségolène. Mais sur le fond, il m'est apparu comme celui dont la vision est la plus juste.


Vous trouverez ci-dessous un condensé de quelques phrases prises en note, dans l'ordre de leur apparition voulue par le tirage au sort.



Charles Picqué en bourgmestre de Saint-Gilles est venu ouvrir la séance. Pour les français qui me lisent, je traduis : c'est lui le maire ! Il est par ailleurs président de la Régions Bruxelles-Capitale, n'en déplaise à nos amis flamands*.

Il a souligné combien les belges s'intéressent à la France et combien les réponses et les alternatives, face à la crise et aux enjeux économiques et sociaux apportées par l'hexagone peuvent aussi intéresser la Belgique.





Salim Abdelhadjid est revenu sur ce qu'est le socialisme. Il a rappelé pourquoi et comment il s'était engagé derrière Ségolène Royal* juste après sa défaite en 2007. Il la défend, a-t-il détaillé pour son intelligence et sa radicalité. Il a souligné que cette crise est une opportunité de changement.

Quelques éléments de programme :
. Révision complète de la fiscalité. [Evidemment !].
. Les États-Unis d'Europe* dont il a exposé le concept. [C'est intéressant mais il va falloir prévenir les 26 autres de cette nouvelle orientation, c'est pas gagné].
. Interdiction des licenciement boursiers. [C'est un très beau concept. Il reste juste à définir à quoi on reconnait un licenciement boursier et comment on le délimite exactement dans la Loi].
. Plus de moyens pour accompagner les chômeurs. [Je suis d'accord, la France est à la traîne et la création de Pôle-Emploi, grand projet du Président actuel, a surtout était l'occasion de limiter le personnel chargé d'aider les gens à retrouver du boulot].

La petite phrase :
«Nous n'avons pas le droit à un autre 1983»





François-Xavier Petit a expliqué qu'il ne servait à rien d'être un socialiste* élu pour gouverner dans des structures inventées par d'autres. Il pose que le véritable enjeu maintenant est dans un bras de fer avec le système financier. Pour lui, plutôt que de se contenter d'apposer des rustines, il faut un programme qui renouvelle de fond en comble. Il s'agit d'abord de remettre en cause les idéaux néolibéraux qui ont échoué et de cesser de croire que le libre-échange est la panacée. Ce sont les principes qui nous ont amenés où nous en sommes. Il défend la démondialisation d'Arnaud Montebourg et souligne que déjà le Brésil commence à l'appliquer à l'intérieur du Mercosur. Il rappelle intelligemment que sans cette remise en cause de la finance internationale, aucune proposition d'aucun autre candidat ne sera réalisable.

Quelques éléments de programme :
. Séparation des métiers bancaires [c'est urgent pour refinancer l'économie réelle !].
. Révision complète de la fiscalité. [Evidemment !].
. Démondialisation et financement de l'innovation [Comment prétendre conserver notre niveau social en laissant une concurrence ouverte avec des pays qui ne s'occupent pas de ces questions ?].
. L'interdiction du redoublement scolaire libérera 8.000 profs qui pourront être affectés au dédoublement des classes [Je ne suis pas spécialiste mais ça a l'air d'une idée de bon sens].
. Extension des allocations familiales aux parents isolés [Ce n'est pas déjà le cas ? Ça devrait…].

 La petite phrase :
«Melenchon au PS voterait Montebourg, Chevènement voterait Montebourg,
Hulot trouve Montebourg plus écolo, Montebourg, c'est déjà l'union de la gauche !»




Pervenche Berès a remercié Martine Aubry d'avoir redonné aux socialistes le goût de faire de la politique ensemble. Elle a rappelé que le seul a avoir gagné une présidentielle ce fut François Mitterrand justement en rassemblant les siens puis l'ensemble de la gauche. Elle a souligné que pour elle, l'Europe était le résultat d'un long chemin de la démocratie* et que c'est précisément cette démocratie que les marchés sont en train de grignoter. Pour elle, cette crise est elle-même une création du capitalisme. Elle a critiqué l'attitude de la BCE qui préconisent des solutions ultralibérales face à la crise plutôt que de protéger les services publics.

Quelques éléments de programme : [mille excuses, je n'ai pas relevé grand chose]
. Révision complète de la fiscalité. [Evidemment !].
. Ne pas faire du pacte de stabilité un pacte d'austérité et relancer l'investissement en s'appuyant sur le duo PS français - SPD allemand [le mythe de la croissance, encore !].
. Consacrer 50% de nos revenus à la création de la croissance et 50% au remboursement* de la dette [Je n'ai pas bien compris de quels revenus elle parlait. Personnellement, je suis dans la dèche donc pour la dette…].
. Elle ne croit pas du tout au pacte de génération proposé par François Hollande. Elle dit qu'il faut être déconnecté de la réalité pour ne pas voir le fossé qui existe entre générations. De plus elle remarque que c'est à nouveau une mesure de défiscalisation, chose contre laquelle nous luttons en ce moment [Pan ! En plus je suis d'accord !].

 La petite phrase :
«L'Europe doit défendre la démocratie et le citoyen.
Ce sont ses valeurs contre les marchés»




Valérie Rabault pense que le pays est perdu si de nouveau Nicolas Sarkozy était élu en 2012. Pour elle, l'Europe a besoin d'une France forte et que pour cela, nous devons avoir une justice sociale et une économie qui fonctionne. Elle a rappelé que quelque soit le candidat choisi, il débutera avec le boulet* laissé par la droite. Elle a cité l'OCDE pour qui notre endettement est pour un tiers à la moitié du à la politique défendue par le gouvernement actuel. Elle a prôné de dire la vérité aux français et mentionné Mendès France pour qui «gouverner c'est choisir». Elle a posé le projet de François Hollande sur deux conditions préalables : la réforme fiscale et l'Education.

Quelques éléments de programme :
. Recréation dans l'Education Nationale des 65.000 postes supprimés par la droite soit un coût de 500 millions d'euros par an [Belle idée et en plus c'est chiffré].
. Contrat de génération. En France, il faut 8 ans pour obtenir un premier CDI. Hollande propose donc la signature de contrats entre salariés de, par exemple, 55 ans et d'un jeune entré dans l'entreprise en échange d'une déduction de charges sociales et fiscales [Comme dit plus haut, je trouve ça absurde et totalement irréaliste. On croule sous 150 milliards de niches fiscales, la Sécu est en déficit abyssal et il propose une mesure qui creuse encore tout ça. On dirait une idée de Valéry Giscard d'Estaing* au cœur des trente glorieuses !].
. Recréer de la croissance par l'investissement industriel [Ah la croissance ! Ça fait rêver, hein ?]
. Refonder l'Education Nationale [oui mais comment ?]
. Création d'un véritable militantisme européen plutôt que de laisser les responsables des Partis nationaux décider entre eux [J'aime bien cette idée, allons-y !].

 La petite phrase :
«François Hollande pour mettre en œuvre le rêve français»


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Tu as noté avec perspicacité qu'aucun représentant n'était là pour Manuel Valls et Jean-Michel Baylet. Si tu sais pourquoi tu me le dis parce que ça a été expliqué pendant que je cherchais les toilettes qui étaient super bien cachées ! C'était la seule faute de l'organisation* par ailleurs impeccable de ce débat. Merci aux organisateurs et à Jean-Michel Waele pour son arbitrage parfait !




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Après le débat Philip Cordery* est venu se présenter. Il est candidats aux élections Législatives de 2012, circonscription du Benelux. Sa suppléante Hélène Le Moing était également présente et c'est étrange, j'ai l'impression de l'avoir déjà rencontrée ailleurs. 
 


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Nota-benêt : des quatre débatteurs, seule Pervenche Berès est présente sur Twitter mais son compte n'est pas à jour ! On est encore loin de la démocratie 2.0…
 


Tu n'es pas d'accord avec cet article ? Tu trouves que j'exagère ? Tu as relevé des erreurs factuelles ? Les commentaires sont là pour ça !
 

mardi 2 août 2011

Primaire citoyenne [ces six socialistes…]


On avance, on avance et je me rends compte que je ne vous ai pas encore parlé des primaires du Parti Socialiste. Laissons un peu nos amis belges s'entre-déchirer pour des histoires de fric

François Hollande : Je l'aime bien, je ne sais pas trop pourquoi. Il a un côté tellement provincial qu'il a l'air d'avoir fait "bon sens" en seconde langue au lycée. Mais j'ai des réserves. Par exemple, je le trouve exagérément raisonnable dans sa vision des évolutions possibles du pays. A la limite, il reste tellement dans les clous, il manque tellement d'audace, que tu te demandes s'il ne confond avec la candidature au titre de Préfet de la Corrèze. Au moins on est sûr d'avoir un candidat qui connait le folklore du pays

Et puis, François Hollande a déjà eu tous les honneurs. On peut se demander s'il n'est pas simplement candidat pour terminer sa collection de médailles et trophées. Son ultime combat, la cerise sur le gâteau d'une carrière parfaitement lisse*. Et si une fois élu, il se contentait de tirer ses cinq ans paisiblement ? Une sorte de Chirac II, le retour.

Pour l'instant, il fait une campagne habile bien qu'un peu trop bucolique* à mon goût. Je dirais qu'en bon mitterrandien, il a retenu du maître qu'une élection se gagne en rassemblant sa gauche pour aller vers le centre.

Manuel Valls : comme son nom l'indique, une fois à gauche*, une fois à droite. Je me demande s'il n'est pas candidat uniquement parce qu'il n'a pas réussi à devenir ministre de Nicolas Sarkozy. Ça donne une bonne échelle pour mesurer ses ambitions personnelles.

Ségolène Royal : Non, je le reconnais, elle ne dit pas que des conneries. Mais elle les dit d'une telle manière que ça m'est désagréable. En 2007, elle était le meilleur choix possible et vous retrouverez facilement les articles enflammés que j'ai pu pondre sur le thème. Si vous n'en étiez pas convaincu à l'époque, c'est que vous n'aviez pas lu mon blog*. J'espère que cette fois, vous réfléchirez AVANT de refermer l'enveloppe électorale.

Mais les temps ont changé et je n'y crois plus. Je crains qu'elle ne soit candidate comme pour rattraper une faute qu'elle aurait commise, un affront qu'elle aurait subi. Un truc impossible à excuser. Si elle devait gagner les primaires, je la soutiendrai mais sans être convaincu qu'elle soit la meilleure candidate possible.

[Alors qu'elle serait une géniale premier(e) ministre !].

Martine Aubry : sérieusement, je la vois bien diriger le pays. Ça me plairait de dire "eh t'as vu, c'est ma présidente". En tout cas bien plus que pour Ségolène Royale. La différence entre les deux femmes est au moins de deux octaves sur l'échelle de Richter. Pendant que l'une s'égosille à pérorer de toutes ses convictions*, l'autre pèse ses mots. On sent bien qu'en cas d'accident nucléaire, c'est pas celle des deux qui fera une crise de nerfs. Je me demande d'ailleurs si cette funeste situation devait arriver, je ne préférerais pas l'avoir elle comme responsable plutôt que François Hollande.

Jean-Michel Baylet : président du Parti Radical de Gauche*, c'est un homme respecté à Toulouse. Comme il est propriétaire de la Dépêche du Midi, il a beaucoup d'amis. Mais tout de même pas au point de pouvoir obtenir la majorité dans le parti du voisin !

Arnaud Montebourg : j'ai gardé le meilleur pour la fin, bien entendu. Déjà, le type qui se lance dans la primaire face aux trois poids lourds du Parti, il faut qu'il en ait envie. Ou qu'il soit inconscient ce qui ne serait pas tant que ça une mauvaise nouvelle. Quoi ! tu n'en as pas marre, toi, des hommes politiques dépourvus d'utopie ? Tu sais, cette part de rêve qui fait le plus produit*. et qui manque à nos représentants aujourd'hui.

Dans une période où l'on étouffe sous l'économisme généralisé, dans un monde où tout se mesure en coûts, dépenses et de marchandise monnayable, j'aime bien ce gars qui commence par nous parler des institutions. Comme si ce n'était pas l'évidence que pour rendre au politique sa fonction de régulation du monde, il faut d'abord régler le problème de la distribution des pouvoirs.

Et puis un candidat qui s'engage, s'il advenait qu'il fut élu — ce que je souhaite — à fortement limiter ses propres pouvoirs, je trouve ça très sain. Ce n'est jamais en appliquant les règles gestionnaires de la droite que la gauche offre de faire avancer le progrès social. C'est en innovant constamment dans le fonctionnement de la Cité qu'elle le rend simplement possible…

Image empruntée à Wikipedia*

mercredi 24 juin 2009

L'An 1 [et ça recommence !]


[copiée depuis ce site]


Le discours de Nicolas Sarkozy devant le congrés aurait, parait-il, coûté quelque cinq cents milles euros. J'espère qu'à ce prix-là, ils ont eu droit à des petits-fours bio parce que côté animation, il faut avouer que c'était assez décevant.


Pour un Président [nous voilà !] qui jurait lors de son entrée en fonction de vouloir la dépoussiérer, j'y ai surtout vu de la pompe et de la dorure à l'ancienne. Pour ce qui est des qualités orales de l'intervenant et malgré une teinture capillaire impeccable et refaite à neuf, c'était un peu tiré par les cheveux.

Si comme moi, vous n'avez disposé que d'une oreille pour entendre les belles paroles déclamées du haut de son perchoir, je vous offre un résumé : il faut continuer les réformes parce que la crise est à la fois une chance et une obligation de tout changer.

Puisque c'est grâce au modèle français que notre pays résiste le mieux à la crise, il est plus qu'urgent de le modifier de fond en comble.

J'ai failli écrire «du sol au plafond», mais que nos lecteurs les plus aisés se rassurent, le gouvernement restera tout à fait conservateur pour ce qui concerne votre pognon. Non seulement la moitié de vos revenus restera défiscalisée mais l'État propose même de vous rémunérer si vous aviez la gentillesse de bien vouloir accepter de la lui prêter.

Sarkozy propose l'impôt qui rapporte de l'argent aux riches !

Les innovations sociales imaginées sont plutôt destinées à nous de la piétaille qui pourrons non seulement profiter d'une généralisation du smic à tous les étages mais aussi du travail du dimanche bénévole jusqu'à nos soixante-sept ans obligatoires. Était-ce décent de convoquer un pince-fesses à 500.000 euros au palais de Versailles pour nous annoncer que les salariés pourront désormais mourir avant même de toucher leur maigre pension ?

Ce matin, les yeux à peine ouverts sur un jour nouveau et après un premier café bien mérité, nous apprenions que l'ère des grands changements était commencée. L'Histoire venait d'être mise en branle par le remaniement ministériel : Michèle Alliot-Marie passe de l'Intérieur à la Justice, tandis que Brice Hortefeux abandonne le social pour reprendre en main la Police.

Nous pouvons au passage, nous interroger sur le sens de ce mouvement giratoire à la tête des Ministères. Qu'un type comme Yves Jégo soit licencié pour avoir échoué à son poste est une chose logique dans cette culture du résultat prôné par notre Président [nous voilà !] mais alors, comment comprendre la mutation à ce niveau d'un Xavier Darcos ?

Il a lamentablement échoué à l'Éducation Nationale en n'atteignant pas un nombre suffisant des objectifs fixés par sa lettre de mission, il a merdé dans une bonne partie des missions qu'il avait à remplir, j'en veux pour preuve qu'on lui retire son portefeuille et, pour ces faits d'armes, on lui attribue en récompense, le pompon du Travail et des Affaires Sociales.

On voit comme rien ne change, les ministères sont encore et toujours des hochets qu'on distribue selon des visées électorales. On saupoudre ici et là, les postes subsidiaires afin d'amadouer la concurrence interne et l'opposition, on conserve pour la garde rapprochée les positions stratégiques.

A presque trois ans de l'échéance, Nicolas Sarkozy verrouille le dispositif pour la présidentielle de 2012. Il concentre ses forces sur ce que seront les thèmes de la campagne à venir mais qu'il commence aujourd'hui. Il attribue aux plus fidèles les positions charnières.

Le Président [nous voilà !] a beau venir tous les six mois, nous annoncer qu'il a changé, il reste ce qu'il est : un éternel candidat, une bête à concours de bel acabit, une sorte d'étalon électoral. Qu'il se méfie qu'à force d'aller et venir entre ces riens, nous le trouvions de moins en moins érotique…