Le problème du caribou du Groenland, c'est que ses conditions de vie changent et qu'il n'arrive pas à s'adapter. Avant, les naissances étaient synchrones avec la flore du coin. Lorsque le jeune caribou ne pensait qu'à gambader parmi la lande et la toundra, il trouvait à chaque bosquet de quoi se nourrir. C'est que ça bouffe un jeune caribou en pleine croissance.
Aujourd'hui, sans doute à cause de la montée de température du globe [version officielle], lorsque la caribette met bas, il arrive fréquemment que soit déjà terminé la profusion d'herbage et la possibilité de nourrir tout le monde.
Ce qui annonce la mort quasi inéluctable de l'animal.
Le problème avec François Fillon, c'est que nos conditions de vie changent et qu'il n'arrive pas à s'adapter.
Avant, les salaires étaient synchrones avec les dépenses et lorque tu ne pensais qu'à gambader parmi les rayons du Carrefour du coin, tu trouvais partout de quoi te nourrir. C'est que ça bouffe un type qui bosse pour la croissance.
Aujourd'hui, à cause de la montée des prix sur la planète [version officielle], lorsque la caribette met des bas et te demande de la sortir un peu, il arrive fréquemment que soit fini la profusion du compte bancaire et la possibilité de nourrir la dame.
Ce qui annonce la mort inéluctable des idées de gauche nous dit l'animal politicien.
C'est à croire que ces notables vivent dans une fiction coupée de notre réalité. D'un côté, le premier ministre malgré le poids de l'opinion de plus en plus négative à son égard déverse encore sa litanie sur l'urgence que vous avez, que j'ai de voir les réformes actuelles et futures nous faire chanter les lendemains. De l'autre, le président tout à sa joie d'être encore en poste un an après son hold-up électoral s'en va faire la fête au champagne.
Cette distance qu'ils mettent entre eux et notre réalité leur fait oublier, je le crains, que contrairement au caribou, nous pouvons nous révolter contre notre environnement…